Prenez la Parole!

COLLABORATION SPÉCIALE - Do psychotropic medications increase disability rates in Canada?
mer, 2013-10-30 18:40

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Sans détour

PARLONS SEXUALITÉ AVEC LYBA - Treating pelvic pain
mer, 2013-10-30 18:30

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Parlons sexualité avec Lyba

Parlons sexualité avec Lyba
mer, 2013-10-02 22:13

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Parlons sexualité avec Lyba

COLLABORATION SPÉCIALE - La santé des femmes et la somme de nos choix
mer, 2013-09-11 09:28

Par Kathleen McDonnell

L’année 2013 compte deux jalons importants dans l’histoire de la lutte des femmes pour leurs droits génésiques : le 25e anniversaire de la décision de la Cour suprême du Canada qui a abrogé la loi criminalisant l’avortement ainsi que le 40e anniversaire de l’affaire Roe c. Wade, l’arrêt-clé qui a légalisé l’avortement aux États-Unis. Bien qu’il subsiste des deux côtés de la frontière des inégalités importantes quant à son accès, l’avortement est une réalité en Amérique du Nord et pouvoir accéder à un avortement sûr est vital pour la santé des femmes. La bataille est terminée. Notre camp a gagné. On dirait bien, toutefois, que deux députés conservateurs n’en sont pas encore au courant, car ils ont demandé récemment à la GRC d’enquêter sur près de 500 avortements au troisième trimestre effectués entre 2000 et 2009, qui constitueraient selon eux des homicides. En d’autres termes, ils veulent que la GRC retrouve les femmes qui ont subi cette opération et les soumette à un interrogatoire traumatique, portant atteinte à leur vie privée et pouvant donner lieu à des accusations au criminel. Il s’agit là d’une tactique répressive, totalement déplacée par rapport à l’opinion publique sur le sujet.

Et puis il y a Pattie Mallette, la mère de Justin Bieber, l’idole des jeunes. Pattie Mallette a raconté publiquement comment à 18 ans elle a résisté aux pressions sociales voulant qu’elle se fasse avorter parce qu’elle n’était pas mariée. Elle fait actuellement la promotion de Crescendo, un nouveau film sur la mère de Beethoven qui est salué par les groupes anti-avortement comme un « puissant message pro-vie ». Le sous-texte très peu subtil de ce film est que l’avortement aurait privé le monde du génie de Beethoven (et, par extension, de celui de Justin Bieber). Le chanteur lui-même a tenté de rester à l’écart de la controverse, mais cela n’a pas empêché ses admirateurs de créer une page Facebook intitulée « I love Justin Bieber’s pro-life views » (J’aime les opinions pro-vie de Justin Bieber). À la mi-février, la page comptait moins de 4 000 « J’aime », ce qui pour une vedette de l’importance de Bieber n’est que vétilles. Malgré tout, le message du film, conjugué à la puissance médiatique du chanteur, pourrait avoir un grand effet sur les jeunes qui se considèrent comme des « Beliebers ».

Nonobstant ces exemples, il y a des raisons de croire que les tactiques du mouvement anti-avortement deviennent plus complexes. Lorsqu’à l’automne 2012 la ministre de la Condition féminine Rona Ambrose a voté en faveur d’un projet de loi d’initiative parlementaire demandant au gouvernement de clarifier si un fœtus non né a le statut juridique d’une personne, elle a prétendu l’avoir fait parce qu’elle « s’inquiétait de la discrimination faite aux filles par l’avortement sélectif ». Peu après le vote, un autre député conservateur d’arrière-ban a déposé une motion demandant que « la Chambre condamne la discrimination contre les femmes qui se produit à travers l’interruption de grossesse sélective ». Débattue en mars 2013, la motion emprunte en tout point le discours des droits des femmes, et un site Web faisant sa promotion utilise le slogan « Protect Girls. Stop Gendercide. » (Protégeons les filles. Cessons le gynocide.) Selon Paul Saurette et Kelly Gordon, dont l’opinion a été publiée dans la page en regard de l’éditorial du Toronto Star, cette motion s’inscrit dans « une tendance très forte, mais toutefois inaperçue, selon laquelle la nouvelle image du discours anti-avortement se veut désormais pro-femme, à la mode et moderne. »

Aussi exaspérant qu’il puisse être de voir les partisans anti-choix adopter le discours féministe, le fait gênant est qu’ils attirent l’attention sur le talon d’Achille de la position pro-choix. Il y a un an, divers articles dans les médias ont laissé entendre que l’avortement à des fins de sélection du sexe était pratiqué au Canada dans certaines communautés de l’Asie du Sud et de l’Asie de l’Est pour prévenir la naissance de filles, et de manière plus générale pour établir un « équilibre familial » par les parents voulant choisir le sexe de leurs enfants. J’ai écrit à ce propos un article qui été publié dans le site Web canadien du Huffington Post et dans lequel je soulevais certaines questions concernant ces pratiques. J’attirais en particulier l’attention sur le fait que le choix du sexe à la carte n’était pas exactement le genre de « choix » que les mères fondatrices du mouvement en faveur de l’avortement avaient en tête. Mon article a suscité de violentes réactions; de nombreux commentateurs et commentatrices m’ont accusée de provoquer une « fausse controverse » prenant fait et cause pour le mouvement anti-avortement. J’ai été complètement abasourdie, parce que l’article était clairement (du moins, pour moi) écrit dans une perspective pro-choix. Il me semblait évident qu’il était possible d’abhorrer l’utilisation de l’avortement à des fins de sélection du sexe tout en étant pro-choix, tout comme il est possible de dénoncer l’opinion d’une autre personne et d’être pour la liberté de parole.

