Prenez la Parole!

Femmes, sexe et consommation d’alcool et de drogues : l’œuf et la poule?
lun, 2013-03-25 13:59

Parlons sexualité - blogue par Lyba Spring


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Chez les jeunes, le risque d’acquérir un « trouble de dépendance » à l’alcool ou à la marijuana serait associé au nombre de partenaires sexuels, selon un article récent publié dans la revue Archives of Sexual Behavior.

Les auteurs de l’étude rapportent que l’alcool et la marijuana pourraient favoriser des comportements à caractère sexuel. Toute une surprise! S’ils établissent un lien de cause à effet entre le nombre de partenaires sexuels et la consommation excessive d’alcool et de drogues, c’est que ces deux phénomènes font partie d’un groupe de comportements à risque qui prévalent à l’adolescence et au début de l’âge adulte. Ce lien serait plus fort chez les femmes que chez les hommes. Les auteurs ajoutent que l’industrie des boissons alcoolisées pousse l’équation alcool et divertissement; elle inciterait les jeunes femmes à chercher à se mesurer aux garçons à ce chapitre.

L’étude a été réalisée en Nouvelle-Zélande, un pays où la publicité sur l’alcool ressemble à la nôtre dans sa teneur. Dans un article publié dans Réseau (« Les femmes et l’alcool : à votre santé? »), Ann Dowsett Johnston a dressé une liste des produits s’adressant aux femmes : Mike’s Hard Pink Lemonade; Smirnoff Ice Light; des vins comme MommyJuice et Stepping Up to the Plate; vodkas aromatisées aux baies; Vex Strawberry Smoothies; coolers (panachés) aux saveurs de kiwi mangue, pomme verte et raisin sauvage; boissons « alcopops », aussi appelées coolers, « bières de filles » ou « boissons d’initiation ». Si l’on en juge d’après les statistiques sur la consommation d’alcool chez les jeunes femmes, les publicités atteignent très bien leur cible.

L’article de la revue Archives évoque aussi les problèmes de l’anxiété et de la dépression, mais ce qui m’a intéressée par-dessus tout, c’est la notion de « comportement à risque ».

Les personnes qui ignorent les principes requis pour conserver une bonne santé ont tendance à adopter des comportements qui posent un risque pour leur santé, comme le tabagisme et la consommation excessive d’alcool. Le même constat s’applique aux victimes d’agression sexuelle.

Au moment d’analyser leurs données, les auteurs de l’étude ont tenu compte de l’état de santé mental. Je doute toutefois qu’ils aient considéré les sévices sexuels pendant l’enfance comme un trouble de santé mentale; or ceux-ci peuvent être une cause de troubles mentaux – et même physiques. Le corps garde en mémoire ce que l’esprit préfère réprimer. Au Toronto Centre for Addiction and Mental Health (CAMH), les jeunes qui sont traités pour un problème de toxicomanie ou de santé mentale ont bien souvent vécu des épisodes de stress traumatique et de sévices sexuels.

J’ai fait la connaissance de Laura (nom fictif) alors qu’elle avait 11 ans. Elle était élève dans une classe de sixième année à laquelle je donnais un cours sur la puberté. À cette époque, je passais six heures avec les groupes de cinquième et de sixième années, ce qui me permettait de les connaître assez bien. Je terminais toujours le module avec un cours sur les agressions sexuelles. Je me souviens avoir entendu les enseignants parler de Laura dans la salle du personnel. Ils faisaient des remarques qu’on aurait pu attribuer à des adolescents du secondaire commentant la « réputation » de certaines jeunes filles. Après le cours, Laura est venue me confier qu’elle avait subi un viol collectif à l’âge de neuf ans et que depuis ce jour, elle était constamment sous l’emprise de l’alcool. J’aurais dû m’en douter en écoutant les commentaires des enseignants. La sexualité précoce peut être un indicateur d’agression sexuelle.

J’ai aiguillé Laura vers un service de protection de l’enfance. Quelques années plus tard, je l’ai vue régulièrement dans une clinique de santé sexuelle et l’ai encouragée à suivre une thérapie. Au cours de son adolescence, Laura a continué à consommer de l’alcool et des drogues et subi plus d’une agression sexuelle. Je l’accompagnais alors au centre d’aide aux victimes pour lui tenir la main.

Une de mes collègues de l’époque avait déclaré qu’il ne servait à rien d’essayer de traiter la toxicomanie à moins de s’attaquer d’abord et avant tout à ses racines. Elle était experte dans les deux domaines, tant sur le plan professionnel que personnel.

De la même façon, il ne suffit pas, pour prévenir la grossesse pendant l’adolescence, de demander aux jeunes de porter un condom. Les professionnels de la santé peuvent désigner sur une carte les quartiers où les adolescentes tombent enceintes et établir un lien avec la situation socioéconomique. En d’autres termes, les comportements à risque ne surgissent pas de nulle part. Ils sont un lien avec la satisfaction des besoins fondamentaux : se nourrir, avoir un logement et vivre sans être exposée à la violence sexuelle et au racisme.

La consommation excessive d’alcool et de drogues remplit plusieurs fonctions, mis à part le fait d’être une affaire de gros sous. L’alcool réduit les inhibitions, ce qui en fait la substance la plus couramment utilisée dans les cas de viol par une connaissance. L’alcool et les drogues comme le tabac sont aussi une forme d’automédication. Comme l’indique Ann Dowsett Johnson, « la valeur prédictive la plus forte d’une consommation d’alcool tardive est d’avoir subi des sévices sexuels pendant l’enfance ». Si Laura a recouru à l’automédication pendant toute son adolescence, c’est pour endormir la douleur provoquée par une vie de traumatismes. Même s’il est possible de démontrer une augmentation de la surconsommation après avoir fréquenté de multiples partenaires, dans le cas de Laura (ainsi que celui de nombreuses femmes victimes de sévices sexuels pendant l’enfance), elle est survenue avant.

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La pornographie : une question délicate
mar, 2013-03-05 11:48

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Il y a environ 40 ans, les féministes entreprirent d’établir une distinction entre la pornographie et le cinéma érotique. Évidemment, nulle ne pouvait cerner de façon précise ce qui en faisait la différence. Lorsque Linda Lovelace, la vedette du film « Deep Throat », a révélé les abus qu’elle a subis en 1972 pendant le tournage du film, ou lorsque le film de Bonnie Sherr Klein, « Not a Love Story » nous a révélé l’exploitation scandaleuse qui mine le divertissement pour adulte, la pornographie a suscité la colère des femmes. Pour certaines d’entre nous, toute forme de pornographie a pour base l’exploitation, l’humiliation et la violence.

Puis, vinrent des femmes qui ont commencé à produire des films érotiques pour un public féminin, suivies d’autres qui ont produit des films pornographiques pour ce même public. Aujourd’hui, il y a de nombreuses femmes qui se considèrent féministes et qui aiment leurs films pornos. 

Que faire dans tout ça?

En tant qu’éducatrice en santé sexuelle, je suis d’avis que la pornographie a joué un rôle néfaste dans l’éducation sexuelle des garçons. Dans le cadre d’un atelier sur la sexualité que j’ai animé auprès d’adolescents, je n’ai pu m’empêcher de grimacer lorsqu’un garçon a dit : « Ça ne se passe pas comme ça dans la pornographie, mademoiselle ». Je pouvais l’imaginer en train de poser des gestes sexuels fréquemment suggérés dans la pornographie contemporaine, sans demander un consentement. La pornographie présente aux jeunes un scénario sexuel, comme le font les vidéoclips et les émissions de télé-réalité. N’étant pas une consommatrice moi-même, j’ai dû faire de nombreuses lectures pour me familiariser avec les dernières pratiques véhiculées dans la pornographie, comme les « faciaux » et la « double pénétration ». 

La porno étant de plus en plus accessible, l’industrie semble déterminée à fournir des images de plus en plus choquantes et repousse continuellement les limites. Ce phénomène suscite chez les féministes une indignation qui provient nom pas d’un sentiment d’outrage moral mais plutôt d’un sentiment de colère et aussi de peur. Or, la recherche n’a jamais établi un lien de causalité clair entre la pornographie et la violence sexuelle. L’écrivaine Debbie Nathan se prononce sur la question dans le cadre d’une entrevue avec Joy Davidson, Ph.D. : « La recherche démontre que la légalisation et la consommation de masse de la pornographie sont liées à une baisse des taux de viol, et non à une augmentation. » Cependant, lorsque nous entendons parler d’un cas d’agression sexuelle et qu’il s’avère que l’ordinateur de l’agresseur regorge de matériel pornographique violent, entre en scène d’autres recherches, qui établissent l’existence d’un lien entre la pornographie et une mentalité de violence envers les femmes  (voir aussi un article sur le site Web Sisyphe.org). Je me souviens d’un autre atelier que j’ai animé, celui-ci dans un refuge pour femmes violentées. L’une des participantes a raconté au groupe que son mari regardait des films pornos et exigeait, après le visionnement, qu’elle répète les mêmes gestes. Lorsqu’elle refusait, il la battait et la violait.

