La santé des femmes QetR

Text Size: Normal / Medium / Large
Printer-friendly versionPrinter-friendly version

Pourquoi le diabète est-il une préoccupation chez les femmes autochtones? Quels sont les risques sur le plan de la santé?

Jusqu’aux années 40, le diabète était virtuellement inexistant dans les communautés autochtones du Canada. Toutefois, au cours des dernières décennies, cette maladie a atteint des proportions épidémiques. Aujourd’hui, le taux de diabète chez les Premières nations est au moins trois fois supérieur à la moyenne nationale, et les chiffres semblent plus élevés chez les personnes habitant en réserve que chez les personnes résidant à l’extérieur des réserves. Les études indiquent notamment que les femmes autochtones sont très à risques. Environ les deux tiers des Autochtones ayant reçu un diagnostic de diabète sont des femmes. Cela signifie que le taux d’occurrence chez les femmes autochtones est environ le double de celui des hommes autochtones. Cette différence d’incidence selon le sexe ne se manifeste pas dans la population générale canadienne, qui comporte un taux de diabète plus élevé chez les hommes. Les femmes des Premières nations sont cinq fois plus frappées par le diabète, comparativement aux femmes de la population générale. Non seulement les femmes autochtones de presque tous les âges affichent-elles des taux supérieurs de diabète de type deux, mais plusieurs d’entre elles ont aussi reçu un diagnostic de diabète sucré de la grossesse (DSG). Bien qu’il existe peu de recherches sur les taux de diabète des populations inuites et métis, les études récentes indiquent que les facteurs de risque et un plus grand nombre de cas de diabète commencent à se manifester au sein de ces populations.

De nombreuses théories expliquent pourquoi le diabète a pris des proportions épidémiques chez les Premières nations. Lors de la colonisation, les Européens ont déplacé la plupart sinon la totalité des peuples autochtones. Les Premières nations ont été forcées à adopter un style de vie occidental et sédentaire, donc une alimentation riche en sucre, en gras et en aliments transformés. Combinée aux effets provoqués par les déplacements, la colonisation continue d’imposer à beaucoup d’autochtones une vie pauvre et dépendante de l’État. Les femmes vivant dans la pauvreté disposent de peu d’argent pour se procurer les choses essentielles de la vie. Dans certaines réserves éloignées, les aliments sains sont difficilement disponibles et achetables. De nombreuses familles ont recours à ce qu’on appelle communément « un régime de macaroni », un aliment riche en gras, mais peu nutritif. Il existe d’autres raisons importantes qui justifient l’introduction de programmes de sensibilisation, de soins et de soutien visant à favoriser la recherche et prévenir le diabète dans les communautés autochtones. Les services de santé, y compris les interventions de sensibilisation et de prévention, sont parfois inexistants ou irréguliers. Parmi les autres facteurs, il y a également la présence de taux supérieurs de consommation chronique de drogues et d’alcool dans les communautés autochtones, et une migration croissante de gens vers les centres urbains, un phénomène qui entraîne des bouleversements au sein des familles ou la dissolution de celles-ci, causant un stress énorme notamment chez les femmes.

Les dégâts causés par le diabète incontrôlé dans la population autochtone peuvent être dévastateurs. Le fait d’être atteinte de diabète signifie pour une femme qu’elle est plus exposée à vivre des troubles cardiaques, des problèmes d’hypertension, un accident vasculaire cérébral, des amputations de membres inférieurs, des maladies du rein et la dialyse, ainsi que des troubles oculaires.


Ressources

Le diabète dans les populations autochtones
(Premières nations, Inuits et Métis) du Canada :

Les faits
Initiative sur le diabète chez les Autochtones,
Santé Canada
10 mars 2000
Disponible en ligne à l’adresse
www.hc-sc.gc.ca/dgspni/psc/ida/les_faits.pdf

La santé des femmes autochtones
Bureau pour la santé des femmes, Santé Canada
22 juillet 2000
Disponible en ligne à l’adresse
www.hc-sc.gc.ca/francais/femmes/faits/faits_autochtones.htm

En tant qu’Autochtone, je sais que j’ai de grands risques d’avoir le diabète. Que devrais-je savoir pour bien me soigner?
R. K. Abra, Réseau canadien de la santé
Mars 2000
Disponible en ligne à l’adresse
www.canadian-health-network.ca/faq-faq/aboriginal_peoples-autochtones/3f.html

Paroles et pouvoir de femmes des Premières nations : Manuel pour une prise de parole sur la vie, la santé… le diabète
Commission de la santé et des services sociaux des Premières nations du Québec et du Labrador
250, Place Chef Michel-Laveau
Wendake (Qué.) G0A 4V0
Tél. : (418) 842-1540  Téléc. : (418) 842-7045

Aboriginal Women’s Health Research Synthesis Project Final Report
Centre d’excellence pour la santé des femmes
Mai 2001
Disponible en ligne à l’adresse
www.cwhn.ca/resources/synthesis/index.html


Avez-vous une question sur la santé des femmes?

Sans frais : 1-888-818-9172
Winnipeg: 942-5500
ATS sans frais : 1-866-694-6367
ATS (seulement) à Winnipeg : 942-2806
Téléc. : (204) 989-2355
Courriel : questions@cwhn.ca