Encore plus problématique était la notion, exprimée par de nombreux commentateurs et commentatrices, que le choix d’avoir un avortement était un choix personnel. Comme le disait un de ces commentaires : « Ça ne regarde personne d’autre. »  Les choix personnels ne se font toutefois pas en vase clos. Une fois réunis, ils ont à long terme un plus grand effet sur la société. Ainsi, l’avortement sélectif est pratiqué en Chine et en Inde depuis des décennies, si bien qu’aujourd’hui, les deux pays se retrouvent avec un profond déséquilibre démographique et tous les problèmes sociaux bien connus qui surviennent dans les sociétés qui comptent trop de jeunes hommes. Nous n’avons aucune difficulté à reconnaître dans d’autres sphères que la somme de nos choix a plus d’effet que nos choix individuels. Ainsi, de nos jours, personne ne pense sérieusement que le choix de ne pas recycler ou d’éviter les produits suremballés, ou de conduire pour se rendre au travail plutôt que de prendre le transport en commun, ne « regarde personne d’autre ». En tant que société, nous reconnaissons que ces choix privés, une fois qu’ils sont multipliés, ont de sérieuses conséquences sur l’environnement.

Le dilemme devient encore plus épineux lorsqu’on considère la question du dépistage génétique. Depuis des décennies, l’amniocentèse et d’autres techniques de dépistage prénatal sont utilisées pour détecter le syndrome de Down et d’autres maladies. Les scientifiques ont maintenant la capacité de séquencer en entier le génome d’un fœtus humain; nous sommes donc peut-être sur le point d’avoir accès à un tout nouveau monde de choix. Il est inquiétant de penser que l’on pourrait éliminer les handicaps et créer des bébés à la carte, comme le préconisait la science de l’eugénique il y a un siècle et qui est à présent discréditée. Nous pouvons être réticents à parler de ces faits nouveaux et de leur place dans la perspective pro-choix, mais nous n’avons pas le choix, parce que nos adversaires le font déjà.

Les défenseurs des droits des personnes handicapées, que certains pourraient croire contre l’avortement, sont en fait plus conscients que quiconque de la complexité de la question. Les organisations vouées à la défense des droits des personnes handicapées sont en grande partie en faveur du droit de choisir, mais insistent pour qu’il soit donné aux femmes enceintes tous les renseignements utiles pour qu’elles puissent faire un choix vraiment informé. Et, comme dans le cas de la sélection du sexe, des questions plus vastes demandent à être posées. Il est par exemple concevable que l’utilisation généralisée des techniques de dépistage permette d’éradiquer le syndrome de Down d’ici quelques générations. Quelles conséquences cette éradication aurait-elle sur le patrimoine génétique humain et quels en seraient les effets sur les efforts menés pour avoir une société plus juste et bienveillante? Les femmes n’ont pas à porter individuellement le fardeau de questions aussi graves. En tant que société, nous devons cependant nous demander quel message nous envoyons et dans quelle mesure nous accueillons et incluons les personnes dont les capacités ne correspondent pas à une norme artificielle.

Bien sûr, nous pouvons nous disputer jusqu’à en devenir bleus de colère à propos de notions abstraites comme la vie privée, les droits individuels et le statut juridique du fœtus. L’histoire, toutefois, nous a montré que lorsqu’il est question des droits génésiques, il est préférable de ne pas trop s’éloigner de la réalité quotidienne des femmes. La raison la plus irréfutable de ne pas imposer de restrictions juridiques à l’avortement est que les restrictions ne donneront rien. Elles ne l’ont jamais fait et ne le feront jamais. Pendant des millénaires, les femmes ont enduré des douleurs extrêmes, risqué de graves blessures et la mort plutôt que de poursuivre une grossesse non désirée. Elles trouvent toujours un moyen, quoi que dise la loi. Rendre l’avortement illégal n’empêche pas les avortements; cela ne fait qu’augmenter les risques pour les femmes.

Notre camp a gagné et nous ne retournerons jamais en arrière.

Kathleen McDonnell est une écrivaine à Toronto. Son livre Not an Easy Choice: Re-examining Abortion était publié en 1984; 2e édition publié par Second Story Press en 2003). Visitez son site Web à www.kathleenmcdonnell.com

Sans détour

Parlons sexualité avec Lyba
mar, 2013-09-10 13:54

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Parlons sexualité avec Lyba

PARLONS SEXUALITÉ AVEC LYBA - Éducation sexuelle : Soyons réalistes
jeu, 2013-08-01 18:19

Blogue par Lyba Spring

Les programmes d’éducation sexuelle, qui les rédige et pour qui? Un programme est-il fait pour le bien des étudiants ou bien sa formulation est-elle soigneusement révisée afin de calmer les organisations dissidentes et rassurer des bureaucrates nerveux? À la publication de nouveaux programmes, les opposants à l’éducation sur la santé sexuelle seront immanquablement prêts à choisir cette matière et discréditer les contenus. Les gouvernements provinciaux s’inquiètent des répercussions politiques d’une éducation sexuelle progressiste qui informe sur le plaisir, le choix, l’inclusion et les réalités sexuelles actuelles.

