Le Bloc-notes de Brigit, mars 2014, lettre de la directrice exécutive

Taille du texte: Normal / Moyen / Grand
Version imprimableVersion imprimable

Chères et chers amis du RCSF,

Cette semaine, nous fêtons la Journée internationale de la femme (voir la liste d’événements au Canada et à l’étranger). Au Canada, on n’assiste plus aux grands rassemblements dans la joie de jadis. Avons-nous encore besoin d’une Journée internationale de la femme ? Avons-nous réalisé « l’égalité pour les femmes », l’objectif que s’était donné cette journée ? Pensez-y de nouveau :

1)    Cette semaine, Carolyn Bennett, députée fédérale libérale, a partagé sur les réseaux sociaux qu’elle avait demandé la parole deux fois (en français et en anglais) dans la Chambre des Communes pour demander une enquête sur les femmes autochtones disparues ou tuées. Elle écrit que « c’était honteux de voir les députés du gouvernement chahuter et crier pendant que je demandais des renseignements sur cette tragédie qui semble sans fin pour ces femmes et leurs êtres bien-aimés, surtout si peu de temps après le meurtre de Loretta Saunders au Nouveau-Brunswick. »

2)    Aux États-Unis (et dans une moindre mesure au Canada), il y a une loi qui rend obligatoire la présence de femmes dans les recherches médicales qui reçoivent un financement public. Toutefois, un nouveau rapport rendu public à Boston le 10 mars révèle que « les milieux scientifiques continuent à négliger beaucoup trop les particularités des femmes ». Un exemple parmi d’autres : moins d’un tiers des participants aux essais cliniques des préparations pharmaceutiques pour la santé cardiovasculaire sont des femmes, et seulement un tiers des essais qui comprennent des femmes publient leurs résultats selon le sexe. Pourtant, tant au Canada qu’aux États-Unis, les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité chez les femmes. Or, on prescrit de plus en plus aux femmes des médicaments à base de statines pour réduire leur cholestérol malgré le fait qu’il n’existe aucune preuve scientifique démontrant l’efficacité et l’innocuité des statines chez les femmes.

Avons-nous encore besoin d’une journée qui attire l’attention sur ces injustices et ces inégalités ? Ici au Réseau canadien pour la santé des femmes, nous pensons qu’une journée par année, ce n’est pas tout à fait assez!

Un autre exemple de l’utilité de la Journée internationale de la femmes ? Dans son blogue mensuel, Lyba Spring s’intéresse aux conséquences de la décision récente des tribunaux concernant les travailleuses du sexe. Elle explique comment elle en est venue au fil des années à voir cette question d’un autre œil. Que vous soyez d’accord ou non avec elle, vous y trouverez ample matière à réflexion.

L’avez-vous remarqué ? Les outils de biosurveillance prolifèrent, se perfectionnent et sont à la veille de pulluler. Les chercheuses Dolon Chakravartty et Robyn Lee nous introduisent au merveilleux monde de la biosurveillance, l’évaluation de la quantité de produits chimiques dans l’organisme humain à tout moment et demandent si nous voulons vraiment connaître le fardeau biochimique de notre corps. En quoi le fait de connaître le fardeau des produits chimiques sur notre organisme nous aide-t-il à réduire leurs méfaits pour la santé ? Est-ce que les chercheuses et chercheurs ont l’obligation déontologique d’informer les participants des résultats de leurs recherches lorsque les études des résultats pour la santé de ces fardeaux restent à faire ? Chakravartty et Lee prennent position sur ces questions d’actualité.

Enfin, nous vous signalons des mises à jour et ajouts à nos FAQ. Nous vous proposons une nouvelle rubrique sur le VIH/sida, ainsi qu’une actualisation de notre FAQ sur le papillomavirus et le cancer du col de l’utérus.

Aidez-nous à soutenir le RCSF. Jusqu’à ce que nous ayons solidifié nos assises financières (nous y travaillons!), nous comptons beaucoup sur les dons de personnes intéressées comme vous pour être à flot. Rendez-vous ici. Nous vous remercions très sincèrement pour votre générosité !

- Anne Rochon Ford