Il y a aussi d’autres problématiques.  Certaines femmes qui ne consomment pas de matériel pornographique sont bouleversées lorsque leur partenaire en consomme, ayant l’impression d’être trompées. Dan Savage, spécialiste chroniqueur des questions de sexe, insiste sur le fait que tous les hommes consomment de la pornographie et que ceux qui prétendent le contraire mentent. Certains sont si habitués à s’éclater en regardant des images pornos qu’ils ont de la difficulté à vivre une intimité avec une personne en chair et en os. 

Y a-t-il des bons côtés à la pornographie?

Il y a des couples qui adorent regarder des images pornographiques ensemble, et il y en a pour tous les sexes, toutes les orientations sexuelles et tous les goûts. Les gens qui se sentent coupables d’avoir certains penchants sexuels se sentent réconfortés lorsqu’ils voient leurs fantasmes abondamment affichés sur le Web. Ils peuvent trouver d’autres gens qui ont des fantasmes semblables et même des partenaires.

Debbie Nathan trace un portrait positif :

« … pour conserver la pornographie dans le décor, nous devons la démystifier et cesser de la condamner comme quelque chose d’immoral. Si nous pouvions faire cela, la pornographie pourrait peut-être disparaître. Elle serait remplacée par un merveilleux festin d’images et d’aides sexuelles qui correspondraient aux fantasmes, aux désirs et aux envies de tous. … Je pense que la solution (aux stéréotypes) serait non pas de produire moins de pornographie mais plus, si elle est produite par toutes sortes de gens et non uniquement par une industrie qui dessert un marché de masse et qui cherche à réaliser des mégas profits. 

Peut-être les consommateurs de pornographie informés peuvent-ils en consommer comme on consomme du chocolat. Ils peuvent rechercher l’équivalent pornographique d’un produit biologique et issu du commerce équitable (une pornographie produite par des entreprises qui rémunèrent bien les actrices et les acteurs, leur offre des choix concernant les scènes et les oblige à se protéger) et bénéficier d’une bonne dose de dopamine euphorisante tout en vivant l’expérience non pas en se sentant coupable mais avec le sentiment de s’offrir une gâterie. Si les gens encourageaient les entreprises de pornographie éthique, peut-être que l’industrie de la pornographie dominante prendrait un nouveau virage qui pourrait plaire… à un plus grand nombre d’entre nous.

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COLLABORATION SPÉCIALE - S’occuper activement de la santé de ses seins
ven, 2013-02-15 17:54

par Verna Hunt

Dans notre culture, quel que soit leur âge, les femmes et les filles sont tatouées à l’encre rose : rose comme la vie des princesses dans les contes de fées, à laquelle on nous fait croire qu’il faut aspirer. C’est comme si la société nous enveloppait dans une bulle de cellophane à la naissance. Dès cet instant, nous rêvons d’une vie merveilleuse que rien ne pourra entacher. Ni la vieillesse, ni la maladie. Ni la tristesse, la folie ou la peur. Le rose nous condamne à la perfection. Mais la réalité est toute autre. Voilà pourquoi les femmes ont souvent le sentiment de ne pas être « à la hauteur », dans cette existence imparfaite qui est inévitablement la leur; et c’est la même chose pour leurs seins.

Les campagnes comme celle du ruban rose propagent elles aussi une illusion, à savoir que toute maladie a un remède; si les scientifiques disposaient des sommes suffisantes, croit-on, ils découvriraient la potion magique.

Notre culture ne nous enseigne pas ce qu’il faut faire lorsqu’une personne proche de nous et chère à notre cœur contracte une maladie comme le cancer. Voilà comment survient, dans la recherche d’un moyen de canaliser notre désarroi vers quelque chose de constructif, l’idée d’une croisade comme celle de la Campagne du ruban rose.

Mais quel est le sens de tout cela? Trouver un moyen de guérir le cancer du sein ou découvrir les causes de la mauvaise santé mammaire des femmes? La Campagne du ruban rose détourne notre attention des véritables problèmes. Tous ces petits messages roses qui nous pressent de faire quelque chose et de trouver un remède comme s’il ne restait plus qu’à découvrir le maillon manquant, le Saint Graal, la solution ultime. Notre société tente de tout transformer en marchandise, comme si nous souffrions toutes exactement d’une même et unique maladie. Comme si nous portions toutes la même taille et le même modèle de chaussures.

L’autre boniment qu’on nous sert, c’est que les mammographies sont un moyen de prévenir le cancer du sein. C’est faux. (Voir « Le dépistage par mammographie... avantages et inconvénients pour la santé des femmes » ). Les mammographies permettent de détecter des masses pouvant être cancéreuses, mais cela, seul un pathologiste peut le confirmer après avoir étudié les résultats d’une biopsie. Avant toute chose, il faudrait se poser les questions suivantes : quelle est l’origine de ces masses ou de ces tumeurs et comment se développent-elles? Quels signes pourraient nous permettre de détecter qu’une masse est en train de prendre forme? À tout le moins, la Campagne du ruban rose nous aura fait prendre conscience d’une chose : si, dans la région des Grands Lacs, une femme sur quatre en Amérique du Nord risque de contracter un cancer du sein au cours de sa vie, c’est qu’il se passe quelque chose d’important.

Le cancer et l'environnement

L’hypothèse scientifique courante, c’est que le cancer du sein survient chez les femmes qui ont une prédisposition génétique. Bien que ce soit effectivement un facteur, il suffit d’étudier les statistiques mondiales pour constater que les taux d’incidence les plus élevés s’observent dans les régions industrialisées comme celles des Grands Lacs. Comment l’expliquer? Pour donner une réponse courte : la pollution de l’environnement et l’incapacité à neutraliser ses effets nocifs. Pour en savoir davantage sur ce sujet, je vous invite à lire Vivre en aval par Sandra Steingraber et à visionner le documentaire dont il est inspiré. (sous-titres français)

S’il faut tenir compte des nombreux éléments qui contribuent au cancer, c’est parce que nous vivons dans un environnement multifactoriel.

Le corps humain abrite en tout temps des cellules anormales ou cancéreuses; notre système immunitaire repère les cellules qui sortent de l’ordinaire et les élimine principalement par le biais des globules blancs (apoptose). Celui-ci nettoie aussi les cellules anormales mortes, les virus, les bactéries, la pollution et les vieilles hormones; il travaille 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Grâce à la microcirculation qui s’effectue par les vaisseaux lymphatiques, la lymphe transporte les déchets vers les filtres de l’organisme (appelés émonctoires), le foie et les reins principalement, mais d’autres organes remplissent aussi ce rôle.

Ces organes filtreurs décomposent les déchets que leur livre notre système immunitaire, mais ils peuvent aussi s’encrasser, à la manière d’un filtre d’aspirateur qu’on a oublié de nettoyer. Lorsque cela se produit, l’excrétion des déchets par l’urine, les selles, l’expiration, la peau et le sang menstruel est incomplète; les voies d’excrétion peuvent même s’obstruer. La constipation en est un bon exemple; c’est un mal plus courant que ce qu’on veut bien admettre.

Le miracle, quand on parle de système immunitaire, c’est que chaque être humain acquiert une immunité aspécifique avant l’âge de six ou sept ans; avant l’âge de la puberté, il aura développé une immunité spécifique relativement complète. Ainsi, le système immunitaire dote tous les individus d’un système de défense, à moins qu’il y ait interférence ou interruption du processus de maturation. Les facteurs responsables comprennent entre autres : les réactions indésirables aux médicaments, les polluants et les pesticides comme les xénœstrogènes (des substances chimiques qui miment l’œstrogène et se fixent aux récepteurs de cette dernière); les carences en nutriments attribuables aux aliments transformés; et les déséquilibres hormonaux causés par un stress prolongé.

Les substances toxiques

Au cours de l’histoire, toutes les cultures autochtones suffisamment évoluées ont mis au point des rituels de purification ou des méthodes de désintoxication. Leurs membres utilisaient ce qu’il y avait à leur disposition : aliments fermentés; herbes, eau, soleil, souffle/air, bains thermaux et ainsi de suite. Un phénomène semblable s’observe dans le règne animal : on voit par exemple des chiens manger de l’herbe fraîche afin d’absorber de la chlorophylle et des traces de minéraux bénéfiques à la purification de l’organisme. Nettoyer nos filtres est instinctif; chez l’être humain, le réflexe le plus évident consiste à remplacer les 70 % de notre poids corporel qui sont constitués d’eau.

Nous vivons à une époque où la charge en toxines physiques et non physiques est la plus élevée de toute l’histoire. Certaines substances qui ne devraient pas se retrouver dans notre organisme y pénètrent, comme les dérivés pétrochimiques et l’amiante. Ceux-ci peuvent s’incruster dans les tissus, quand le système immunitaire et les organes filtreurs ne savent qu’en faire. Avec le temps, cette charge cause de l’irritation et peut causer un dysfonctionnement cellulaire, ce qui donne lieu à de l’enflure et à de l’inflammation. Avec le temps, ces transformations peuvent provoquer des mutations cellulaires et mener au cancer des cellules.

