À quoi ressemble la situation en lien avec la question de l’obésité?

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Les rapports sur « l’épidémie d’obésité » sont alimentés par un nombre croissant de données scientifiques probantes selon lesquelles les personnes obèses sont plus à risque de développer des maladies chroniques comme l’arthrite, l’hypertension artérielle, le diabète de type 2, des microtraumatismes répétés, les dépressions, les troubles musculosquelettiques et les maladies coronariennes.

Il est reconnu que le taux de maladies chroniques est plus élevé chez les personnes obèses, mais les raisons qui expliquent ce phénomène sont inconnues. L’obésité ne semble pas être en soi une cause de maladies. Certaines personnes considérées comme obèses sont bien portantes, actives et plus en santé que certaines personnes minces. Le lien entre l’obésité et les problèmes de santé est une question très complexe qui ne peut être évacuée par une simple recommandation  du type «  mangez bien et mettez-vous en forme. »

Certains chercheurs explorent la complexité de cette question. Ils examinent les effets de la pauvreté, les origines ethniques, le lieu de vie, l’environnement et d’autres facteurs socioéconomiques influant sur l’incidence d’obésité et de maladies. Bien que les hommes soient plus nombreux que les femmes à avoir un surpoids, les personnes très obèses dans notre pays sont généralement des femmes. Ils constatent aussi que les femmes pauvres sont plus à risque d’être obèses et de souffrir de maladies chroniques liées à l’obésité que les femmes plus nanties. Or tel n’est pas le cas chez les hommes. L’ethnicité et l’origine raciale exercent également une influence. Au Canada, on retrouve les plus hauts taux d’obésité chez les peuples autochtones et les femmes afro-canadiennes. À ce jour, peu de recherches ont été menées pour expliquer ce fait. De nombreux facteurs peuvent contribuer à cette situation. Notamment, les revenus de ces populations sont peu élevés, ce qui peut entraîner une mauvaise alimentation et un manque d’activité physique.

Ce qu’on appelle aujourd’hui « l’industrie des aliments bourratifs », celle qui produit des aliments gras, salés, sucrés, des aliments et des boissons vides de valeurs nutritives, fait l’objet aussi d’un examen approfondi dans le cadre des efforts pour trouver les causes de l’obésité. Les femmes, qui font généralement les courses et la cuisine, ainsi que les enfants, constituent les principales cibles de cette industrie ambitieuse. Les chercheurs examinent également l’existence de liens possibles entre l’obésité et la puberté précoce chez les filles et les produits chimiques contenus dans l’environnement, comme le bisphénol A (BPA) trouvé dans les bouteilles en plastique, le papier thermique, le revêtement intérieur de la plupart des boîtes de conserve alimentaire et un éventail de produits d’entretien domestique et de soins personnels.

Certains critiques de la « guerre contre l’obésité » avancent que l’indice de masse corporelle (IMC)*, un outil très utilisé, est un prédicteur de problèmes de santé peu précis. D’autres affirment que l’appellation « épidémie » est véhiculée par des politiciens et des entreprises alarmistes (p. ex. l’industrie de l’amaigrissement). Ils avancent que cette approche ne contribue pas à réduire les taux d’obésité et ne fait que stigmatiser les personnes qui ont un surpoids. Cette stigmatisation touche particulièrement les femmes et les filles, alors que nombre d’entre elles sont déjà aux prises avec des normes de minceur culturellement imposées. Elles souffrent beaucoup plus de troubles alimentaires et de problèmes d’image corporelle, comparativement aux hommes et aux garçons. Les défenseurs de Health at Every Size [la santé à toutes les tailles] proposent une approche plus positive. Ils maintiennent que les troubles de santé ne sont pas causés par des problèmes de poids mais par des comportements malsains, et que nous devons nous appliquer à changer ces comportements et non à perdre du poids ou à « combattre l’obésité ».

*L’IMC est le poids corporel d’une personne divisé par le carré de sa taille. Le chiffre obtenu est utilisé pour déterminer si une personne a un « poids insuffisant », un « poids normal », un « surpoids » ou est « obèse ».

SUIVANT :

Pourquoi (et comment) les femmes sont-elles à risque de devenir obèses?
Quel est le lien entre l’obésité et les problèmes de santé chez les femmes?
L’environnement a-t-il une influence sur l’incidence d’obésité?
 
Comment pouvons-nous prévenir l’obésité? 
La santé pour toutes les tailles : pouvons-nous faire la paix avec l’obésité?