Le nombre fait la force

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Publication Date: 
mec, 2009-09-30

Par Jane Shulman

Les réseaux de soutien aux personnes atteintes de cancer dans le Canada atlantique examinent la possibilité de regrouper les services de soutien aux femmes atteintes de cancers gynécologiques et les services aux femmes atteintes de cancer du sein, dans le but d’améliorer le soutien aux femmes qui ont reçu un diagnostic de cancer du col de l’utérus, d’un ovaire ou de l’utérus. Cette démarche a été amorcée au Manitoba il y a plusieurs années, explique Barbara Clow, directrice du Centre d’excellence de l’Atlantique pour la santé des femmes. Aujourd’hui, des interlocuteurs du Nouveau-Brunswick et de Terre-Neuve-et-Labrador travaillent à établir leurs propres protocoles pour offrir des programmes regroupés sous une même bannière.

Dans un rapport publié en 2008 pour l’organisme Partenariat canadien contre le cancer et intitulé « Que faisons-nous à présent? Services de soutien pour les femmes du Canada atlantique atteintes d’un cancer du sein, du col de l’utérus, de l’ovaire ou de l’utérus », Mme Clow et les co-auteures de ce document se sont penchées sur la possibilité d’élargir les services de soutien communautaires pour répondre aux besoins des femmes atteintes de cancers gynécologiques, une population mal desservie.

Par ailleurs, à cette étape, les groupes intervenant dans certaines provinces ne peuvent soutenir ces efforts d’expansion en raison d’un manque de capacités ou de fonds. Certains groupes de lutte contre le cancer craignent de perdre leur financement ou leur identité s’ils élargissent leur mandat, ou d’aller au-delà des capacités de leurs ressources, déjà surutilisées.

Toutefois, l’attention dont fait l’objet le cancer du sein au cours des dernières années et la vague de multiples campagnes de financement et de sensibilisation qui déferle dans tout le pays témoignent de la présence de nombreux volontaires dévoués et de ressources importantes. Tel n’est pas le cas pour les femmes qui vivent avec un cancer du col utérin, d’un ovaire ou de l’utérus. Bien que les chiffres annuels indiquent la présence d’un nombre inférieur de cancers gynécologiques au Canada, en comparaison au cancer du sein, les femmes atteintes d’un cancer de l’ovaire ou d’un cancer utérin sont beaucoup plus à risque de décéder. De plus, la tendance indique que les femmes atteintes de cancers utérins sont beaucoup plus jeunes que les femmes atteintes de cancer du sein ou d’autres cancers gynécologiques. Ces femmes ont besoin de services de soutien qui répondent aux exigences imposées par les cancers qui les affligent et ce type de soutien est rare. Cancer de l’ovaire Canada est le seul groupe pancanadien qui se penche sur les cancers gynécologiques.

Les besoins des femmes atteintes de cancer du sein et de cancers gynécologiques peuvent différer, en raison de différences liées au diagnostic, de l’âge, des conséquences sur le plan de la reproduction et du risque de mauvais résultats. Mais les deux populations partagent certains points, notamment en ce qui a trait à l’impact d’un diagnostic de cancer sur les rôles et l’identité de genre. Les femmes atteintes de ces deux types de cancer peuvent subir un traumatisme causé par la crainte de perdre leur féminité. Elles s’inquiètent aussi des conséquences de leur diagnostic sur leur rôle comme pourvoyeuses de soins auprès de la famille, des amies et de la collectivité. Un programme élargi de services de soutien pour les femmes atteintes de cancer du sein et de cancers gynécologiques offre un intérêt certain puisqu’il ouvre la voie à une mise en commun des ressources et permet d’atteindre un plus grand nombre de femmes dans le besoin.

Le rapport émet certaines recommandations, dont les suivantes :

• stimuler la recherche sur les besoins des femmes qui ont reçu un diagnostic de cancer et qui proviennent de communautés vulnérables et défavorisées;

• explorer les possibilités d’adopter et d’adapter les processus et produits conçus par les réseaux de soutien aux victimes de cancer du sein au Canada atlantique pour répondre aussi aux besoins des femmes aux prises avec d’autres types de cancer;

• promouvoir dans tout le Canada atlantique la création de programmes financés par les fonds publics qui guident les personnes atteintes de cancer vers les ressources appropriées.

Selon Mme Clow, la prochaine étape est d’étudier les possibilités quant à l’application de ces suggestions dans diverses régions. Les infirmières et les pourvoyeurs de services qui participent à la planification et à la réalisation des programmes démontrent beaucoup d’enthousiasme à l’idée d’élargir les services en raison des possibilités que recèle cette initiative, laquelle permettrait de maximiser les bienfaits des services qu’ils offrent.

Jane Shulman est courtière en conaissances au Réseau canadien pour la santé des femmes.

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