C’est pourtant le travail d’un éducateur sexuel.

Une éducation sexuelle complète est vitale pour la société. Au Canada, elle a contribué en partie à la baisse spectaculaire des grossesses précoces dans les années 1970, les autres facteurs étant la disponibilité accrue de la contraception et l’accès à l’avortement. Cependant, l’éducation sur la santé sexuelle doit aller bien au-delà de la contraception et des infections transmissibles sexuellement. L’Organisation mondiale de la santé définit la santé sexuelle comme étant « un état de bien-être physique, mental et social associé à la sexualité » qui requiert « une approche positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles, ainsi que la possibilité d’avoir des expériences sexuelles qui soient source de plaisir et sans risque, libre de toute coercition, discrimination ou violence. »

En quoi l’éducation à la sexualité contribue-t-elle au développement des enfants de sorte qu’ils deviennent des personnes ayant une sexualité saine? Les Lignes directrices nationales pour l'éducation en matière de santé sexuelle sont un bon début et doivent être lues par toute personne projetant d’offrir ce service. Toutefois, je voudrais aborder quelques questions d’aujourd’hui.


 

Le meilleur programme au monde n’est d’aucune utilité quand on n’a pas la maîtrise de sa vie.

 


 

Une bonne éducation en matière de santé sexuelle intègre le fait que l’aptitude à avoir le contrôle sur sa vie sexuelle ne s’exerce pas dans le vide. Il faut également prendre en compte les réalités vécues par les jeunes – comme des violences sexuelles antérieures, un statut socioéconomique faible, le sexisme et le racisme – et y faire face. Le meilleur programme du monde n’est d’aucune utilité quand on n’a pas la maîtrise de sa vie. Par exemple, tout programme digne de ce nom inclura de l’information sur l’abus sexuel, le traumatisme sexuel et la compassion pour les survivantes et survivants. Sinon, comment pourrons-nous contrer les messages diffusés sur les médias sociaux, qui font d’un viol collectif un divertissement?

J’ai abordé précédemment, ici, le rôle des parents dans une éducation favorisant la santé sexuelle chez les enfants. Toutefois, ce sont les établissements scolaires qui doivent être courageux et relever le défi d’aider les enfants et les jeunes à faire face aux réalités déroutantes d’un monde hypersexualisé et parfois malveillant.

Cela signifie parler de la pornographie et des images pornographiques dès les cours sur la puberté. À 10 ans, les enfants admettront sans peine avoir vu des images pornographiques (généralement par inadvertance). Qu’est-ce qui a changé depuis les années 1980, quand la recherche donnait à penser que la pornographie était l’éducation sexuelle des garçons de 12 à 17 ans? La réponse est que, pour tout enfant y ayant accès, Internet a accru la disponibilité des images sexuelles et leur caractère explicite. Ces images inculquent dans les jeunes esprits la misogynie, l’association du sexe à la violence, tout en laissant de côté la sécurité, la notion de consentement et la possibilité d’avoir des relations équitables.

Certaines personnes critiques à l’égard de l’éducation sexuelle déplorent l’absence des valeurs dans les programmes d’éducation sexuelle. C’est-à-dire l’absence de leurs valeurs. Selon moi, les valeurs à transmettre aux jeunes sont l’honnêteté, le respect, le consentement, l’équité et l’intégrité. De telles valeurs imprègneraient leurs relations. Elles pourraient même devenir l’arrière-plan de tout matériel érotique et pornographique futur qui alimentera leur plaisir en tant qu’adultes. 

Je reconnais que l’éducation sexuelle a fait du chemin depuis l’époque où elle ne parlait que de ce qu’un couple marié (hétérosexuel) fait au lit, vraisemblablement dans l’intention de faire un bébé. Il y a des décennies que les éducateurs sexuels se sont mis à utiliser un langage non sexiste, remplaçant « mari », « épouse », « homme » et « femme » par « personne » ou « partenaire ». Depuis, ils sont allés progressivement vers une inclusion étendue. Toutefois, nous devons également apprendre à éviter le vocabulaire reflétant une hiérarchie des unions sexuelles ayant le mariage pour idéal. Les adultes savent qu’il n’est pas nécessaire d’être « en amour » ou dans une relation durable pour apprécier les plaisirs de l’intimité sexuelle. Serions-nous critiqués parce que permettons à certains jeunes adultes de pouvoir envisager comme des options viables une aventure d’un soir, une relation sexuelle occasionnelle, comme la « partie de jambes en l’air » organisée de temps à autre entre amis, ou une entente de « sexe entre amis »? Nous devons admettre la réalité – leur réalité – plutôt qu’insister sur un idéal social.