Outre la charge en substances toxiques physiques, on observe une augmentation de la charge non physique, à savoir la pollution par le bruit, la surinformation attribuable au cyberespace et ainsi de suite. Il nous faut faire le tri de tous ces stimuli, ainsi que de la soupe toxique qui empoisonne notre organisme. La tâche est trop lourde pour notre organisme sur le plan physique, émotionnel, cognitif et, selon certains, énergétique. Nos filtres se bloquent de plus en plus; notre organisme transporte de plus en plus de déchets nuisibles pour notre résilience immunitaire.

Le corps féminin doit trier une quantité supérieure d’hormones et sa tâche est alourdie par les multiples rôles qu’assument les femmes : travail, grossesse, maternité, courses et préparation des repas, prestation des soins, prise de décisions, entretien du ménage et des biens matériels, coordination de la famille moderne. Nous sommes nombreuses à connaître ce genre de chaos permanent. L’art de tout faire en même temps et de tout connaître, hormis le silence, le calme et la relaxation. C’est comme si nous étions constamment en train de retenir notre expiration, alors que nous aurions tant besoin de souffler.

D’après les recherches, l’incidence du cancer du sein est moins élevée chez les femmes qui ont allaité que les autres. Bien que toutes ne fassent pas ce choix, il ne faut pas pour autant que leurs seins deviennent des dépotoirs de déchets métaboliques. Nous pouvons éviter le contact avec les toxines en adoptant certaines habitudes de vie : ingérer des fibres en quantité suffisante; utiliser des huiles bonnes pour la santé; choisir des aliments sans additifs et peu transformés; consommer quotidiennement quatre tasses ou plus de légumes crus ou cuits à la vapeur; manger crus des fruits frais en saison, cultivés localement; boire de l’eau potable en quantité suffisante; se reposer adéquatement et se détendre; passer du temps dans la nature; s’adonner à des activités physiques qui nous plaisent; se retrouver en agréable compagnie et développer son estime de soi.

Les soins destinés à préserver la santé mammaire pourraient comporter des techniques de massage dispensées par une personne compétente, habituellement une ou un massothérapeute autorisé. Ces techniques contribuent à normaliser le fonctionnement des tissus mammaires tout au long de la vie d’une femme, en particulier avant et après l’allaitement. Les massages stimulent le système lymphatique au niveau du sein de façon à le débarrasser de tout déchet qu’il pourrait avoir accumulé; ils peuvent aussi aider à réduire le tissu fibrokystique des canaux galactophores et à décoller en douceur les adhérences.

Vu les effets cumulés des toxines environnementales, il est plus que jamais nécessaire de purifier notre organisme. Mais ça n’est pas si simple, vu la nature complexe de substances comme les toluènes, les métaux lourds, le polychlorure de vinyle et les dioxines, qui se mélangent à la manière d’une soupe et produisent de nouvelles réactions que nous n’avons aucun moyen de mesurer. Comment faire pour parvenir à excréter ces « supertoxines » en toute sécurité?

Idéalement, la détoxification, ou purification, doit être adaptée en fonction de chaque femme par une professionnelle ou un professionnel de la santé qualifié, qui s’appuieront pour se guider sur l’évaluation que fait la patiente de ses moyens. En ce qui concerne la santé mammaire, on effectuera un examen proactif cadrant avec le portrait de santé général de la personne. L’analyse d’échantillons de sang, de cheveux, d’haleine, de salive et de selles, ainsi de la chaleur corporelle (thermographie infrarouge), peut révéler des changements bien avant l’apparition d’une maladie pathologique ou même d’un dysfonctionnement prononcé. Les résultats sont corrélés dans le cadre d’une consultation et d’un examen physique complet, en cherchant à déterminer les causes à l’origine des symptômes et à améliorer le fonctionnement global à tous les niveaux.

Même s’il existe de nombreux professionnels qualifiés pour les dispenser, comme les naturopathes ou les spécialistes de la médecine douce, le coût de ce type de services reste élevé pour un grand nombre. Notre culture n’encourage pas les gens à investir dans leur santé; elle les incite plutôt à débourser de larges sommes qui vont à l’industrie du traitement des maladies, après qu’ils aient contracté une affection qu’on « traite » à l’aide d’un médicament d’ordonnance breveté censé « gérer » celle‑ci.

Les méthodes proactives

Il existe des méthodes proactives de nettoyage cyclique de nos filtres naturels qu’on peut appliquer en toute sécurité chez soi afin d’amorcer le processus de détoxification. Parmi les moyens abordables, soulignons : s’alimenter uniquement de bouillon de légumes pendant toute une journée; faire des séances régulières de sauna; se promener dans une réserve forestière; se débrancher du cyberespace une fois tous les sept jours, ce qui comprend les nouvelles, Internet, la télé et la radio. L’idée est de s’accorder une pause pour cesser d’être constamment occupés et surstimulés. Même si ces conseils peuvent sembler insignifiants à première vue, la recherche démontre qu’une simple promenade en forêt d’une trentaine de minutes peut avoir sur le système immunitaire un effet bénéfique pendant près d’un mois.

L’auto-examen des seins fait l’objet d’une grande controverse [lien vers l’article L’auto-examen des seins]; or s’il est possible de détecter un nouveau bouton en se lavant le visage le matin, on peut aussi tout aussi bien apprendre à déceler des changements en se palpant les seins au moment de la douche ou du bain. Grâce à cette amicale familiarité avec cette partie de votre anatomie, vous parviendrez à reconnaître un changement de texture sans avoir à chercher la « bosse » tant redoutée. Le fait d’enseigner dès le jeune âge aux filles à quoi ressemblent des seins en bonne santé les aidera plus tard à accepter leur propre poitrine et à l’apprécier. On trouvera pour ce faire des images de seins qui ne sont pas sexualisés à l’adresse.

Voici d’autres moyens de préserver notre santé mammaire : éviter les produits de soins de beauté contenant des substances nocives, comme celles qu’on trouve dans les déodorants, les détergents à lessive et les assouplissants et qui présentent un potentiel cancérogène; s’abstenir de porter des soutiens-gorge à armature, car ceux-ci entravent la circulation sanguine et lymphatique, ce qui produit une congestion des toxines.

Ainsi, la prochaine fois que les organisateurs de la Campagne du ruban rose vous imploreront de « marcher pour la cause », envisagez la possibilité de vous tourner vers une autre campagne, axée celle-là sur le lien entre environnement et santé mammaire et sur les mesures proactives à prendre pour protéger la santé de vos seins.

 

Dre Verna Hunt, B.Sc., D.C., N.D., est docteure en chiropraxie et naturopathe depuis plus de 30 ans. En 2005, elle fondait le Centre for Health and Well Being à Toronto. Elle agit comme conseillère médicale auprès de collègues et d’entreprises qui dispensent des soins de santé holistiques. Par l’intermédiaire de sa société Being Well Communications, elle écrit des articles, donne des conférences et enseigne. Elle appuie le RCSF depuis de nombreuses années, notamment à titre de membre. On peut communiquer avec elle à verna@healthandwellbeing.info ou au 416-604-8240

Ressources :

RCSF - PARLONS-EN! Apropos de la prévention du cancer du sein

Action Cancer du Sein de Montréal (ACSM)

Sans détour

Je pensais justement à l’orgasme
ven, 2013-02-15 15:46

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Pendant des années, les femmes se faisaient dire qu’elles étaient responsables de leurs orgasmes et qu’elles ne devaient pas s’attendre à ce qu’on leur offre sur un plateau d’argent.  Or, la plupart d’entre nous se débrouillent très bien, merci.

Évidemment, certains facteurs peuvent empêcher une femme d’atteindre l’orgasme, comme la présence de traumatismes antérieurs, une éducation sexuelle répressive, la timidité, un flot incessant de pensées, une incapacité à se détendre, des problématiques liées au contrôle, des difficultés dans la relation ou d’autres facteurs de stress. Quel rôle le(la) partenaire joue-t-il(elle) quant au désir d’une femme et sa capacité de jouir?

Les deux-tiers des femmes qui ont des partenaires masculins n’atteignent pas l’orgasme pendant un coït vaginal. Ces femmes minimisent leur désir d’avoir des orgasmes et disent qu’elles apprécient les sensations et l’intimité qu’elles vivent pendant les rapports sexuels. Cependant, les partenaires des femmes, masculins ou féminins, se sentent parfois floué(e)s, tant par l’absence de désir de leur partenaire d’atteindre l’orgasme que par le fait qu’elle ignore comment jouir. Rien de neuf, puisque Shere Hite soulignait la présence de ce problème dans les années 1970 (Rapport Hite, 1976). La communication est évidemment la clé. Mais l’attitude « je veux vraiment que tu aies un orgasme » peut être perçue comme de la pression. La question « comment puis-je te faire jouir? » prend pour acquis que c’est ce que vous voulez. D’autre part, « je veux avoir un orgasme/laisse-moi te montrer comment t’y prendre » a l’air d’une recette.

