Les jeunes femmes et l’abus d’alcool

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Publication Date: 
mec, 2010-03-31

Un regard sur les tendances, les conséquences, les influences et les méthodes de prévention

Adaptation du document Méthodes axées sur les filles en matière de prévention, de réduction des méfaits et de traitement et de Consommation excessive d’alcool chez les filles et les jeunes femmes : principaux éléments des découvertes effectuées à partir d’une analyse documentaire et d’une recherche sur le  Web

La consommation d’alcool et de drogues chez les filles et les jeunes femmes attire de plus en plus d’attention de même que les conséquences sur le plan social et sur la santé qui sont associées à une consommation excessive d’alcool, au tabagisme et à l’usage de substances licites et illicites. Par le passé, les jeunes hommes avaient plus de chances que les jeunes femmes de boire de l’alcool, de fumer des cigarettes ou de consommer des substances illicites, mais les données à l’échelle locale, nationale et internationale indiquent maintenant que ce fossé des sexes est en train de se rétrécir.

En 2009, une communauté virtuelle pancanadienne de praticiennes et de praticiens (CVP) a offert l’occasion de « discuter virtuellement » des problèmes, de la recherche et des programmes se rapportant à l’usage de substance chez les filles et les femmes au Canada. L’objectif de la CVP consistait à servir de mécanisme d’intégration d’une analyse des influences du genre et du sexe dans le Cadre national d’action pour réduire les méfaits liés à l’alcool et autres drogues et substances au Canada. Au nombre des participantes et participants, il y avait des responsables de la planification, des décisionnaires, des fournisseuses et fournisseurs de services directs, des éducatrices et éducateurs, des responsables d’ONG, des analystes des politiques, des chercheuses et chercheurs et des femmes intéressées. Le projet était parrainé par le Centre d’excellence pour la santé des femmes – région de la Colombie-Britannique (CESFCB), en partenariat avec le Centre canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies (CCLAT) ainsi que l’Université de la Saskatchewan et l’Université de l’Australie du Sud.

Afin de guider cette discussion, le CESFCB a examiné de plus près la consommation excessive d’alcool, en s’attardant en particulier dans son analyse documentaire aux tendances, aux risques, aux influences et aux programmes de prévention offerts.

Tendances

Selon l’Enquête sur les toxicomanies de 2004, plus de 85 p. 100 de la consommation d’alcool rapportée chez les femmes de 15 à 24 ans est considérée comme étant excessive selon les lignes directrices canadiennes. Le rapport révèle également que 15 p. 100 des jeunes femmes (de 18 à 19 ans) et 11 p. 100 des femmes (de 20 à 24 ans) ont indiqué consommer fréquemment de l’alcool en forte quantité. La Colombie-Britannique affiche l’un des plus hauts taux du Canada. L’Enquête sur la santé des adolescents de la Colombie-Britannique de 2008 montre que le risque de prendre une cuite d’un soir touchait tant les étudiantes que les étudiants, bien que seuls les jeunes hommes soient plus enclins (moins de 1 p. 100) à se saouler 20 jours ou plus durant le mois précédent.

Une étude internationale récente, laquelle analysait les tendances sexospécifiques dans la consommation d’alcool à l’aide de comparaisons entre les cultures de 1998 à 2006, dans 24 pays et régions, a permis de découvrir que la consommation d’alcool et l’ivresse demeuraient plus élevées chez les garçons que les filles, mais cet écart se réduisait et les filles semblaient rattraper les garçons dans certains pays. Une enquête effectuée en 2004 en Angleterre révèle que les jeunes femmes britanniques (de 16 à 24 ans) ont tendance à connaître des périodes de forte consommation d’alcool, qui s’étendent sur plus d’une à trois journées dans 49 p. 100 des cas. Elles ont également plus de chances de dépasser la limite quotidienne, et dans 28 p. 100 des cas, de boire plus de six consommations au moins une fois par semaine. Selon les Centres for Disease Control and Prevention aux États-Unis, parmi les jeunes âgés de 12 à 22 ans, le pourcentage de filles qui boivent de l’alcool augmente à un rythme beaucoup plus élevé que celui des garçons.

Conséquences sur la santéLes filles et les jeunes femmes risquent de présenter prématurément des problèmes de santé à long terme qui sont associés à une forte consommation d’alcool, notamment : une maladie du foie, des problèmes cardiaques, des ulcères d’estomac, des lésions cérébrales, une hypertension et une dépendance. Une consommation d’alcool modérée à excessive peut augmenter le risque des filles et des jeunes femmes de développer plus tard un cancer du sein ainsi que toute autre forme de cancer dont un lien avec l’alcool a été démontré, comme le cancer de la bouche, du pharynx, de l’œsophage, du côlon, du rectum et du foie. Une consommation d’alcool abusive et chronique, particulièrement à l’adolescence et au début de l’âge adulte, peut compromettre la qualité des os et par conséquent, augmenter le risque d’être atteint plus tard d’une ostéoporose.

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