On ne peut atteindre « un état de bien-être physique, mental et social dans le domaine de la sexualité » et profiter de « la possibilité d’avoir des expériences sexuelles qui soient source de plaisir et sans risque » sans information sur le plaisir. Les étudiants se plaignent amèrement depuis des années de vouloir apprendre plus que « la plomberie ».

Nous, éducateurs sexuels progressistes, ne leur enseignons pas comment se masturber, mais nous leur disons que les gens se donnent couramment du plaisir à eux-mêmes. Nous parlons de l’orgasme. Nous leur répondons quand ils demandent pourquoi certaines femmes utilisent un godemiché et pourquoi certains amants sont très bruyants.

Pour être crédibles, quand disons que nous répondrons à toutes leurs questions, nous devrions le faire. Dans certains programmes, on dissuade les éducateurs de répondre aux questions qui n’y sont pas directement abordées. Les concepteurs de programmes préfèrent-ils que les étudiants comptent sur les images des médias de masse, plutôt que de recevoir de l’information précise de sources fiables? Probablement pas.

Nous avons parcouru un long chemin depuis le temps où nous n’enseignions que comment faire des bébés; mais c’est encore insuffisant. L’éducation sur la santé sexuelle doit instruire de la vie. C’est personnel, mais tellement politique.

Envoyez-moi vos questions et vos commentaires : springtalks1@gmail.com.

Parlons sexualité avec Lyba

PARLONS SEXUALITÉ AVEC LYBA - Êtes-vous confuse concernant le test Pap?
mar, 2013-07-02 05:00

par Lyba Spring


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Lorsque les recommandations de l’Association médicale canadienne concernant les nouvelles lignes directrices en matière de dépistage du cancer du col de l’utérus ont été publiées récemment, plusieurs de mes collègues œuvrant en santé sexuelle ont été fort surpris et m’ont demandé si ces recommandations faisaient partie d’un programme d’austérité. À mon avis, pas cette fois.

Les femmes et les professionnels de la santé savent très bien que le test Pap s’inscrit dans les pratiques essentielles en matière de santé des femmes. Cette procédure de dépistage a réduit le taux de mortalité due au cancer de l’utérus de 70 pour cent. La raison pour laquelle ce test est si efficace est la suivante. Lorsque des cellules irrégulières sont détectées chez une femme, celle-ci peut être suivie et traitée si nécessaire pour empêcher que ces cellules ne deviennent cancéreuses. Le cancer de l’utérus se développe très lentement (10 à 20 ans).

Jusqu’à récemment, les femmes étaient fortement encouragées à subir un test Pap à tous les ans. Il était souvent fait lors du bilan de santé annuel. Certaines cliniques le faisaient coïncider avec le renouvellement de la pilule anticonceptionnelle pour s’assurer que le dépistage était fait.

L’âge recommandé pour subir le premier test et l’intervalle entre les tests constituent les changements les plus notables proposés par l’AMC.

Selon l’AMC, le premier test doit avoir lieu à l’âge de 25 ans. Un dépistage régulier doit être fait aux trois ans, jusqu’à 70 ans. Il y a évidemment des exceptions, notamment les femmes affichant des symptômes de cancer de l’utérus ou dont le dernier test Pap révélait des résultats anormaux. Les femmes immuno- supprimées en font aussi partie (p. ex. les femmes atteintes du VIH/sida).

Le raisonnement de l’AMC est le suivant. Bien qu’il existe d’importantes données probantes indiquant la nécessité de faire des tests de dépistage chez les femmes de 30 à 69 ans, la valeur du dépistage et l’équilibre entre les bienfaits et les dangers chez les femmes qui n’appartiennent pas à ce groupe d’âges ne sont pas clairs. C’est pourquoi les recommandations de dépistage systématique sont plus faibles pour les femmes de 25 à 29 ans. C’est pourquoi les recommandations de dépistage systématique sont plus faibles pour les femmes de 25 à 29 ans. Pour les femmes de 20 à 24 ans, l'AMC recommande le dépistage non systématique du cancer du col de l'utérus, et la cessation du dépistage chez les femmes de 70 ans et plus.

Nous savons depuis plus d’une décennie que le cancer de l’utérus est causé par une infection au virus du papillome humain (VPH) persistant, combinée à d’autres causes, comme le tabagisme. Nous avons cerné plus récemment la façon dont le corps gère ce virus. Non seulement la plupart des gens éliminent ce virus de leurs corps sans intervention médicale, mais chez la majorité des femmes de moins de 30 ans (surtout celles qui ne fument pas), les résultats seront normaux après un constat d’atypie des cellules malpighiennes de signification indéterminée (ASCUS), d’une lésion malpighienne intra-épithéliale (LMIÉ), et dans certains cas, d’une lésion de haut grade. La procédure actuelle de gestion des résultats irréguliers (rappel de test Pap et colposcopies répétées) a été jugée comme faisant plus de mal que de bien. Comme c’est le cas pour l’autoexamen des seins, la détection d’anomalies entraîne parfois une surcharge d’examens et un sentiment d’anxiété chez les femmes qui subissent les tests, sans pour autant réduire les taux de maladie et de décès.