La plupart des ateliers sur l’orgasme invitent d’abord les gens à se familiariser avec leur propre réponse sexuelle et éventuellement à trouver le type de stimulation qui mène à l’orgasme. Certaines femmes vivent des orgasmes qui sont qualitativement différents, selon la stimulation exercée sur l’anus, le point G ou le clitoris. Peut-être aimez-vous une stimulation clitoridienne directe ou indirecte, avec un doigt, un vibrateur, être pénétrée dans le vagin ou dans l’anus avec un objet, une stimulation anale, avec ou sans lubrifiant, une pression directe et forte sur la vulve, avec une cuisse, un oreiller, ou aucune pression. Certaines femmes éjaculent, d’autres pas. Certaines parfois. Nous ne souhaitons pas toujours jouir de la même façon à chaque fois ou nous n’en sommes pas toujours capables, et nous ne vivons pas toujours l’orgasme de la même manière, même quand nous jouissons plusieurs fois pendant une relation sexuelle.

Disons que vous pouvez atteindre l’orgasme par vous-même. Êtes-vous à l’aise de jouir devant votre partenaire? Est-ce excitant, gênant? Avez-vous les yeux ouverts, fermés? Regardez-vous votre partenaire vous regarder? Est-ce que son plaisir vous excite? Y a-t-il un autre type de stimulation que votre partenaire peut explorer? Si vous avez l’habitude d’une stimulation forte et rapide avec un doigt ou un vibrateur et que votre partenaire tente de vous faire jouir avec sa bouche, ressentez-vous une obligation de performer? Avez-vous peur que votre partenaire se lasse ou soit frustré(e)? Et surtout, pouvez-vous montrer à votre partenaire ce qui fonctionne bien pour vous sans lui présenter une liste détaillée et exhaustive? Le sexe, c’est d’abord le plaisir. Si le souci de la performance prend toute la place, où est le plaisir?

Le livre de Carol Shields, Republic of Love, offre un exemple hilarant de la façon dont le sexe peut prendre l’allure d’un travail épuisant et couper chez un(e) partenaire toute envie de poursuivre.

« Il aimerait mieux être célibataire et porter des œillères toute sa vie plutôt que de travailler fort et de s’abaisser à offrir à Charlotte Downey des orgasmes de qualité… Des orgasmes de qualité sont les seuls qui valent la peine, lui dit-elle » (pp. 144-145).

Certaines femmes ont besoin de contrôler tous les aspects de leur vie, ce qui pourrait nuire à la dynamique érotique. Quel cadeau que de vous remettre entre les mains de votre partenaire et de faire sauter les obstacles. Parfois, je me demande si surmonter des obstacles à l’orgasme est aussi simple – et aussi compliqué – que de résoudre un problème d’insomnie. Au lieu d’attendre anxieusement d’atteindre cet état (d’orgasme ou de sommeil), nous n’avons qu’à le laisser « venir ».

C’est merveilleux d’être sur la même longueur d’ondes.  Si cela vous plaît, faites-le. Si une pratique vous ennuie, cessez-la et faites autre chose. Tout cela peut se vivre en souriant, en riant et en partageant la joie d’être complices dans la découverte. C’est cela l’intimité, un état partagé.

Et l’orgasme de votre partenaire? Une fois de plus, cela dépend de l’importance qu’il(elle) lui accorde. Votre rôle est-il d’être la personne qui découvrira sa formule magique? La réponse est : la magie, c’est ce qui se passe entre vous, et non entre les jambes.

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Les agressions sexuelles – en quête d’une profonde transformation des mentalités
mar, 2013-01-29 13:03

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Fin 2012, une attaque vicieuse contre une jeune femme de 23 ans, qui a succombé à ses blessures peu de temps après, déclenchait en Inde un mouvement de protestation qui pourrait avoir des répercussions profondes sur la culture de ce pays, du moins c’est ce qu’on peut espérer. Personne ne s’étonnera d’apprendre qu’aucun mouvement semblable n’existe au Congo, où le viol continue à être utilisé comme arme de guerre tant contre les hommes que les femmes. Lors de la dernière élection présidentielle américaine, les remarques absurdes et enrageantes prononcées sur le viol et la grossesse ont alimenté la presse et suscité chez les groupes de femmes plus de réactions que ceux-ci n’en avaient manifestées depuis un bon moment. L’été dernier, après une série d’agressions sexuelles dans un quartier de Toronto, les gens se sont rassemblés en grand nombre pour prendre part à des manifestations qui ont fait grand bruit.

Pourtant, après des décennies de féminisme et de discours sur « la culture du viol », rien n’indique qu’une transformation radicale des mentalités se soit produite au Canada.

Pendant trente ans, j’ai passé beaucoup de temps dans les salles de classe aux niveaux intermédiaire et secondaire à parler d’égalité entre les sexes. Entre autres, j’ai conçu un module d’éducation sur le thème de l’agression sexuelle, en particulier dans les fréquentations.

Il y a des années, je me trouvais dans une classe de huitième année formée d’élèves âgés de 13 ans. Nous faisions ensemble la première partie d’un exercice dans laquelle je leur demandais de réagir à une série d’énoncés. Il était intéressant de constater qu’ils donnaient souvent ce qu’ils pensaient être la « bonne » réponse. Entre autres, c’était presque invariablement le cas avec l’énoncé « Non, ça veut toujours dire non ». Je leur demandais alors de m’expliquer pourquoi certaines filles ou certaines femmes commençaient parfois par refuser les avances sexuelles, puis semblaient les accepter. Les élèves avaient compris que certaines ne veulent pas être considérées comme des filles « faciles », qu’elles s’inquiètent de leur réputation. Ils savaient aussi que le ton de voix ou le langage corporel pouvait donner à leur refus un caractère ambigu, ce qui pouvait conduire à une méprise, en particulier si l’alcool était en jeu. 

Le second énoncé allait comme suit : « Une personne ne perd jamais son droit de refus ». Un seul garçon dans la classe ne partageait pas l’avis général sur cette question. J’ai demandé aux élèves de me donner des exemples de circonstances dans lesquelles une personne pourrait vouloir mettre un terme à une situation et ceux-ci ont donné entre autres les réponses suivantes : quand c’est la première fois et que ça fait mal; quand on change d’idée; quand on craint d’attraper une MST, etc. Peu importe les arguments, ce garçon restait persuadé qu’une fois qu’on avait commencé, il fallait aller jusqu’au bout. Je lui ai demandé : « Si tu es avec une fille, que tu es au-dessus d’elle et que tu te rends compte qu’elle souffre, comment réagirais-tu? »

« Je tournerais son visage dans l’autre direction », m’a-t-il répondu. 

Son enseignant m’a appris plus tard que ce garçon réagissait mal aux figures d’autorité féminines, ce qui expliquait sa misogynie et son manque d’empathie, tout en me faisant appréhender ses comportements futurs.

C’est peu dire que d’affirmer que les parents élèvent leurs enfants dans une culture imprégnée d’images contradictoires sur ce que signifie être un homme ou une femme. Que faire dans ces conditions?

À l’époque où mes enfants étaient jeunes, j’ai entendu un jour mon garçon et ma fille se chamailler dans le salon. Celle-ci n’avait pas l’air d’aimer ce qui se passait et j’ai décidé d’aller y jeter un coup d’œil. Son frère l’avait clouée au sol et elle se démenait pour se dégager de son emprise. J’ai dit à ma fille : « Dis-lui de se relever avec toute la fermeté dont tu es capable » et à mon garçon : « Écoute ce qu’elle te dit et obéis ».

Toutes choses étant égales par ailleurs, ce genre de leçon ne peut se produire que dans un contexte propice, bien entendu. Statistiquement parlant, un enfant déjà victime de sévices sexuels est plus susceptible de subir une agression sexuelle, en particulier en l’absence de bonne thérapie. Les agressions et les meurtres effarants dont sont victimes les femmes autochtones forment une catégorie à part, marquée par le caractère profondément raciste de nos relations historiques avec les Premières nations.

Nous vivons dans une société qui nous juge responsables de nos choix en matière de santé, y compris de santé sexuelle, sans tenir compte des facteurs sur lesquels nous n’avons aucune emprise, comme les mauvais traitements, la pauvreté et le racisme. Or l’éducation parentale demeure l’un des principaux moyens de contrer le sexisme. Ce qu’on enseigne à la maison – ou pas – peut exercer une influence profonde sur la capacité de l’enfant à se forger une opinion malgré le déluge d’images sexistes et de violence sexuelle que véhiculent les médias.

