Les jeunes femmes et l’abus d’alcool

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Publication Date: 
mec, 2010-03-31

De plus, la consommation d’alcool a des effets défavorables sur la puberté, perturbe la fonction sexuelle et nuit à la santé génésique, ce qui peut donner lieu à un certain nombre de problèmes, entre autres des cycles menstruels irréguliers, une absence d’ovulation, l’endométriose et l’infertilité. Le risque d’une grossesse non planifiée et non désirée en raison d’une relation sexuelle non prévue et non protégée constitue une autre importante différence sexospécifique pour les jeunes femmes qui consomment de l’alcool. Les données recueillies suggèrent que les jeunes femmes ont aussi tendance à se rendre compte plus tardivement qu’elles sont enceintes. Il y a là matière à préoccupation puisque ces jeunes femmes peuvent continuer à consommer de l’alcool avant de savoir qu’elles attendent un enfant, par conséquent le risque de lésions menace le fœtus, par exemple l’ensemble des troubles causés par le syndrome d’alcoolisation fœtale et les autres anomalies congénitales. Même quand elles savent qu’elles sont enceintes, les études indiquent que les adolescentes sont plus enclines à se saouler durant leur grossesse que les femmes de tout âge.

Les filles et les jeunes femmes en état d’ébriété sont également plus vulnérables au viol par une connaissance, aux agressions sexuelles et aux relations sexuelles non protégées, ce qui les expose davantage au VIH et aux infections transmissibles sexuellement.Influence sur la consommation des filles

Jusqu’à maintenant, il n’existe pas beaucoup de documentation sur les influences et le chemin incitant les filles à consommer de l’alcool. Publié en 2003 par le National Centre on Addiction and Substance Abuse de l’Université Columbia aux États-Unis, le rapport The Formative Years [Les années formatrices] est l’une des études qui ont contribué à notre compréhension des influences du genre et du sexe sur la consommation et sur les chemins qui y mènent. Cette étude dégage des influences importantes dans quatre domaines en matière d’usage de substances, à savoir : 1) les qualités personnelles, les attitudes et les expériences durant l’enfance; 2) les influences des pairs et de l’école; 3) la famille, la culture et la communauté ; et 4) les influences de la société, par exemple la publicité-médias. Les auteurs ont découvert notamment que les jeunes femmes ont tendance à faire usage de substances pour améliorer leur humeur, accroître leur confiance, réduire la tension, surmonter les problèmes, perdre leurs inhibitions, pimenter leurs relations sexuelles ou perdre plus facilement du poids tandis que les jeunes hommes consomment plutôt de l’alcool ou des drogues parce qu’ils sont à la recherche de sensations ou veulent rehausser leur statut social. Selon les auteurs, les filles et les femmes subissent une forte influence des médias en ce qui a trait à leur usage des substances – les annonceurs de tabac et d’alcool ont tendance à cibler les préoccupations féminines relativement à l’apparence, aux normes malsaines de minceur et au charme. Ils ont également noté que les influences sexospécifiques en lien avec les transitions au moment de l’adolescence et du début de l’âge adulte – survenant au début du secondaire, lors du passage du secondaire au collégial ou à l’université, à la fin des études ou à l’entrée dans le monde du travail – s’accompagnent fréquemment de plusieurs changements dans l’environnement social et physique et exercent une influence sur le risque d’abuser de substances.

Ces transitions cruciales peuvent se révéler particulièrement stressantes pour les filles et les jeunes femmes, lesquelles risquent ensuite d’avoir recours au tabac, à l’alcool et aux drogues.

Le CESFCB veut remercier Santé Canada et l’Autorité provinciale en matière de services de santé de la Colombie-Britannique d’avoir accordé leur soutien financier aux projets sous-jacents à cet article sur les filles et l’alcool. Dans un deuxième temps, les chercheurs du CESFCB examineront en profondeur ce programme axé sur les filles afin de comprendre le risque et les facteurs de protection abordés et les résultats atteints, en plus de collaborer avec les organismes au Canada qui souhaitent élaborer ou adapter de tels programmes.

Principaux facteurs de protection

Afin de mieux comprendre le risque sexospécifique et les facteurs de protection en matière de consommation d’alcool, les auteurs du rapport Substance Use among Early Adolescent Girls: Risk and Protective Factors [La consommation d’alcool et de drogues chez les jeunes adolescentes : risques et facteurs de protection] ont interrogé des adolescentes et leur mère sur l’usage de substances et leurs préoccupations à ce sujet. De cette étude, ils ont dégagé les principaux facteurs de protection sexospécifiques qui suivent :

• La fille rentre à la maison après l’école;

• Elle a une image corporelle positive;

• Elle informe sa mère de ses allées et venues;

• Sa mère connaît déjà ses camarades;

• Elle a l’habitude de toujours communiquer avec ses parents;

• Les règles familiales bannissent l’usage de substances;

• Ses parents l’encouragent à s’abstenir de consommer.

 

Méthodes de prévention différenciées selon les sexes

Malgré les sérieuses conséquences sur la santé et les tendances alarmantes en ce qui a trait aux taux et habitudes de consommation d’alcool des filles et des jeunes femmes, il n’existe à leur intention que peu de programmes de prévention qui portent sur ces risques et les facteurs de protection. La recherche a dénombré plus de 35 exemples d’intervention ou de programmes différenciés selon les sexes en Colombie-Britannique, au Canada et à l’étranger. Les quelques exemples de programmes sexospécifiques qui suivent sont organisés selon les différents niveaux de prévention : universel, sélectif ou ciblé.

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