Le deuxième changement fut la mise au point d’un test de dépistage pour le VPH. Parce que certaines souches sont liées au cancer du col de l’utérus, il semble sensé de limiter les tests, comme la colposcopie, chez les femmes affichant de telles souches. Depuis plus d’une décennie, des groupes de chercheurs tentent d’intégrer le test du VPH au test Pap. Dans certaines provinces, on offre le test du VPH à des femmes de plus de 30 ans à la suite d’un résultat anormal spécifique.

Au fil de la recherche, la gestion des résultats anormaux dans la clinique de santé sexuelle où je travaillais a fait des progrès. Les femmes subissent des colposcopies de façon plus sélective, selon les résultats, comme c’est le cas pour les rappels à la suite de test Pap anormaux.

Bien que je considère les nouvelles lignes directrices comme étant un pas dans la bonne direction, je suis déçue par l’absence de discussion sur les activités sexuelles à risque et les infections transmissibles sexuellement (ITS).  D’après mon expérience, les femmes pensent souvent qu’elles subissent un test pour les ITS alors qu’elles subissent un test Pap, et lorsqu’elles subissent un test Pap, elles pensent qu’elles se soumettent à un dépistage d’ITS. En fait, ce n’est pas nécessairement le cas.

Certaines femmes de moins de 25 ans sont sexuellement actives, d’autres ne le sont pas. Par conséquent, l’AMC reconnaît que les femmes qui n’ont pas eu de pratiques sexuelles orales, vaginales ou digitales avant l’âge de 25 ans n’ont pas besoin de se soumettre à un premier test Pap.

Toutefois, celles qui ont eu des pratiques sexuelles non protégées doivent subir un test pour la chlamydia, la gonorrhée et le VIH. Les femmes qui partagent des aiguilles ou des pipes à crack doivent subir un test pour l’hépatite C. Les femmes qui remarquent des symptômes (ou dont le/la partenaire présente des symptômes inhabituels) doivent consulter leur fournisseur de soins. Le test Pap peut révéler la présence du VPH ou de l’herpès sur le col de l’utérus, sans toutefois constituer un test pour les ITS en soi.

Donc, voici ce dont vous devez vous rappeler :

Quiconque a un col de l’utérus doit subir des tests Pap. Si vous avez des rapports sexuels avec les femmes ou si vous êtes un homme trans doté d’un cervix, cela s’adresse à vous.

Soumettez-vous aussi à des tests de dépistage d’ITS au besoin – nouveau partenaire, symptômes inhabituels, bris de condom…

L’information transforme les pratiques, et c’est bien ainsi.

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Parlons sexualité avec Lyba

Méthode contraceptive : le choix de qui?
lun, 2013-06-03 16:42

Parlons sexualité - blogue par Lyba Spring

Demandez à une femme si elle pratique la contraception et elle vous dira probablement si elle prend « la pilule » ou pas. En effet, pour la plupart des femmes, les deux sont synonymes. Souvent, une femme dira à son médecin de la « mettre sur » la pilule contraceptive, ce qui évoque l’image d’une consultation éclair, carnet de prescription en main. Alors, l’expression « consentement éclairé » a-t-elle vraiment un sens lorsqu’il s’agit de contraception?

Les femmes ayant besoin de la contraception sont susceptibles de changer plusieurs fois de méthode au cours de leurs années de fécondité, en fonction de leur âge, de leur état de santé, de leurs revenus, de leurs partenaires et du nombre de leurs enfants. Il est essentiel d’être informé de ces circonstances pour aider une femme à trouver la méthode qui lui convient à un moment précis de sa vie. En dépit des préjugés et partis pris que les fournisseurs de soins de santé peuvent avoir à l’égard de certaines méthodes, il devrait être de mise que le choix en revienne aux femmes.

Les contraceptifs oraux (la pilule) sont à l’évidence la méthode préférée de la plupart des praticiens de la santé, pour leur efficacité lorsqu’ils sont utilisés conformément à la prescription. Le stérilet ou DIU (dispositif intra-utérin) en cuivre est presque aussi efficace. Toutefois, les professionnels de santé n’ont modifié leurs pratiques de prescription que récemment, parce que son niveau de sécurité a été mis à jour. Cela a fait augmenter son utilisation, notamment chez les femmes n’ayant jamais été enceintes. Moins cher, le DIU non hormonal est souvent laissé de côté par les professionnels de santé, au profit du système intra-utérin (SIU) Mirena qui libère une progestine. Conçu à l’origine pour aider les femmes ayant des saignements très abondants, ce SIU a toutefois été communément prescrit, peut-être à cause d’une commercialisation agressive. Dans certaines provinces comme l’Ontario, une femme vivant des prestations de l’aide sociale est plus susceptible d’utiliser le stérilet Mirena plutôt que celui en cuivre, même si elle préfère une méthode non hormonale, parce qu’elle doit payer le DIU en cuivre tandis que le Mirena est pris en charge par le gouvernement. En plus d’être illogique, c’est du gaspillage car le Mirena coûte en réalité quatre fois plus que le DIU (lorsqu’on l’obtient d’une clinique subventionnée par l’État). Mais il est généralement plus cher lorsque c’est le médecin de famille qui le met en place.