Récemment, après le décès de cette jeune Indienne de 23 ans, des hommes se sont étendus de tout leur long dans la rue et réclamé une transformation des mentalités. Notre propre Campagne du ruban blanc a permis quelques avancées importantes, mais les statistiques indiquent que le fléau continue de sévir. En 2011, plus de 21 800 agressions sexuelles ont été signalées au Canada. Nous savons que ce chiffre ne représente que le dixième des agressions, qui sont le plus souvent commises par une personne de notre connaissance.

Voilà un obstacle profondément enraciné, parmi ceux qu’il nous faudra franchir dans notre quête d’égalité.

Écrivez-moi : springtalks1@gmail.com

Parlons sexualité avec Lyba

Des relations sexuelles fabuleuses
mer, 2013-01-09 13:02

Parlons sexualité - blogue

Par Lyba Spring

Vous arrive-t-il de regarder un film et d’être complètement fasciné(e) par une délicieuse scène de sexe languissante et langoureuse, ou une scène de sexe totalement débridée et torride qui vous donne envie de hurler à la lune en vous exclamant « C’est ça que je veux! »? 

Dan Savage, spécialiste chroniqueur des questions de sexe, dit que nous devons être des partenaires « attentifs, généreux et enthousiastes ». Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais à mon avis, quelques détails de plus seraient utiles.

Dans le cadre d’une recherche fort intéressante, un groupe éclectique de participant(e)s ont décrit ce qui fait qu’une relation sexuelle est fabuleuse.  J’ai dressé une liste des thèmes mentionnés dans ces entretiens, je l’ai sauvegardée puis j’en ai oublié l’origine. Ces thèmes sont :

  • la présence;
  • le lien;
  • l’intimité sexuelle et érotique profonde;
  • la communication;
  • la prise de risque mutuelle et l’exploration;
  • la sincérité;
  • la vulnérabilité;
  • la transcendance.

Voici donc mon interprétation personnelle de ces thèmes. Vous pouvez, si vous le souhaitez, consulter cette étude pour en comparer le contenu.

La présence : De nos jours, l’accent est mis sur l’importance d’être pleinement présent(e) dans toutes nos activités. Lorsque vous êtes avec une personne, ici et maintenant, et que cette personne est avec vous, votre présence crée les fondements de l’intimité physique et émotionnelle. Si vous êtes vraiment présents l’un(e) à l’autre, chaque geste que vous posez, chaque caresse que vous faites et chaque baiser que vous échangez vous font vibrer.

Le lien : La présence crée le lien puisque vous entreprenez un voyage ensemble. Bien que les sensations que nous éprouvions soient les nôtres, le lien que nous créons avec une autre personne nous permet d’apprécier, sur le plan sensuel, les sensations que notre partenaire vit.

L’intimité sexuelle et érotique profonde : Peu importe la simplicité ou la complexité du geste sexuel que vous posez, vous sentez peut-être que vous n’avez jamais vécu une expérience semblable avec une autre personne. Vous êtes totalement dans la sensation et le lien. Exciter un(e) partenaire peut être très érotisant. C’est comme éliminer des couches pour atteindre un état primaire.

La communication : Réfléchissez à ce qui vous allume. Pourquoi ces gestes vous excitent-ils? Communiquez cette information à votre partenaire. Lorsque votre partenaire vous demande de dire ou de faire certaines choses et que vous vous demandez pourquoi ces paroles et ces gestes, tentez de poser votre question avec un esprit  de curiosité plutôt qu’un esprit critique.

Prenons par exemple une situation dans laquelle vous souhaitez essayer quelque chose de nouveau, comme ajouter à votre répertoire sexuel un geste sexuel qui pourrait provoquer de fortes émotions. Selon un de mes collègues, « une communication de grande qualité dans un contexte où il y a des éléments de gêne et de souffrance peut révéler la présence d’une intimité profonde nourrie par des découvertes conjointes, des nouveaux plaisirs et la communication de désirs pouvant sembler tabous ».

La prise de risque mutuelle et l’exploration : Si votre partenaire suggère quelque chose ou initie une nouvelle position ou activité, la clé de cette exploration est la confiance. Si vous signifiez que vous êtes prêt(e) à vous engager dans cette voie, il importe de le faire clairement. En tirez-vous du plaisir? Sinon, vous pouvez peut-être faire quelque chose pour que l’expérience s’avère plus agréable. Si l’expérience vous déplaît et que vous souhaitez cesser, il importe de sentir que votre partenaire continue quand même de vous apprécier et de vous désirer, et inversement si vous suggérez quelque chose que votre partenaire rejette.

La sincérité : Vous ne faites pas du cinéma (même si vous filmez vos ébats pour en tirer un futur plaisir). Vous êtes aussi vrai(e) avec votre partenaire que vous le pouvez. Même si vous jouez des rôles, vous le faites avec cette partie de votre être que vous souhaitez partager avec lui(elle). Il est triste de voir que des gens feignent parfois un enthousiasme pour quelque chose qui ne leur procure pas de plaisir, soit par leur propre corps ou par le plaisir de leur partenaire.

La vulnérabilité : Soyez sensible au fait que cette activité des plus intimes peut engendrer une détresse physique ou émotionnelle ou de la joie. Si vous avez subi dans le passé un traumatisme sexuel ou émotionnel, votre partenaire doit vraiment tenir compte de vos blessures. Si vous avez un handicap et que vous devez faire confiance à votre partenaire pour qu’il(elle) vous aide et agisse avec délicatesse, vous vous placez dans un état de grande ouverture et de vulnérabilité, ce qui requiert de la confiance. Quiconque s’engage dans une activité sexuelle s’ouvre à l’autre, malgré ses inquiétudes concernant son physique et ses secrets liés aux parties les plus intimes de son corps. Baisser la garde et se montrer vulnérable à son(sa) partenaire est un cadeau inestimable.

La transcendance : La terre a-t-elle tremblé? Peut-être pas, mais quelle belle expérience que d’être dans son corps et présent(e) à son(sa) partenaire tout en vivant une nouvelle expérience, que ce soit un état spirituel ou un abandon si intense que vous vous sentez à la fois dans un autre monde et à la fois sur Terre.

Parlez-moi. Sans me tenir des propos orduriers, dites-moi si ce que j’ai écrit jusqu’à présent vous touche. Il y a tout un éventail de thèmes dont je veux traiter. Si certains sujets vous intéressent particulièrement, dites le moi.

springtalks1@gmail.com

Parlons sexualité avec Lyba

COLLABORATION SPÉCIALE - Déballer le grand débat sur la mammographie
mar, 2012-12-18 22:43

Par Cornelia J. Baines 

L’utilité du dépistage par mammographie fait l’objet, depuis la fin des années 1980, de vifs débats, en particulier en ce qui concerne les femmes de 40 à 49 ans. Et la polémique ne semble pas près de s’éteindre. Depuis 2000, une foule de recherches ont établi sans équivoque que le traitement influe bien davantage que la mammographie sur la réduction de la mortalité. Malgré tout, ses défenseurs persistent et signent. En septembre 2012, le Journal of Medical Screening (JMS) a publié un supplément dans lequel on conclut, sur la base de données européennes, qu’on ne pouvait mettre en doute les bienfaits du dépistage. Nous exposons ici les failles qui sous-tendent cette conclusion, en les situant dans le contexte ayant donné lieu à toute cette controverse, ce qui permettra de mieux les saisir. Nous retracerons le fil des événements jusqu’à l’année 2000, pour ensuite présenter une critique du message véhiculé par le JMS.

Depuis 2000, les nombreux inconvénients de la mammographie ont été fréquemment rapportés. Pour prévenir un seul décès par cancer du sein, il faut soumettre au dépistage 2 100 femmes âgées de 40 à 49 ans tous les deux ans pendant dix ans. Sur ce nombre, 700 recevront un résultat faussement positif, avec les mesures d’investigation et l’anxiété qui s’ensuivent; de 10 à 15 seront victimes de surdiagnostic et traitées inutilement. (Souffrant moi-même d’un cancer du sein, l’idée qu’on puisse subir une thérapie inutile me consterne.) Le point à retenir, c’est que contrairement aux attentes, le dépistage par mammographie n’a pas permis de réduire l’incidence future des cancers évolués, un prérequis en matière de dépistage réussi. Et les inconvénients sont indéniables.

La bonne nouvelle, c’est que même dans les pays sans programme de dépistage, les taux de mortalité liée au cancer du sein ont diminué au même rythme que chez les populations soumises à l’examen; cette baisse s’observe même chez les femmes dans la trentaine, qui n’y ont pas accès. Le message est clair : au cours des dernières décennies, les méthodes de traitement se sont tellement améliorées que le dépistage n’apporte plus grand-chose. Par contre, ses inconvénients sont indéniables.

Pourquoi alors continuer à défendre l’utilité du dépistage? Examinons l’histoire de son évolution.

