Des « pilules miracles » préventives : une tendance alarmante selon une chercheure

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Certains médicaments censés nous garder en santé peuvent en fait nous rendre malades. Une nouvelle étude exhorte le gouvernement fédéral à resserrer la réglementation sur les médicaments testés et prescrits pour prévenir la maladie. « À l’heure actuelle, déclare la professeure Sharon Batt, auteure de l’étude, les politiques appuient une stratégie de substitution de maladie, car elles favorisent la commercialisation de médicaments toxiques qui peuvent aussi bien nuire que guérir. »

« Récemment, nous avons eu droit à deux exemples dramatiques de médicaments préventifs prescrits à des femmes, qui en fait causent des maladies graves », de poursuivre Mme Batt, titulaire de la chaire Elizabeth May en environnement et santé des femmes de l’université Dalhousie. Il a en effet été démontré que l’hormonothérapie, commercialisé depuis plus de vingt ans auprès des femmes pendant et après la ménopause pour prévenir les maladies reliées au vieillissement, augmentait les risques de maladies cardiaques et de cancer du sein. Par ailleurs, si le tamoxifène, un médicament prescrit pour prévenir le cancer du sein, réduit effectivement le taux de risque de cette maladie, il favorise les caillots du sang, le cancer de l’endomètre et la formation de cataractes.

Pendant qu’on poursuit avidement la recherche pour découvrir des « pilules miracle » coûteuses, indique le rapport, les mesures de protection de la santé publique traditionnelles —qui visent notamment à assurer la propreté de l’air et de l’eau, l’innocuité des médicaments et des aliments, le caractère adéquat des logements et la sécurité du milieu de travail —se dégradent discrètement.

La Dre Abby Lippman, professeure au département d’épidémiologie de l’université McGill et membre du groupe qui a commandité l’étude, partage cette opinion. « Compte tenu de l’usage de plus en plus répandu de divers tests—densité osseuse, IRM—auprès de femmes en santé, dit-elle, et de la tendance à prendre le moindre résultat pour un « signe » d’une quelconque maladie, le marché des “pilules de prévention” n’a pratiquement plus de limite. »

Les politiques actuelles reposent sur la gestion des risques pour la santé et non sur la réduction ou l’élimination de ces risques. « En réalité, reprend la professeure Batt, le cadre de gestion des risques du gouvernement fédéral favorise les médicaments au détriment des stratégies de protection de la santé éprouvées. Or, la première règle en matière de prévention consiste à mettre la santé au premier plan, soit avant le commerce et les bénéfices. »

« Ces résultats concordent avec ceux d’autres études que notre groupe a commanditées, déclare Anne Rochon Ford du groupe Action pour la protection de la santé des femmes. Nous avons besoin de lois en matière de protection de la santé qui assurent l’innocuité des médicaments et la sécurité des essais cliniques, de règlements qui voient à ce que l’interdiction de la publicité des médicaments d’ordonnance soit effectivement appliquée et d’un système de réglementation en matière de santé qui ne dépend pas de l’industrie. »

L’étude, financée par le Bureau pour la santé des femmes, Santé Canada, a été prépare par le groupe Action pour la protection de la santé des femmes.

Pour consulter le document La prévention de la maladie—Les médicaments sont-ils la solution? en entier, visitez le site : http://www.whp-apsf.ca ; 1-888-818-9172.


Écrase!

Les jeunes femmes constituent le groupe de fumeurs qui affiche le taux de croissance le plus rapide au Canada et aux États-Unis. Ce qui suit devrait les inciter à cesser de fumer, ou à ne pas en prendre l’habitude. Une nouvelle recherche menée en Colombie-Britannique révèle que les jeunes femmes qui commencent à fumer à la puberté courent plus de risques de développer un cancer du sein que les non fumeuses.

Les chercheurs ont analysé les données médicales de plus de 2 000 femmes de la Colombie-Britannique dont la moitié atteintes de cancer du sein. Ils ont constaté que le taux de risque de développer cette maladie était de 70% pour celles qui avaient commencé à fumer pendant l’adolescence, soit dans les cinq ans qui ont suivi leur première menstruation. L’étude indique que ce taux de risque supérieur chez les jeunes fumeuses est lié au développement cellulaire continu des seins pendant la puberté, lesquels sont plus sensibles aux substances cancérogènes contenues dans la cigarette. Selon de récentes statistiques canadiennes, 28,7 % de toutes les écolières de la septième à la treizième année s’adonnent au tabagisme.

Pour plus d’information d’actualité concernant la santé des femmes, visitez le site Web du Réseau canadien pour la santé des femmes, à l’adresse : http://www.rcsf.ca

Sources:
BC Cancer Agency, 2002/10/30;
www.bccancer.bc.ca; Étude publiée dans Lancet, octobre 2002;
http://www.lambtonhealth.on.ca/smoking/teens.asp