Le pouvoir de l’équité

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Publication Date: 
mec, 2010-03-31

Un examen des rapports sociaux entre les sexes et de la santé cardiovasculaire en Ontario

par Naushaba Degani et Arlene S. Bierman

L’Étude POWER produit actuellement un rapport sur la santé des femmes ontariennes qui vise à évaluer le rendement du réseau de santé, l’accessibilité et la qualité des soins et l’efficacité de la prise en charge relative aux principales causes de morbidité et de mortalité. Les données qui seront recueillies sur les disparités liées au sexe et au statut socioéconomique serviront à mettre au point des interventions destinées à améliorer la santé et à réduire les écarts.

Elles permettront également de mesurer les progrès à longue échéance. Six chapitres du rapport ont été publiés à ce jour : Introduction à l’Étude POWER; Cadre de l’Étude POWER; Fardeau de la maladie; Cancer; Dépression; Maladies cardiovasculaires (l’objet du présent article). Le septième chapitre, sur l’accès aux services de santé, paraîtra en mars 2010.

Les maladies cardiovasculaires sont une cause importante de mortalité et d’invalidité chez les femmes et les hommes au Canada; en 2004, elles comptaient pour 32 % des décès. Depuis les années 1950, le taux de mortalité attribuable à ces maladies a baissé de manière générale, mais il a augmenté au sein de la population féminine, représentant désormais près de la moitié des décès. Quantité de données indiquent que la prévention et la prise en charge des maladies chroniques et les mesures d’autogestion du patient permettent de réduire la morbidité et la mortalité associées aux affections cardiovasculaires. Par exemple, la mise en œuvre de lignes directrices pour encadrer la prise en charge des personnes souffrant de cardiopathie peut améliorer les résultats cliniques. En particulier, le respect assidu des directives s’appliquant aux femmes peut réduire les disparités en matière de traitement et de résultats. La mobilisation communautaire et l’adoption de programmes sociaux axés sur les déterminants de la santé – un facteur de risque important – peuvent contribuer à diminuer le fardeau attribuable aux maladies du cœur.

Le chapitre de l’Étude POWER consacré aux maladies cardiovasculaires comprend quatre parties : l’état de santé et l’état fonctionnel des adultes souffrant de maladies cardiovasculaires; l’insuffisance cardiaque; la cardiopathie ischémique; et l’accident vasculaire cérébral. La première porte sur l’autoévaluation de l’état de santé, les limitations fonctionnelles et les facteurs de risque. Les trois autres examinent les soins actifs et les soins de longue durée (catégories de médecins traitants, gestion des médicaments, épreuves diagnostiques et interventions), ainsi que les résultats cliniques, dont les admissions à l’hôpital, les visites à l’urgence et les décès.

Nous avons relevé un certain nombre de domaines où les femmes et les hommes reçoivent des soins comparables. Ce constat s’applique à la majorité des indicateurs se rapportant au traitement des maladies cardiovasculaires dans le secteur des soins actifs, ainsi qu’à la gestion des médicaments chez les personnes âgées de 65 ans et plus, exception faite des statines. Néanmoins, des écarts persistent et de multiples aspects gagneraient à être améliorés.

Premièrement, nous avons relevé des différences appréciables, liées au sexe et au statut socioéconomique, en ce qui concerne l’état de santé et l’état fonctionnel des personnes ayant rapporté une cardiopathie ou un accident vasculaire cérébral. En effet, les femmes atteintes d’une maladie cardiovasculaire sont plus susceptibles que les hommes de faire état de limitations fonctionnelles, de problèmes de mobilité, de douleurs chroniques et de journées d’invalidité; les femmes à faible revenu, plus nombreuses à rapporter ces problèmes que celles qui ont un revenu élevé. Ces données confirment la nécessité, pour réduire le fardeau des maladies cardiovasculaires, d’adopter des approches sensibles au genre et de tenir compte des déterminants sociaux de la santé. Deuxièmement, nous avons trouvé une prévalence élevée de facteurs de risque modifiables chez les individus atteints de cardiopathie, ce qui souligne le besoin d’intensifier la prévention secondaire. Troisièmement, on relève chez les personnes souffrant d’insuffisance cardiaque un taux élevé de visites à l’urgence et de réadmissions à l’hôpital qui auraient pu être évitées, d’où la conclusion qu’il faudrait mettre en œuvre dans tous les milieux de soins des programmes efficaces de prise en charge des maladies chroniques. Quatrièmement, on relève la persistance de certaines disparités entre les sexes en matière de traitement, en particulier en ce qui concerne l’infarctus aigu du myocarde. Ce constat met en lumière la nécessité de tenir compte expressément des besoins des femmes au moment de chercher à améliorer les soins et de stratifier les indicateurs selon le sexe de façon à suivre l’évolution de la situation. Enfin, pour de nombreux indicateurs, le rendement varie selon les régions, ce qui souligne le besoin de mettre au point des interventions innovatrices propres à uniformiser la prestation des soins tout en tenant compte des particularités et des besoins régionaux.

Pour télécharger le rapport complet sur les maladies cardiovasculaires ou un sommaire des points saillants (en français ou en anglais), allez à www.powerstudy.ca/the-power-report/the-power-report-volume-1/cardiovascu....

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