Editorial

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La pauvreté au Canada

Un rapport de l'Organisation des Nations Unies est venu récemment faire comprendre à ceux et celles qui croyaient que la pauvreté "n'est qu'une réalité lointaine" qu'il en est bien autrement. (cliquez ici).

La pauvreté est une question qui touche à celle de la santé des femmes. Les familles monoparentales, dirigées dans la plupart des cas par une femme, constituent le groupe qui s'achemine le plus rapidement vers une situation de pauvreté.

Tentez l'expérience: en planifiant votre budget, ne vous accordez qu'un seul repas par jour, afin que vos enfants puissent en manger trois.

Et puis regardez autour de vous en essayant de prétendre que ce genre de choses n'arrive pas au Canada. Pas seulement dans un coin reculé, mais dans votre région, votre quartier, votre ville, ou chez votre voisine de palier.

Pour un grand nombre de personnes, la pauvreté au Canada est depuis longtemps une réalité qu'un rapport de plus ne fera rien pour changer.

Pour d'autres, la pauvreté est une réalité qui se pointe à l'horizon, tandis que le capitalisme mondial et les directives de réduction des dépenses publiques achèvent de déchirer les mailles du filet de sécurité sociale.

Amis, famille, collègues, connaissances : personne n'est à l'abri. Certains ont peut-être atteint le point critique sans que vous vous en soyiez aperçu. Peut-être même s'agit-il de vous, mais personne dans votre entourage ne tend l'oreille.

Nous semblons aveugles aux signes qui se manifestent autour de nous; ou peut-être inventons- nous des subterfuges pour feindre de ne pas les voir.

Nous traitons les pauvres d'"irresponsables" ou de "paresseux", comme si leur condition nous permettait de les dénigrer. Nous n'acceptons pas que les pauvres puissent avoir des droits à défendre "De quel droit protestent-ils alors qu'ils devraient être en train de chercher du travail?", pensons-nous.

Dans un monde de "McJobs" où les banques font des profits records, nous accusons les pauvres de vider les caisses de l'aide sociale alors que les grandes sociétés détruisent des modes de vie ou les transportent ailleurs.

Il aura fallu un rapport dénonciateur provenant d'une institution "neutre" (lire "reconnue") pour ébranler les esprits et faire en sorte que les gens se mettent enfin à écouter.

Mais les raisons qui incitent maintenant les gens à tendre l'oreille sont-elles les bonnes? Ou s'agira-t-il seulement de savoir comment ne pas s'y laisser prendre à nouveau, lors de la prochaine convocation du Canada auprès des mêmes instances d'ici cinq ans?

Ceux qui protestent en affirmant que "les normes sont trop élevées" donnent à penser que c'est ce qui les motive. Notre gouvernement demande maintenant que les critères qui définissent le seuil de pauvreté soient changés, ce qui promet d'abandonner à leur sort un grand nombre de personnes.

Il est temps que nous regardions en face la situation actuelle au Canada et que nous y réfléchissions longuement. Avant de se targuer d'avoir un dossier reluisant en matière de droits humains, il importe de se rappeler qu'une telle réputation se mérite, et qu'il ne suffit pas simplement, pour l'obtenir, de modifier les règles du jeu.


Rachel Thompson
Rédactrice en chef

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