Une femme voulant recourir à une méthode hormonale combinée, mais ne désirant pas prendre une pilule chaque jour, peut opter pour le timbre contraceptif ou l’anneau vaginal. Le timbre contient une dose d’hormones supérieure; l’anneau vaginal, une  progestine de « troisième génération » (voir ci-dessous). La solution hormonale qui lui reste est le Depo-Provera, une méthode qui devrait inclure des conseils complets sur les effets secondaires possibles.

Autrement, elle peut recourir aux condoms (masculins ou féminins), au retrait, à la planification familiale naturelle ou à une combinaison de ces méthodes. Il est peu probable qu’elle trouve une clinique qui vende encore le diaphragme ou le gel qui l’accompagne.

L’apprentissage des notions de base sur son cycle menstruel, en particulier la façon de reconnaître la glaire fertile afin d’établir sa courbe de fécondité, est une stratégie fondamentale pour apprendre à une femme à connaître son corps. Il existe même une application à cet effet. Si une femme veut se servir de ce savoir pour prévenir une grossesse, elle peut adopter la méthode des jours fixes.

Le fait de comprendre les mécanismes de la fertilité permet également d’augmenter l’efficacité d’une méthode comme le retrait, dont le taux d’efficacité est de 96 % en conditions d’« usage parfait ». C’est entendu, avec un usage habituel, ce taux chute à 73 %. Cependant, en cas d’incident, la femme peut prendre un contraceptif d’urgence (ou recourir à un stérilet post-coïtal). Ce plan B n’offre pas un degré d’efficacité constant, mais le fait d’être en vente libre l’a rendu plus accessible. 

En ce qui concerne les méthodes hormonales, il existe des problèmes de sécurité que les fournisseurs de soins de santé n’aborderont peut-être pas.

Souvent, des femmes prenant déjà la pilule souhaitaient l’acheter moins cher auprès de la clinique de santé sexuelle où je travaillais. Leur médecin avait prescrit Diane-35 à certaines. Ce médicament, qui n’a été approuvé que pour une utilisation de courte durée pour traiter l’acné sévère et l’hirsutisme, présente également des propriétés contraceptives. Les sociétés pharmaceutiques ont fait valoir cette dernière application auprès des médecins. Aussi, bien qu’il n’ait jamais été approuvé comme contraceptif, il est prescrit en « utilisation non indiquée sur l'étiquette » comme contraceptif oral. Lorsque les femmes me posaient des questions à propos de Diane-35, je les dirigeais vers le site Web et la mise en garde de Santé Canada, parce que les femmes prenant Diane-35 comme contraceptif ne sont vraisemblablement pas au courant que son utilisation à cet effet ne figure pas sur l'étiquette. Diane-35 n’est plus prescrit en France, en raison de quatre décès imputables à une thrombose, et Santé Canada a rappelé récemment aux prescripteurs « que Diane-35 ne doit pas être utilisé à titre de contraceptif oral ».

Les pilules contraceptives de troisième et quatrième génération renferment des progestines qui sont associées à un risque supérieur de formation de caillots. Les contraceptifs de marques Yasmin et Yaz font actuellement l’objet de poursuites, en raison de problèmes de sécurité liés à un progestatif, la drospirénone. L’anneau vaginal renferme une progestine de troisième génération, le désogestrel. Ce fait est-il discuté avant qu’une femme reçoive sa prescription? Mea culpa, je ne l’ai jamais mentionné.

Au départ, on a vendu les contraceptifs oraux à utilisation continue aux femmes en leur demandant si elles voulaient avoir leurs règles moins souvent, vraisemblablement dans l’intention de les « libérer » de cette fonction corporelle. De nombreuses femmes sont passées à ce type de contraceptifs. Cependant, je n’ai pas connaissance d’une quelconque recherche sur les conséquences potentielles à long terme (par exemple, sur la santé de leurs seins) d’une augmentation de longue durée du taux d’œstrogène.

Les fournisseurs de soins de santé ont la responsabilité de donner aux patientes de l’information claire et à jour, de sorte qu’elles puissent faire des choix éclairés. Les patientes ne doivent exiger rien de moins.

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Parlons sexualité avec Lyba

La sexualité des jeunes – débridée, vraiment?
jeu, 2013-04-25 23:41

Parlons sexualité - blogue par Lyba Spring


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On a aujourd’hui l’impression, il est vrai, que les appareils portatifs donnent aux jeunes un accès quasi illimité aux images à caractère sexuel (y compris des photos de leurs amis qu’ils n’avaient pas demandé à voir) et l’occasion de découvrir tout ce qui peut s’apprendre sur le sexe, le bon comme le mauvais. Les photos non sollicitées font évidemment partie de cette dernière catégorie, mais les aspects positifs méritent d’être soulignés : les portables permettent aux jeunes de trouver une clinique, de texter une demande d’information à un service de santé ou même d’informer anonymement un partenaire qu’il a une MTS et devrait subir un test de dépistage.

Vu la multitude de renseignements provenant de sources de toutes sortes, on observe de réels progrès en matière de santé sexuelle chez les adolescents et les jeunes adultes; de sérieux problèmes subsistent également. Mais où en sont les jeunes, exactement?