À ses débuts, c’est-à-dire dans la deuxième moitié du vingtième siècle, le dépistage par mammographie a fait l’objet d’évaluations au moyen d’essais cliniques randomisés. Les femmes de chaque tranche d’âge ont été réparties aléatoirement en deux groupes, l’un assigné à subir une mammographie et l’autre pas (le groupe contrôle). Parmi toutes ces études, deux en particulier ont reçu beaucoup d’attention. 

Dans l’étude A, on a fait signer aux deux groupes un consentement éclairé. Dans l’étude B, on a considéré comme un consentement le fait de se présenter à l’examen de dépistage, mais le groupe contrôle n’était pas « éclairé ».

Dans l’étude A, les sujets ont été répartis aléatoirement. Dans l’étude B, on a réparti aléatoirement des groupes de sujets.

Dans l’étude A, on a comparé la mammographie à l’absence d’intervention chez le groupe des 40 à 49 ans et, chez le groupe des 50 à 59 ans, comparé la mammographie associée à un examen clinique des seins à cette dernière intervention seule. Dans l’étude B, on a comparé la mammographie à l’absence d’intervention.

Dans l’étude A, 100 % des sujets ont participé au premier examen de dépistage. Ce ne fut pas le cas dans l’étude B.

Dans l’étude A, on a recueilli annuellement des données démographiques et médicales détaillées sur les deux groupes pour toute la durée du projet de recherche. Dans l’étude B, on n’a relevé que l’âge des sujets au début du projet.

Dans l’étude A, on a proposé quatre à cinq séances de dépistage. Dans l’étude B, de deux à quatre seulement.

Dans l’étude A, on a réalisé une mammographie à deux incidences. Dans l’étude B, il s’agissait d’une mammographie à une incidence.

Dans l’étude A, les sujets ont subi un examen tous les 12 mois. Dans l’étude B, tous les 24 à 33 mois.

Dans l’étude A, le premier dépistage a révélé un nombre inférieur de cancers et un taux de détection supérieur par rapport à l’étude B.

Dans l’étude A, les données sur les résultats comme les cancers et les décès ont fait l’objet de divulgations régulières; dans l’étude B, elles n’ont été publiées qu’en 2011.

Dans l’étude A, toutes les mammographies ont fait l’objet d’une contre-vérification indépendante en se fondant sur un échantillon aléatoire stratifié; dans l’étude B, on ne mentionne aucune précaution de ce genre.

Dans l’étude A, toutes les biopsies ont fait l’objet d’une contre-vérification indépendante, ce qui n’a pas été le cas pour l’étude B.

Dans l’étude A, toutes les causes de décès ont fait l’objet d’une contre-vérification indépendante en vue de repérer les cas confirmés ou probables de cancer du sein. Dans l’étude B, la méthode utilisée a été publiée 26 ans après la divulgation des premiers résultats.

Il se trouve que les responsables de l’étude B annoncèrent à l’époque que la mammographie réduisait substantiellement les décès par cancer du sein chez les femmes de 40 à 74 ans, ce qui a réjoui le monde entier. Paradoxalement, la même étude révélait aussi un taux de surmortalité de 26 % dans le groupe des 40 à 49 ans soumis au dépistage, mais on le passa sous silence. L’étude A n’avait révélé quant à elle aucun bienfait du dépistage chez les 50 à 59 ans, ce qui sema le désarroi dans le monde entier. On dénonça haut et fort le taux excessif de mortalité chez les femmes de 40 à 49 ans (révélé dans l’étude B). On jugea que l’étude A (l’Étude nationale sur le dépistage du cancer du sein au Canada) comportait des failles; l’étude B (Swedish Two-County Trial) fut louangée et ses conclusions amplifiées. Tabár le prophète (auteur de celle-ci) s’empressa alors de fonder la société Mammography Education Incorporated et de clamer pendant 30 ans que « la mammographie sauve des vies ». Notre vénéré prophète se mit à prêcher son évangile, en échange d’honoraires substantiels, dans de luxueux hôtels situés dans de hauts lieux du tourisme; ses nouveaux disciples se chargèrent à leur tour de répandre la bonne nouvelle. De grandes sociétés comme GE et Siemens (fabricants d’appareils de mammographie) lui donnèrent leur bénédiction et versèrent de larges sommes à l’American College of Radiology afin de propager le message. La peur du cancer du sein devint si grande chez les femmes qu’elles adhérèrent rapidement au nouveau credo. D’autres ont emboîté le pas, comme les chirurgiens et les pathologistes; grâce à la nouvelle doctrine, ils n’allaient pas manquer de travail!

Si on rassemble les données de toutes les études qui ont comparé la mammographie à l’absence de dépistage, on constate une réduction de 15 % de la mortalité par cancer du sein chez les femmes de 50 à 69 ans. Or les Nord-Américaines âgées de 40 à 49 ans ont elles aussi revendiqué l’accès au dépistage. Les radiologues ont même convaincu le Sénat américain que ce groupe n’en méritait pas moins, malgré l’opinion éclairée de spécialistes sans parti pris sur le sujet. Parmi ceux qui n’appuyaient pas le dépistage mammographique chez les femmes de 50 ans et moins figuraient : le Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs (autrefois le Groupe d’étude canadien sur l’examen médical périodique); le Canadian Workshop Group (réunissant la Société canadienne du cancer, le ministère de la Santé nationale et du Bien-être social de l’époque et l’Institut national du cancer du Canada); le U.S. Preventive Services Task Force; l’American College of Physicians; le U.K. Forrest Report; l’Union internationale contre le cancer; l’European Group for Breast Cancer Screening; la New Zealand Cancer Society; et la British Medical Association.

Réagissant à la vague actuelle de recherches confirmant que la mammographie présente des bienfaits moindres que prévu, les apôtres du dépistage se démènent aujourd’hui pour défendre leur point de vue, ce qui n’étonnera personne. Leur effort le plus récent concerne un supplément du Journal of Medical Screening (JMS), dans lequel on présente les conclusions du groupe de travail EUROSCREEN (ESWG). Or, lorsqu’une polémique fait rage, il importe de scruter les messagers aussi soigneusement que le message. Le facteur d’impact du JMS est faible, si on le compare à ceux du Journal of the National Cancer Institute (13,757), Annals of Internal Medicine (16,7), New England Journal of Medicine (51), Lancet (33,797) et BMJ (14,093). Dans ce cas, pourquoi avoir choisi une revue aussi peu cotée?

Le message prodépistage véhiculé par le JMS a été louangé par AuntMinnieMobile, une entité en ligne qui propose « des nouvelles, des ressources pédagogiques... et de l’information s’adressant aux radiologues, aux technologues, aux administrateurs et aux professionnels de l’imagerie médicale ». AuntMinnieMobile est commandité « en partie » par Philips Santé, fabricant d’appareils d’imagerie.

« Les chercheurs ont démontré que la mammographie réduisait de 48 % le taux de mortalité chez les femmes soumises à l’examen. Qui plus est, l’étude révèle que le nombre de femmes dont la vie a été sauvée est deux fois supérieur au nombre de "surdiagnostics" ou de femmes chez qui on a détecté un cancer susceptible de ne jamais engendrer de symptômes ni de menacer leur vie. » (Lettre de l’éditeur, 13 septembre 2012 letters@auntminnie.com).

Avec de tels résultats, affirme l’éditeur, la polémique entourant le dépistage est bel et bien derrière nous! 

Pourtant, selon ce qu’affirment des comités d’experts objectifs, le dépistage mammographique est bien loin d’être associé à une réduction de 48 % du taux de mortalité; de plus, le nombre de surdiagnostics dépasse largement le nombre de décès évités. Comment expliquer l’écart énorme entre les conclusions de l’ESWG et celles de comités comme le Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs? Pour faire court, rappelons que tant l’ESWG que le JMS sont dominés par les défenseurs du dépistage; les comités objectifs, à l’opposé, réunissent un éventail de compétences et laissent peu de place aux conflits d’intérêts.

Un examen attentif du JMS nous apprend beaucoup de choses.

  • Son rédacteur en chef (ND) cosigne des articles avec Tabár depuis des années (Two-County Trial).
  • SD, membre du comité éditorial du JMS, a cosigné par le passé plusieurs articles avec Tabár et fut coordonnateur de l’ESWG. Il a agi à titre de directeur scientifique invité du supplément et coordonnateur du comité scientifique; deux articles sur huit sont signés par lui.
  • SM, membre du comité éditorial du JMS et de l’ESWG, signe trois articles.
  • AKH, membre du conseil d’administration de la revue, signe l’éditorial.
  • Un membre de l’ESWG (MB) a agi à titre de coordonnateur du comité scientifique; il signe quatre articles.

On constate ici un chevauchement évident des rôles. 

Pour finir, quelles sont les failles du message du JMS, en quelques mots? 

