Qu’elles travaillent en entreprise ou à domicile, les femmes qui font partie de la population active rémunérée apportent un revenu essentiel à leur famille. La capacité qu’elles ont de continuer ou de reprendre un travail rémunéré dépend en grande partie de la façon dont leurs préoccupations sont prises en compte en période d’atténuation des dégâts. Si, par exemple, les responsables des décisions ne considèrent pas la garde des enfants comme une priorité, nombre de femmes ne peuvent reprendre leurs activités d’emploi.
Les femmes dont le travail est de fournir des secours d’urgence font face à des problèmes bien particuliers. Après la crise du SRAS à Toronto, les infirmières ont raconté avoir reçu de l’équipement qui n’était pas adapté à leur morphologie. Les femmes militaires ont également exprimé le sentiment de s’être senties tiraillées dans tous les sens. D’un côté, elles voulaient faire leur travail et de l’autre, elles se faisaient du souci pour leur famille et ce, plus que les hommes occupant les mêmes postes dans l’armée. La politique et les pratiques des ressources humaines en situation d’urgence devraient être conçues pour tenir compte des responsabilités familiales de l’employé et garantir que les femmes et les hommes disposent d’un congé pour raisons familiales, des services de gardiennage appropriés pour les enfants et les personnes âgées, et la possibilité d’avoir un emploi à temps partiel ou une période de repos.
Les femmes dans la communauté
Bien qu’ils soient, à bien des égards, utilisés au maximum, les centres de ressources, les cliniques de santé communautaires, les foyers de transition et les refuges d’urgence ont du personnel et des leaders qui réfléchissent efficacement en temps de crise. Ils disposent de réseaux avec des organismes associés et connaissent les besoins des femmes qu’ils desservent. En planifiant davantage, et à plus grande échelle, ces organismes peuvent se préparer pour les situations d’urgence et les désastres, notamment en s’informant des procédures d’urgence à l’échelle locale et du rôle et des responsabilités des diverses autorités de secours d’urgence à différents paliers.
En dehors des mesures de prévention ordinaires pour la santé et la sécurité au travail, une planification spécifique est importante, notamment en raison du fait qu’en cas de désastre ou d’urgence, les femmes pourraient se tourner vers un centre de ressources où elles se sentiraient en sécurité et où elles seraient connues. En même temps, les planificateurs d’urgence pourraient tirer grand profit des compétences, des connaissances et des réseaux des organismes communautaires.
Comprendre ce dont les femmes ont besoin et ce qu’elles peuvent faire
L’absence d’analyse comparative entre les sexes et l’intérêt limité des connaissances actuelles sur le rôle des femmes en situation de désastre ne permettent pas aux planificateurs d’urgence à l’échelle nationale et locale de mettre sur pied des plans universels qui soient appropriés et économiques. En d’autres termes, une analyse comparative entre les sexes fournit des renseignements cruciaux pour planifier les réponses aux questions clés, comme l’attitude des femmes pendant une évacuation, la reprise économique à long terme et la prévention de la violence. En effet, les droits de la personne ainsi que le rétablissement de la population entière peuvent être menacés en temps de crise, lorsque l’égalité entre les sexes ne fait pas partie de la culture organisationnelle des intervenants d’urgence et que leurs outils d’intervention ne tiennent pas compte des rapports sociaux entre les sexes.
Planifier en ayant à l’esprit les différences entre les sexes ne signifie pas « d’ajouter des femmes et de remuer ». Cela suppose une nouvelle façon d’aborder la gestion des situations d’urgence qui considère les femmes et les hommes comme des partenaires à part entière dans la gestion du risque. L’important est d’apprendre à poser les bonnes questions, puis rechercher les données, l’information, les connaissances et les perspectives nécessaires pour trouver les réponses auprès des membres de la communauté.
À toutes les étapes du cycle d’un désastre, les responsables des décisions et les intervenantes et intervenants ont besoin d’éléments probants qui tiennent en compte : les différences entre les hommes et les femmes au cours de la vie; les différences au sein de différentes populations de femmes; les changements de tendances et des schémas nationaux pertinents; et l’application de mesures nécessaires à l’état de préparation, l’atténuation des dégâts et l’adaptation, les interventions et la reprise des activités pendant et après un désastre. Il existe déjà des bases de données qui peuvent fournir des renseignements importants pour la planification, comme le taux de femmes de divers groupes d’âge qui sont reconnues comme étant à risque (les jeunes, les personnes âgées) ou le taux de femmes qui possèdent un langage fonctionnel ou un niveau d’alphabétisation limité.
En plus de recueillir des statistiques, les responsables de la planification doivent connaître la façon dont la vie quotidienne des femmes est façonnée par les différences et les inégalités entre les sexes, à toutes les étapes du cycle de la planification des désastres. La première chose à faire pour comprendre le rôle que joue le sexe au cours d’un désastre est de « voir » et de comprendre de ce que font les femmes et les filles et où elles se trouvent au quotidien. Ces mêmes responsables doivent également adopter le point de vue des droits de la personne à la gestion des désastres, car sans cet engagement, ils risquent de ne pas cerner les inégalités fondées sur les rapports de force entre hommes et femmes et de ne pas y réagir.
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