Les médias donnent aux adultes une fausse impression de l’activité sexuelle chez les jeunes et les portent à croire qu’ils s’y adonnent de plus en plus tôt. Or les enquêtes fédérales et provinciales à ce sujet racontent une histoire apparemment bien différente. En 1996, 32 % des 15 à 17 ans ont déclaré avoir eu des relations sexuelles (avec pénétration vaginale); en 2003 et en 2009, la proportion était de 30 %. De plus, chez les 18 et 19 ans, un nombre moins élevé qu’auparavant a déclaré avoir eu une relation sexuelle; en 1996, le pourcentage s’élevait à 70 %; en 2009, il avait baissé à 68 %.

L’usage du préservatif augmente. Soixante-huit pour cent des Canadiens sexuellement actifs âgés de 15 à 24 ans ont déclaré avoir eu recours au condom en 2009, contre 62 % en 2003. Toutefois, l’usage est moins régulier chez les plus âgés parmi les adolescents : chez les 18 et 19 ans (avec un partenaire), 72,7 % ont utilisé un condom la dernière fois qu’ils ont eu une relation sexuelle, contre 81,2 % chez les 15 à 17 ans. L’explication la plus vraisemblable, en ce qui concerne les adolescents hétérosexuels, c’est que les jeunes filles prennent la pilule. Tout comme la décision de reporter des relations sexuelles à plus tard, l’usage du préservatif requiert une certaine négociation. Dans certains groupes sociaux, il est de rigueur.

À l’époque où je travaillais dans une clinique de santé sexuelle, j’ai observé que certains jeunes avaient une bonne longueur d’avance sur bien des adultes en ce qui concerne la capacité de prendre des décisions en matière sexuelle. Pour donner un exemple, certains jeunes hommes étaient accompagnés par leur copine lors des tests de dépistage; rien de tel pour donner du piquant à une sortie romantique.

Le taux de grossesse chez les adolescentes a chuté radicalement depuis les années 1970, notamment grâce à l’accès à l’éducation sexuelle ainsi qu’à la contraception et à l’avortement sécuritaire en cas d’échec. On pourrait réduire les poches de grossesse qui restent en améliorant l’accès à l’essentiel : une saine alimentation, un logement adéquat, la sécurité, y compris la sécurité sexuelle.

Autre point positif : les jeunes dévoilent leur orientation sexuelle à leurs pairs de plus en plus tôt, ainsi que d’autres aspects liés au genre. On peut donc affirmer nous avons bien fait les choses sur certains plans, notamment, en changeant notre discours à la maison et l’école pour faire en sorte de transmettre des messages positifs au sujet des lesbiennes, des gais, des bisexuels et des transgenres (LGBT).

Toutefois, il nous faut faire encore mieux.

Les adolescentes dans la tranche d’âge supérieure qui cessent d’utiliser le condom ne tombent plus enceintes, mais elles contractent des MST en nombre record.

À titre d’exemple, le nombre de cas de chlamydia continue de grimper chez les 14 à 24 ans. Un constat en partie attribuable au dépistage, plus fréquent et efficace qu’autrefois. (Le test d’urine, au lieu des prélèvements, facilite grandement la tâche de convaincre les hommes de s’y prêter.) Comme je l’évoquais plus haut, les jeunes hétérosexuelles qui s’embarquent dans une relation plus longue (trois semaines ou davantage!) se tournent vers la contraception hormonale comme méthode anticonceptionnelle. Toutefois, elles ont tendance à le faire avant de subir un dépistage pour les MST. Dès qu’elles commencent à prendre la pilule, elles cessent d’utiliser le condom. Or il arrive qu’elles ignorent qu’elles ont déjà contracté une MST à cause d’un partenaire précédent ou que leur conjoint stable et aimant leur a transmis une MST sans savoir qu’il était lui-même infecté.

À mon avis, le plus grand obstacle à la santé sexuelle des adolescents et des adolescentes, comme je l’ai évoqué dans un blogue précédent, concerne la persistance des agressions sexuelles pendant les fréquentations et le manque apparent d’empathie à l’égard des victimes. La violence conjugale (psychologique, physique et sexuelle) est indissociable de ce phénomène; elle commence souvent à l’adolescence et se poursuit à l’âge adulte, la vaste majorité de ses victimes étant de sexe féminin.

Même si je reconnais amplement que chacun de ces problèmes découle de facteurs variés, y compris des comportements à risque élevé liés à l’iniquité économique et sociale, je persiste à croire que l’éducation reste un élément essentiel. Grâce à l’éducation et à l’accès aux services, nous réussirons à faire baisser les chiffres sur les MST et la grossesse chez les adolescentes. Toutefois, il nous faudra savoir comment utiliser les appareils portatifs à notre avantage. Les agents du changement devront apprendre comment s’y prendre pour bombarder les jeunes de messages positifs. C’est pourquoi je propose d’adopter sans délai un nouveau mot-clic sur Twitter : #goodteensex.

Envoyez-moi vos questions et vos commentaires : springtalks1@gmail.com.

