La désinfection et ses répercussions en aval

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Publication Date: 
jeu, 2010-09-30

L’exposition sexospécifique aux PPCP
Il est difficile de déterminer le degré d’exposition de chaque sexe aux PPSP dans l’eau potable, vu la rareté des données générales acquises sur leur présence dans l’environnement et des données sexospécifiques en particulier. Les femmes boivent-elles plus d’eau que les hommes, ou moins? Leur répartition géographique (sans aucun doute un facteur influant sur la qualité de l’eau) est-elle la même? Les réponses à ces questions nous fourniraient un meilleur éclairage sur les différences entre les sexes en matière d’exposition. Un sujet sur lequel nous possédons quelques données est celui de l’exposition des femmes enceintes aux PPSP dans l’eau potable. Par exemple, la recommandation voulant que les femmes enceintes boivent deux litres d’eau par jour pourrait se traduire, si elle est suivie, par une exposition à un plus grand nombre de contaminants par rapport à une personne qui en consommerait moins pendant la même période. Une étude avance en effet que la directive des deux litres quotidiens pourrait exposer une femme enceinte à cinq médicaments qui inquiètent particulièrement.

Les effets sexospécifiques sur la santé des PPSP présents dans l’eau

De nombreux PPSP sont considérés comme des perturbateurs endocriniens; c’est le cas des contraceptifs oraux, des hormones, des antiépileptiques, des anti-inflammatoires, de certains antidépresseurs, des filtres à ultraviolet et des muscs synthétiques. À ce stade, les données concernant les effets sexospécifiques des PPSP sur la santé proviennent en majorité de recherches qui ont examiné l’impact des perturbateurs endocriniens sur les espèces aquatiques. La féminisation des poissons mâles est l’une des observations courantes rapportées dans ces études. Ce phénomène se caractérise par un développement testiculaire limité et la production d’œufs immatures dans les testicules. Après avoir versé de faibles concentrations d’éthinylestradiol dans un lac du Nord ontarien, par exemple, des chercheurs ont constaté que les têtes-de-boule mâles se sont féminisés et que la production des œufs chez les femelles s’est modifiée, ce qui a provoqué la disparition presque totale de cette espèce dans le lac en question. Le cas des poissons intersexués retient l’attention, car les transformations observées sont comparables aux effets relevés chez l’être humain, par exemple au syndrome de Klinefelter. La recherche sur les pesticides et sur les contaminants industriels pourrait fournir des indices pour tenter d’expliquer le phénomène. Elle laisse envisager que l’exposition intra-utérine et infantile à des composés considérés comme des perturbateurs endocriniens pourrait effectivement avoir des effets sexospécifiques sur la santé.

Pourquoi s’inquiéter s’il ne s’agit que de traces?

Les concentrations de n'importe quel médicament présent dans le milieu aquatique sont très faibles lorsqu’on les compare à la dose thérapeutique quotidienne prescrite. C’est ce qui amène certains analystes à conclure que les traces détectées dans des échantillons d’eau potable au Canada posent un risque négligeable pour la santé humaine, « puisqu’il faudrait qu’une personne consomme des milliers de verres d’eau par jour avant de dépasser la limite quotidienne acceptable ». Or la recherche menée sur cette classe de substances appelées modulateurs endocriniens suggère toute autre chose.

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