  • On n’y mentionne pas les études démontrant que la mortalité par cancer du sein a diminué malgré l’absence de dépistage, même chez le groupe des « trop-jeunes-pour-subir-une-mammographie ».
  • Le surdiagnostic est un problème beaucoup plus répandu que ce que laisse croire le JMS. D’après un rapport récent publié dans le New England Journal of Medicine, plus d’un million de femmes aux États-Unis en ont été victimes depuis 30 ans.
  • On passe entièrement sous silence le risque accru (20 %) de mastectomie lorsque les cancers sont détectés par mammographie.
  • On exagère les avantages du dépistage. Des études cas/témoins qui amplifient faussement les bienfaits du dépistage sont comprises dans l’analyse de l’ESWG, alors qu’on considère depuis longtemps qu’il s’agit d’une méthode biaisée et inadéquate.
  • L’indicateur de mortalité fondé sur les données d’incidence* répartit la mortalité en fonction du dépistage et contribue à en gonfler les avantages. « Il faut interpréter avec prudence les résultats (fondés sur cette méthode), puisque certains facteurs comme le biais lié à l’intervalle de latence peuvent influer sur l’analyse, ce qui n’est pas le cas généralement avec la mortalité établie à partir des certificats de décès. »
  • L’intervalle de latence (soit la détection précoce, qui prolonge rétrospectivement la période de survie) et le surdiagnostic amplifient tous deux faussement les bienfaits de la mammographie.
  • Le JMS rapporte une réduction de la mortalité de 48 % chez les femmes qui ont subi le dépistage; on compare inadéquatement des sujets à faible risque de décès présents à l’examen (biais de sélection**) à des sujets absents, dont le risque de décès est supérieur. Pour être valable, une comparaison exige deux populations semblables, soit une première à qui on propose un dépistage et une deuxième à qui on ne propose rien, chacune comportant des participants et des non-participants.
  • La possibilité de conflit d’intérêts est manifeste.

Les femmes ont le choix : se réjouir qu’on leur transmette un message qu’elles veulent bien entendre ou se demander si celui-ci ne servirait pas des intérêts autres que les leurs.

*« incidence-based mortality (IBM) ».

**« healthy screenee effect ».

 

Cornelia Baines, M.D., M.Sc., FACE, a été cochercheuse principale et directrice adjointe de l’Étude nationale sur le dépistage du cancer du sein au Canada, un important projet de recherche auquel ont participé 90 000 Canadiennes dans les années 1980. Depuis ce temps, elle suit avec attention l’actualité scientifique sur le dépistage et ses résultats. Elle a participé également à des projets de recherche sur les implants mammaires en silicone et la polysensibilité chimique. Mme Baines est aujourd’hui professeure émérite à la Dalla Lana School of Public Health à Toronto.

Sans détour

Les unions monogames
dim, 2012-12-16 00:13

Parlons sexualité - blogue

Par Lyba Spring 

Récemment, dans une entrevue à la radio, un sexologue disait que flirter avec d’autres personnes pourrait être un ajout positif dans une relation monogame si les individus du couple ont confiance en eux-mêmes et en la relation. Le flirt peut être une source d’excitation dans un couple et stimuler le romantisme et l’intimité. Il peut être perçu comme complémentaire (quelqu’un est intéressé(e) à mon(ma) partenaire, ce qui signifie que j’ai choisi un(e) partenaire désirable), ou il peut être une source de stress, une autre raison pour se quereller ou s’inquiéter.

Nous prenons parfois pour acquis que les partenaires d’unions monogames ne vivent pas d’expériences extraconjugales. Mais cela dépend de « l’entente » qu’ils(elles) ont établie. Cette entente peut être : Nous ne vivons pas d’expériences extraconjugales. Nous en vivons mais nous le disons à notre partenaire. Nous en vivons mais nous partageons aussi tous les détails pour notre plaisir mutuel. Nous en vivons, mais nous avons des pratiques sexuelles sans risque. Toutes ces options peuvent fonctionner, en autant que vous établissez une entente au préalable. Dan Savage, un chroniqueur américain sur des questions de sexe, aime utiliser le terme « monogamish » [généralement monogames] pour les couples qui sont surtout monogames.

Les adolescents et les jeunes adultes ont tendance à s’engager dans des unions monogames successives, c.-à-d. une union avec un(e) partenaire pendant un certain temps, suivie d’une rupture, d’une période de deuil, puis d’une nouvelle relation.

Il y a d’autres types de relations à long terme qui ne sont pas monogames.

Deux articles ont été publiés dans des parutions récentes de la revue The Canadian Journal of Human Sexuality, qui portaient sur le sujet des relations sexuelles fortuites (RSF). Elles étaient identifiées sous les termes de « histoires d’un soir, rendez-vous d’un soir, amitiés sexuelles, amitiés particulières ».  Les RSF sont très fréquentes chez les jeunes adultes. Je n’ai pas lu d’études sur d’autres groupes d’âges, mais je peux vous assurer qu’elles sont vécues à tout âge, de l’adolescence au vieil âge. 

Les articles soulignaient deux points importants, surtout pour les jeunes adultes : la nécessité de se protéger émotionnellement et de se protéger physiquement. Pour ce qui est de se protéger émotionnellement, les études examinaient le désir des participant(e)s d’accéder à un niveau d’intimité supérieur dans une relation, et leur intention de s’engager dans une autre relation sexuelle fortuite lorsqu’une liaison se termine. Il n’est pas surprenant de constater que les femmes affichent un pointage plus élevé à la première question et plus faible à la deuxième question. 

En examinant  les règles et les scénarios de ces relations, l’article s’est penché sur une deuxième préoccupation. S’il est clair que vous n’êtes pas le(la) seul(e) partenaire de votre partenaire, vu la prévalence de certaines infections transmissibles sexuellement (ITS), vous pouvez négocier l’utilisation d’une méthode obstructive et vous soumettre à un dépistage pour votre propre protection. Si vous ne discutez pas des autres partenaires, vous vous exposez à des risques.

Les relations sexuelles fortuites ne constituent pas le seul mode relationnel alternatif à long terme. Il y a également les relations polyamoureuses, ce que nous appelions jadis les relations « ouvertes ». Dans le cadre de ma pratique clinique, j’ai constaté (de façon anecdotique) que les gens qui étaient engagés dans des relations avec plus d’une personne, dans lesquels les partenaires étaient au courant et consentant(e)s, avaient tendance à être beaucoup plus prudents que tout autre groupe pour ce qui est de la protection physique (méthode obstructive et dépistage).

Il y a aussi les « échangistes », ou les couples qui « jouent ».

Toutes ces options sont viables quand les gens sont honnêtes, communicatifs et ouverts.

En l’absence de franchise et de confiance, la jalousie peut s’immiscer. Je citais souvent Maya Angelou à des étudiant(e)s quand j’abordais la question de la jalousie. C’est comme le sel. Une petite quantité ajoute de la saveur, mais une quantité excessive peut vous causer du tort et même vous tuer. Lorsque vous commencez à fouiller dans l’ordinateur ou le téléphone de votre partenaire, c’est comme le scénario classique de fouiller dans leurs proches, d’examiner et de sentir leurs vêtements pour trouver des indices. Peu importe les règles que vous avez établies à l’origine, si vous pensez que l’un(e) de vous les a brisées, vous devez régler le problème dès maintenant, ou mettre fin à la relation. Il n’y a aucune garantie en amour, il y a seulement le désir d’interagir de façon honnête.

Parlez-moi : springtalks1@gmail.com

Parlons sexualité avec Lyba

Le sexe après l’accouchement
mer, 2012-11-28 19:09

Parlons sexualité - blogue

Par Lyba Spring

Après la naissance de mon premier bébé (un travail qui a duré 18 heures plus une épisiotomie sans anesthésie), je pensais que je ne laisserais plus personne m’approcher, pas même moi. Uriner ou aller à la selle était devenu impensable. Et pourtant, nous continuons d’uriner, d’aller à la selle et d’avoir des relations sexuelles. Comment la vie reprend-t-elle son cours normal?

Chaque femme, chaque accouchement et chaque bébé ont leurs caractéristiques propres, et la situation conjugale de chaque femme au moment de l’accouchement varie. Voici donc quelques commentaires généraux sur la sexualité après la venue de bébé.

Peu importe si l’accouchement est « facile » ou difficile, chaque femme a besoin d’un temps de convalescence après cette expérience. Pour celles qui subissent une césarienne, ce temps sera évidemment plus long, puisqu’il s’agit d’une chirurgie importante. Immédiatement après la naissance, les besoins de bébé sont nombreux. Quiconque a entendu un nourrisson pleurer peut en attester. Si vous avez un ou une partenaire, il ou elle doit faire preuve de compréhension. Vous êtes fatiguée, vous allaitez et votre vagin (pendant la période de convalescence) a tendance à être sec. Pour toutes ces raisons, votre libido est reléguée au second plan.

Il se peut que vous ne vous sentiez pas particulièrement belle. Certaines femmes se sentent peu désirables pendant leur grossesse, d’autres se sentent très sexuelles. Si vous allaitez, il se peut que vous vous sentiez plus proches d’autres mammifères que de tout être humain, à l’exception de votre bébé. Vous avez probablement une « surdose de contact physique » et vous voulez reprendre possession de votre corps.