Parlons sexualité avec Lyba

Poils corporels
mer, 2013-04-03 14:32

... brillance et volume, les mots qui ne conviennent pas

Parlons sexualité - blogue par Lyba Spring

Dans les publicités pour shampooing qui passent à la télévision, sa chevelure brillante et vibrante est « une gloire » pour la femme  qui y passe ses mains, l’agitant d’un côté à l’autre comme une crinière pleine de vie, hypnotisant les téléspectateurs, les invitant à y passer leurs mains eux aussi. En revanche, si vos jambes sont couvertes de poils, personne ne semble avoir envie d’y passer les mains, du moins dans les publicités.

Évidemment, les critères de beauté varient à travers les époques et les cultures. En Amérique du Nord, l’épilation s’est étendue aux hommes également. De nos jours, les « ours » (les hommes poilus) sont devenus une catégorie particulière pour leurs admirateurs, masculins pour la plupart.

On a prétendu que la prévalence d’images pornographiques de femmes sans poils, aux vulves de fillettes, était à l’origine de l’épilation des poils pubiens pratiquée en masse actuellement. Quelle qu’en soit la raison, un très grand nombre de femmes épilent leurs corps – à en croire la prolifération des salons d’épilation dans mon voisinage.

Dans le vestiaire de ma salle de gym, où la plupart des femmes ne sont pas du tout intimidées, j’ai vu de tout, des vulves nues à la « piste d’atterrissage », en passant par la couverture de poils classique. C’est un fait, il y a bien une mode en matière de vulves. J’ai vu également quelques femmes avec du poil aux jambes. Je l’admets volontiers, c’était plus à la mode dans les années 1960 et 1970, mais c’est surprenant parce que c’est très éloigné de la norme actuelle.

Les femmes choisissent de nombreuses manières pour s’épiler, certaines permanentes, d’autres douloureuses. Chaque méthode s’accompagne également de risques pour la santé. L’épilation au laser est un acte médical requérant une formation pour pouvoir le pratiquer et nécessitant habituellement plusieurs séances. On dit aux femmes de s’attendre à de l’inconfort et à une décoloration temporaire de la peau.

Une brochure du Bureau de santé publique de Toronto sur l’épilation corporelle suggère fortement d’éviter de se raser le pubis en particulier. L’épilation évite de s’infliger des bosses de rasoir, que certaines femmes auto-diagnostiquent trop rapidement comme des verrues ou de l’herpès. Pour ne pas transmettre les virus d’autres personnes en appliquant la cire, les salons doivent suivre des procédures particulières. Il est également recommandé aux femmes qui s’épilent le pubis – de quelque manière que ce soit –, de s’abstenir d’avoir des relations sexuelles pendant les 48 heures suivantes; ce qui, pour certaines, peut aller à l’encontre de leurs intentions.

Quand on leur demande pourquoi elles s’épilent, certaines femmes disent qu’elles aiment la sensation ou que c’est plus hygiénique ou que leur partenaire préfère cela. La sensation de douceur est l’incitatif utilisé dans les publicités de produits d’épilation et de soins de la peau. Une femme douce est une femme désirable.

Il en irait autrement pour la nature. En effet, les poils du pubis et des aisselles sont des pièges à odeurs. Nous nichons notre nez dans les odeurs érotiques comme le font tous les mammifères – sauf que nous avons éliminé nos odeurs et les poils qui les retiennent. Le sexe est naturellement une histoire confuse d’odeurs, que nous avons épurée de notre mieux.

En septembre 2012, après avoir été ridiculisée en public, une Sikhe ayant du duvet sur le visage s’est défendue, ainsi que ses croyances religieuses, de la manière suivante : « Les Sikhs baptisés croient au caractère sacré du corps […]. Je me rends compte que mon genre prête souvent à confusion et que j’ai  l’air différente de la plupart des femmes ». Elle poursuivait en disant que le corps est un don de l’être divin et doit être conservé intact.

Lors d’une récente baladodiffusion sur la réduction cosmétique des organes génitaux féminins auquel je participais, la sexothérapeute et psychologue Leonore Tiefer a noté que, lorsque les femmes font  augmenter la taille de leur poitrine ou réduire celle de leurs lèvres ou de leur clitoris, cela accentue leur féminité et diminue leur masculinité. Les femmes qui ont des poils les retirent vraisemblablement pour paraître plus féminines.

Je me souviens d’un numéro du comique Tim Nutt. Il disait qu’il aimait arriver derrière des femmes aux cheveux courts et dire : « Pardon, monsieur. » Selon lui, c’était elles les responsables parce que, lorsqu’elles coupent leurs cheveux courts, cela signifie qu’elles ne font plus l’amour (avec un homme, on suppose). Toutefois, on dit que chaque stéréotype renferme un brin de vérité. Certaines femmes semblent opter pour une sorte d’aspect asexué à mesure qu’elles vieillissent. D’autres se déchaînent contre l’âge dans une frénésie cosmétique. Mes amis savent que je ne suis pas une gravure de mode. Néanmoins, par vanité personnelle, ma vieille amie d’université et moi avons fait un pacte il y a quelques années. Lorsque nous serons toutes deux dans une résidence pour personnes âgées, elle m’épilera les poils du menton et j’épilerai les siens, comme je l’ai fait pour ma mère de 90 ans avant sa mort. Je suppose que ce sera l’expression de notre refus d’abandonner complètement – ou de céder à l’androgynie du grand âge. Et vous, jeunes femmes, pour qui les épilez-vous?

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