Les ingrédients utilisés pour fabriquer les matières plastiques changent et il est donc très difficile de savoir ce qui fait augmenter spécifiquement le risque de cancer du sein. Les additifs, dont certains ont été utilisés historiquement dans la fabrication des substances chimiques, les métaux comme le plomb et le cadmium, les plastifiants comme le phtalate de di-2-éthylhexyle (DEHP) et les produits ignifuges comme les polybromobiphényles (PBB) et les éthers diphényliques polybromés (EDP), ne sont que quelques-uns des produits chimiques classés par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) comme étant des substances cancérigènes connues ou possibles, ou des perturbateurs endocriniens. Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), les solvants comme le benzène, le toluène et le formaldéhyde sont d’autres substances chimiques qui peuvent aussi déclencher le cancer du sein et imiter les œstrogènes. Non seulement cela, mais l’effet synergique de ces produits chimiques sur la santé en général, et le cancer du sein en particulier, est inconnu et pourrait être énorme.
« Nous avons très souvent entendu quand nous faisons ces entretiens, et même lorsque nous avons tenu ces groupes de discussion, des gens dirent : « Oh! mon Dieu! Je ne savais pas du tout que ce produit pouvait être aussi dangereux. Je savais que des personnes tombaient malades, je savais que j’avais souvent des maux de tête, mais je ne me doutait pas que ça pouvait augmenter mon risque d’avoir un cancer du sein. Je ne savais pas que ces choses-là étaient œstrogéniques. » –Margaret Keith
Un monde plastique
Les matières plastiques se divisent en deux grandes catégories : les résines thermoplastiques qui peuvent être ramollies et remodelées à l’aide de la chaleur et de la pression, et les résines thermodurcies qui peuvent être durcies de façon permanente au moyen d’une réaction chimique. Les deux sont utilisées abondamment dans l’industrie des pièces d’automobile et passent par divers procédés pour devenir les douzaines d’éléments que l’on trouve dans une automobile, tels les sièges, les tableaux de bord, les pare-chocs, et de nombreuses composantes du moteur. Ces substances arrivent à l’usine de fabrication des pièces en plastique pour automobile sous forme de poudres, de granules et de liquides.
Les travailleurs et travailleuses manipulent ces substances constamment, d’une façon ou d’une autre, et les absorbent, les inhalent et les ingèrent par leur peau, leurs poumons et leur bouche. Au cours d’une journée donnée, une travailleuse ou un travailleur peut verser ces produits chimiques d’un sac dans un contenant, mélanger des additifs, faire fondre des résines ou faire prendre à des résines chauffées diverses formes au moyen de procédés comme le moulage par injection, l’extrusion, le moulage par soufflage, le moulage par compression et le calandrage. Tous ces procédés exposent les travailleurs et les travailleuses à une gamme de composés sous la forme d’émanations et de gaz, de fumée et de vapeurs, de poussière et de matière particulaire.
« Il y avait beaucoup d’émanations. Les avertisseurs de sécurité étaient éteints. Nous utilisions du polychlorure de vinyle, du plomb, du chrome et de la silice — qui sont tous des substances désignées. Nous n’avions aucun programme de contrôle… c’est la raison pour laquelle nous voulions un système de ventilation. On nous a dit : “Vous n’êtes pas dans un magasin de fleurs.” » – Participante d’un groupe de discussion subventionné par le RPSFM
Il n’y a donc rien d’étonnant dans ce contexte à ce que nous assistions à une épidémie de cancer du sein et d’autres cancers! Les femmes sont particulièrement vulnérables à l’exposition à des substances chimiques en raison de leur plus petite taille, de leur plus grande proportion de tissu adipeux (où les toxines tendent à s’accumuler), de la sensibilité de leurs appareils hormonal et reproducteur uniques, et de leur fonction cardiaque. Les femmes qui travaillent dans les usines de fabrication de pièces en plastique mettent leur santé et leur vie en péril.
« On nous a parlé de bien d’autres choses que du cancer du sein. Beaucoup de femmes nous ont exprimé leurs inquiétudes concernant les problèmes respiratoires, ainsi que la reproduction, les fausses couches et l’infertilité. Beaucoup d’entre elles ont parlé de maux de tête et de maux de gorge, et avoir eu des étourdissements ou des évanouissements. Nombre d’entre elles nous ont dit à quel point l’odeur et la fumée étaient terribles, et comment parfois elles devaient se dépêcher de sortir pour respirer de l’air frais en cas de défaillance d’un appareil, ce qui se produisait souvent lors du chauffage des matières plastiques. » – Margaret Keith
De nouvelles études font le lien
Ayant passé tous les articles scientifiques publiés jusqu’à ce jour sur le travail et l’incidence du cancer, Jim Brophy et Margaret Keith effectuent une recherche préliminaire s’appuyant sur des techniques de recherche orientées sur la main-d’œuvre et la collectivité. Ils utilisent à cet effet des groupes de discussion (dans lesquels les participantes racontent leur histoire personnelle) et la cartographie des risques (une technique de cartographie des milieux de travail pour montrer comment ils contribuent aux maladies et à d’autres états de santé).
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