Ceci dit, si vous avez un ou une partenaire et que vous voulez qu’il ou elle reste dans votre vie pendant que vous vivez cette importante période d’ajustement, il faut faire place à la tendresse. Toutes et tous en ont besoin.

Idéalement, jusqu’à l’accouchement, vous viviez une interaction intime avec votre partenaire, peut-être sous forme de mots d’amour, de doux baisers, de tendres étreintes ou d’autres manifestations affectives. Certaines femmes enceintes préfèrent des relations sexuelles avec les doigts ou un cunnilingus à d’autres activités vaginales, surtout lorsqu’elles sont près d’accoucher. Pour d’autres, toute forme de contact physique peut avoir cessé bien avant l’accouchement.

Dans un tel cas, il se peut que ces femmes mettent un certain temps avant de retrouver l’envie de faire l’amour.  Vous pouvez commencer par vous rappeler les raisons qui ont fait que vous souhaitiez avoir un enfant avec cette personne (s’il s’agissait d’une grossesse voulue, bien sûr). Vous devrez établir à nouveau un certain contact physique avec votre partenaire en vue de retrouver dans l’avenir une intimité sexuelle.

Lorsque vous sentez que vous vivez un rapprochement qui vous mènerait peut-être à faire l’amour, vous devez procéder très lentement. Si vous voulez offrir à votre partenaire du plaisir sexuel, c’est le moment de revisiter votre répertoire de caresses. Utilisez vos mains, vos seins, votre bouche ou quoi que ce soit qui pourrait être agréable pour amener votre partenaire dans un état de plaisir. Si un jour vous avez envie que votre partenaire touche vos organes génitaux, touchez-vous d’abord. Voyez comment vous vous sentez. Allez-y lentement. Pouvez-vous insérer un doigt sans que ce soit douloureux? Le lubrifiant est-il tout près?

Si vous voulez que votre partenaire vous touche, montrez-lui la façon de le faire, comme au début de votre relation, et dites clairement : « J’aime cela. J’aime moins cela. Aaaah, c’est vraiment bon. » Et tout comme c’est le cas pour le sexe anal, votre vagin a besoin d’accueillir au début quelque chose de petit.

Certaines personnes se sentent à l’aise de faire l’amour en la présence de bébé dans la chambre, et même dans le lit. D’autres peuvent mieux se concentrer sur leur plaisir et sur celui de leur partenaire s’ils n’ont pas à s’inquiéter que bébé se réveille. Donc, même si les besoins de votre nourrisson ne se manifestent pas encore à des horaires fixes, essayez de déterminer à quel moment de la journée vous pouvez être en tête-à-tête. Vous serez peut-être obligés de vous fixer un rendez-vous, confier bébé à une gardienne et prendre du temps pour vous redécouvrir.

Si vous allaitez à plein temps, il se peut que vous n’ovuliez pas pendant plusieurs mois. Si vous n’allaitez pas, vous pourriez tomber enceinte six à sept semaines après l’accouchement. Si votre partenaire est un homme, cela signifie que vous devez trouver une façon d’éviter une deuxième grossesse qui serait trop rapprochée de la première.

Dans un futur article, je parlerai de méthodes de contraception. D’ici là, faites-moi part des sujets que vous souhaitez que je traite dans mon blogue. Écrivez-moi à l’adresse : springtalks1@gmail.com.

Parlons sexualité avec Lyba

Une éducation favorisant une santé sexuelle chez les enfants – 2e partie
jeu, 2012-11-08 15:02

Parlons sexualité - blogue

Par Lyba Spring

Je vous souhaite la bienvenue une fois de plus et je vous remercie de vos commentaires.

Dans le cadre des ateliers sur les compétences parentales, nous explorons des questions qui peuvent être posées et les réponses possibles. Voici quelques exemples de réponses que vous pouvez donner à des enfants âgés de 3 à 9 ans.

Maman, pourquoi saignes-tu?

Même si vous fermez la porte au moment de changer votre serviette sanitaire ou votre tampon ou de laver votre coupe menstruelle, les enfants de trois ans ne comprennent pas encore la notion d’intimité. Généralement, on suggère dans une telle situation de répondre simplement à la question. Mais dans un tel cas, vous voudrez peut-être répondre à la question qui n’est pas posée : Tu t’es fait mal?

« Chérie, ce n’est pas une coupure. Je ne me suis pas fait mal. Le sang vient de l’intérieur et cessera de couler dans quelques jours. C’est normal. »

Évidemment, cette réponse ne répond pas à la question : Pourquoi?  Jusqu’à récemment, je répondais Parce que mon corps me montre que je ne vais pas avoir de bébé. Mais cela ne couvre pas toutes les situations qu’une femme peut vivre.

De la même manière, la question D’où viennent les bébés? peut vous placer en terrain miné. Le livre de Cory Silverberg, What Makes a Baby? [Comment fait-on des bébés] (en anglais), s’adresse à toutes et tous, peu importe la façon dont l’enfant a été conçu. Les parents LGBT qui ont recours à la procréation assistée ou l’adoption appréciera la façon dont l’auteur laisse aux parents la possibilité d’étayer la réponse, tout en donnant des explications de base sur le sperme et l’ovule.

Certaines personnes aiment amorcer leur explication avec la question : D’où penses-tu qu’ils viennent? pour faire le tri des bonnes et des mauvaises perceptions de l’enfant. Selon mon expérience, pour un enfant de trois ans, la réponse généralement acceptable est Ils poussent à l’intérieur du corps de maman. Si la prochaine question est Où?, une réponse possible pourrait être Dans un endroit spécial appelé l’utérus.

Comment le bébé entre à l’intérieur?

Il pousse à partir de quelque chose de très petit.

Ah….?

Pour faire un bébé, il faut quelque chose d’un homme et quelque chose d’une femme.

Quand vous arrivez à la partie où le sperme et l’ovule doivent se rencontrer, vous disposez d’autres choix que d’envoyer votre enfant au lit ou d’appeler votre meilleure amie. Certains parents qui expliquent en quoi consiste une relation sexuelle par voie vaginale pourraient mettre l’accent sur la notion de choix et de consentement. Certains parleront d’amour. D’autres parleront de normes liées au mariage. Quelle que soit l’approche, il importe d’être clair tout en évitant les détails graphiques. Nombre de parents préfèrent raconter une histoire à la troisième personne. Il se peut qu’un enfant biologique ne souhaite pas avoir de telles images dans sa tête.

Pourquoi l’homme dans le parc voulait-il me montrer son pénis?

Une fois de plus, il se peut que vous deviez attendre d’avoir pris les mesures qui s’imposent dans une telle situation.

Il ne devait pas faire ça. Tu n’as rien fait de mal, mais nous devons appeler la police. Te rappelles-tu de ce qu’il avait l’air?

Une fois la poussière retombée, l’explication ne doit pas suggérer que l’homme est atteint d’une maladie mentale. Nombre de parents disent : Cet homme est malade, ce qui est statistiquement faux. Il fait ça parce que ça lui donne du plaisir est une réponse plus exacte. Mais les gens ne peuvent pas faire tout ce qui leur donne du plaisir, surtout quand ça fait du mal aux autres. 

Pourquoi les filles n’ont pas de pénis? était une question choc avant que nous prenions conscience des variantes chez les sexes. Une bonne réponse est : Les filles ont quelque chose de semblable à un pénis, mais on peut juste en voir le bout et elles ne font pas pipi par là. Pour certaines d’entre nous, c’est une occasion de faire l’éloge du clitoris. (Personnellement, je m’étendais sans fin sur les merveilles de cet organe.)

J’ai promis de parler de la question Quand puis-je avoir des relations sexuelles?, qui est généralement posée lorsqu’un enfant entre au stade de la puberté. La réponse dépend vraiment de vos valeurs. Les réponses suivantes pourraient-elles ressembler aux vôtres? 

Aux filles qui semblent intéressées par les relations sexuelles avec des garçons :

Tu peux avoir des relations sexuelles quand ton corps est prêt et que tu es capable de protéger ton corps. Ce qui veut dire attendre d’avoir environ 18 ans et de te protéger à chaque relation.

À un enfant :

Tu pourras avoir des relations sexuelles quand tu pourras parler ouvertement et librement avec ton ou ta partenaire de tes sentiments, des risques et de ce que vous feriez s’il y avait un problème.

Tu pourras avoir des relations sexuelles quand tu seras marié(e).

Ça dépend ce que tu veux dire par « relations sexuelles ». Il y a des gestes sexuels que tu peux poser qui sont sans risque et d’autres qui comportent de grands risques.

C’est une bonne occasion de commencer à réfléchir sur la vie sexuelle que vous espérez pour votre enfant et sur le type de discussions qui les conduira à la maturité sexuelle de façon sécuritaire.

Faites-moi part des sujets que vous souhaitez que je traite sur mon blogue. Écrivez-moi à l’adresse : springtalks1@gmail.com.

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