Recension de film - Programmed to be Fat

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Publication Date: 
mec, 2012-08-15

Recension de film

Programmed to be Fat
Un documentaire réalisé par Bruce Mohun.
Écriture du scénario : Bruce Mohun et Helen Slinger. Production : Sue Ridout, Helen Slinger et Sara Darling pour les Productions Dreamfilm, avec le concours de la CBC.

Par Alex Merrill

Qu’est-ce qui cause l’obésité? Pourquoi le taux d’obésité a-t-il presque doublé en 30 ans? Et comment éviter la crise mondiale qui se profile à l’horizon en raison de la progression des taux de diabète associés à l'obésité? Les organismes de santé s'interrogent sur ces questions à plusieurs milliards de dollars, non seulement dans les pays riches, mais aussi dans les pays en développement – partout où l’on a adopté un mode de vie occidental.

Malgré les prétentions farfelues de l'industrie de l’amaigrissement, il n'existe pas de solution miracle. Les stratégies actuelles en matière de prévention de l’obésité bombardent les gens avec des messages leur disant qu'ils sont trop gros et qu’ils devraient contrôler leur alimentation et faire davantage d'exercice. Or les campagnes qui cherchent à blâmer et à couvrir de honte les personnes de forte constitution ratent complètement leur cible, et à fort prix. La prévention de l'obésité, on s’en rend compte peu à peu, ne se résume pas à calculer les calories ingérées et dépensées. Il s’agit d'une équation complexe, où plusieurs facteurs entrent en jeu : la pauvreté; les « géants » de l'alimentation qui proposent des produits gras, salés et bourrés d'additifs; notre mode de vie sédentaire, ainsi que nos environnements de travail.

S'ajoute à ces éléments un facteur inédit qui pourrait expliquer pourquoi notre espèce est en voie de devenir obèse : les produits chimiques auxquelles nous sommes exposés au quotidien. Un nouveau documentaire intitulé Programmed to be Fat [L’obésité programmée], présente des résultats de recherche qui donnent à penser que ces substances s'infiltreraient dans l'organisme des femmes enceintes et qu’elles « programmeraient » le fœtus à souffrir d’embonpoint ou d’obésité à l’âge adulte. Réalisé par Brian Mohun, le film a été présenté sur les ondes de la CBC le 12 janvier dernier à l'émission The Nature of Things.

Brian Mohun présente les travaux de scientifiques qui ont découvert l’existence d’un lien entre l'obésité et un ensemble de substances appelées « obésogènes ». Dans des études séparées, ceux‑ci ont découvert que certaines substances présentes dans notre environnement immédiat pouvaient perturber notre système endocrinien (hormonal), et ce, même si elles s’y trouvent en très petites quantités. Les obésogènes « feraient croire » à notre organisme qu'ils sont des hormones naturelles. Les chercheurs pensent que ce phénomène pourrait affecter le développement du fœtus et le prédisposer à un poids excessif à la naissance, à souffrir d'embonpoint ou d'obésité plus tard dans la vie et à développer un diabète. Selon la formule employée par l’un d’entre eux, « ces substances indiqueraient aux gènes de s'exprimer par un excédent de poids ».

Bill Mohun a su transformer un exercice de vulgarisation scientifique qui aurait pu s’avérer aride en un passionnant – et inquiétant – voyage d’exploration. S’appuyant principalement sur des entrevues, le film entrelace les explications des scientifiques sur ce qui les a amenés à découvrir le travail de leurs collègues et à créer un nouveau champ de recherche important pour l’évolution des connaissances.

Deux messages inquiétants ressortent de Programmed to be Fat :

1. Les obésogènes sont des substances courantes dans notre environnement et leur liste s’allonge.
Le film passe en revue vingt produits soupçonnés d’être obésitogènes, tout en prévenant que bien d’autres substances n’ont pas encore été analysées. Retha Newbold, chercheuse, étudiait les effets du diéthylstilbestrol (DES), un œstrogène de synthèse, sur l’appareil génital quand elle s’est rendu compte que ses souris de laboratoire avaient pris trop de poids pour être utiles à ses recherches. Les dangers d'une exposition au DES sont bien connus et son usage limité, mais la plupart des substances obésitogènes sévissent toujours dans notre environnement. La nicotine compte parmi celles-ci. Le tributylstannane, abondamment utilisé dans les pesticides et d'autres produits, en est une autre. Également, on trouve du bisphénol A (BPA) dans le revêtement intérieur des conserves et canettes de boisson, dans certaines bouteilles d’eau en plastique, dans de nombreux objets en plastique utilisés à la maison et même, sur les reçus de caisse en papier thermique.