Vous avez un col ? Demandez un test de Papanicolau

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Publication Date: 
mec, 2010-03-31

Une campagne encourage les personnes lesbiennes, bisexuelles et transsexuelles à subir un test de dépistage

par Jane Shulman

À quand remonte votre dernier test de dépistage du cancer du col de l’utérus (test de Papanicolau) ? Selon Statistique Canada, si vous êtes comme 77 % des femmes hétérosexuelles de ce pays, vous avez subi ce test une fois au cours des trois dernières années. Mais si vous vous identifiez comme lesbienne ou bisexuelle ou que vous êtes un homme transsexuel, vous êtes moins susceptible d’avoir subi ce test récemment.

Le test de Papanicolau, qui est habituellement effectué par les médecins de famille, les infirmières et les gynécologues, consiste à vérifier la présence d’anomalies cellulaires dans le col utérin. Ce test de dépistage permet de détecter certaines modifications cellulaires (causées par le PVH) affectant le col de l’utérus. Grâce au test, ces changements cellulaires peuvent être traités avant qu’ils n’évoluent en cancer, et c’est la raison pour laquelle le test est pratiqué couramment.

Alors pourquoi les personnes lesbiennes, bisexuelles et transsexuelles (LBT) subissent-elles le test de Papanicolau moins fréquemment que les hétérosexuelles ? Voilà la question à laquelle les gens du Sherbourne Health Centre et de Planned Parenthood, à Toronto, ont voulu répondre après avoir effectué une recherche auprès de femmes ayant des rapports sexuels avec d’autres femmes. Ainsi, après avoir enquêté sur les besoins des femmes en matière de santé génésique, ils ont découvert qu’un nombre alarmant d’entre elles ne subissaient pas de test de Papanicolau, soit parce qu’elles ignoraient que ce test était nécessaire, soit parce que leur fournisseur de soins de santé leur avait dit qu’elles n’en avaient pas besoin.

Un groupe de travail appelé Queer Women’s Health Initiative a été mis sur pied en réponse à cette situation, puis l’idée de la campagne Check It Out est née. Le groupe de travail a vite compris que la campagne devait inclure les hommes transsexuels, qui sont encore moins susceptibles d’avoir accès aux tests de Papanicolau même s’ils en auraient tout autant besoin.      

Un projet distinct appelé Check It Out Guys a donc été mis en œuvre simultanément. Les quartiers généraux de la campagne sont les sites Web www.check-it-out.ca et www.checkitoutguys.ca. De l’information accessible et précise, une présentation attrayante et des slogans accrocheurs comme Got a cervix? Get a Pap! guident la lectrice et le lecteur à travers les sites, qui répondent à une série de questions et de préoccupations à propos du test de Papanicolau. Le contenu, élaboré par le personnel médical du centre Sherbourne et des membres des communautés LBT, répond à toutes les questions, de la fréquence à laquelle il faut subir le test au déroulement de l’intervention. Des affiches, des cartes postales et des tatouages temporaires gratuits sont offerts par l’intermédiaire de ces sites, ainsi qu’une multitude de renseignements imprimables. Cheryl Dobinson, directrice des programmes communautaires à Planned Parenthood Toronto, dit avoir trop souvent entendu des femmes lesbiennes et bisexuelles rapporter avoir reçu des renseignements erronés à propos du test de Papanicolau de la part de médecins et d’infirmières.« Parfois, les femmes se font dire que si elles ont des relations sexuelles avec d’autres femmes, elles n’ont pas besoin du test de Papanicolau, raconte-t-elle, et des femmes qui savent que ce test est nécessaire se le voient refuser lorsqu’elles en font la demande. »

Dobinson ajoute que cette situation résulte peut-être du fait que certains professionnels de la santé ne possèdent pas des connaissances suffisantes sur le mode de propagation du PVH. Sur le site de la campagne Check It Out, on peut lire que le PVH « se transmet par contact génital cutané avec une personne porteuse de ce virus, ce qui inclut les pratiques sexuelles orales, avec les doigts ou les mains, le frottement génital et la pénétration vaginale avec des jouets sexuels ».

« Nous visons principalement les femmes LBT, dit Dobinson, mais il y a aussi un volet qui s’adresse aux fournisseurs de soins. »

Ayden Sheim, coordonnateur du projet Pap s’adressant aux hommes transsexuels, abonde dans ce sens. Il affirme que si les hommes trans sont la cible de la campagne Check It Out Guys, une composante éducative visant les fournisseurs de soins est également nécessaire, en partie pour aider les clients à avoir confiance qu’il existe des professionnels de la santé bien informés et sensibles à leurs besoins. « Si j’arrive à un point où j’éprouve le besoin de subir un test de Papanicolau, cela suppose que je me sens en sécurité avec mon fournisseur de soins, dit-il ; les deux vont de pair. » Des dépliants et des trousses d’information portant sur les besoins spécifiques de la clientèle LBT souhaitant subir un test de Papanicolau seront bientôt distribués dans les cliniques de l’Ontario.

Il n’est pas toujours facile de convaincre les hommes transsexuels de l’importance du test de Papanicolau, mais Scheim estime que comme la majorité d’entre eux n’ont pas eu d’hystérectomie avec ablation du col, ils devraient subir ce test régulièrement. Même les personnes qui ont subi une hystérectomie peuvent avoir besoin de ce test. L’équipe a travaillé avec un conseil consultatif composé d’hommes transsexuels dans le but d’élaborer des contenus destinés à des auditoires diversifiés.

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