Un dossier chaud : La santé des femmes et les changements climatiques

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Par Kirsty Duncan

Pendant les vingt premières années où la question des changements climatiques a attiré l’attention de la communauté internationale, les enjeux entourant les différences entre les sexes étaient complètement absents de l’ordre du jour, même si les femmes et les filles représentent la moitié de la population mondiale et sont susceptibles d’éprouver des problèmes de santé très différents de ceux des hommes et des garçons. En effet, les femmes sont généralement plus pauvres que les hommes et dépendent plus que ces derniers des ressources de base qui sont menacées par les changements climatiques.

Au chapitre des prises de décisions en matière de changements climatiques, les femmes sont demeurées presque invisibles dans la plupart des régions du monde, jusque tout récemment. Lors de la huitième Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, en 2002, les participants ont finalement reconnu que les femmes sont vulnérables aux changements climatiques, et qu’elles pourraient même porter un poids disproportionné du fardeau en matière d’adaptation. Plus récemment, en février 2008, la Commission de la condition de la femme des Nations Unies s’est penchée sur divers « points de vue sur les changements climatiques tenant compte des différences entre les sexes » lors de sa 52e session, à New York. Et lors de la Conférence de l’ONU sur les changements climatiques, à Bali, Indonésie, en décembre 2007, le réseau Gender CC – Women for Climate Justice, qui regroupent des militantes et des chercheuses du monde entier, a été créé et a publié une déclaration exigeant une plus grande participation des femmes aux prises de décisions concernant les changements climatiques (voir encadré sur cette page).

L’avenir du climat et de la santé dans le monde
L’humanité effectue présentement une expérience scientifique à l’échelle mondiale en rejetant d’énormes quantités de gaz à effet de serre (GES), comme le dioxyde de carbone et le méthane, dans l’atmosphère terrestre. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prévoit qu’en 2100, les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) auront doublé ou même triplé par rapport aux quantités préindustrielles. Le Canada est l’un des plus importants producteurs et consommateurs de combustibles fossiles, et l’un des plus importants émetteurs de GES par habitant au monde.

Selon les prédictions, la température moyenne mondiale pourrait augmenter de 1˚ à plus de 6˚ C au cours du siècle prochain par rapport aux températures des années 1990. Le réchauffement prévu est le plus élevé de tous ceux que l’humanité a connus au cours des 10 000 dernières années. Aux pôles, le réchauffement sera beaucoup plus élevé que pour la planète dans son ensemble; on s’attend à ce que, dans le nord du Canada, la température moyenne des hivers s’élève de 8˚ à 10˚ C au cours de cette même période. Les communautés inuites connaissent déjà des changements climatiques importants, car les augmentations de température ont entraîné une diminution de la glace marine, ce qui nuit aux activités traditionnelles de chasse et de pêche dont ils tirent leur alimentation. De plus, la fonte des glaces risque d’ouvrir le passage du Nord-Ouest à la navigation commerciale internationale; cette intensification de la circulation dans la région pourrait entraîner un accroissement de la pollution, perturber les pêches dans l’Arctique et affecter la santé globale de la population et de la faune.

La Dre Margaret Chan, directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé, compare les changements climatiques au « cinquième cavalier ». Au moment de déclarer que les changements climatiques seraient le thème de la Journée mondiale de la santé cette année, elle a affirmé que le phénomène constituait « l’enjeu le plus important du siècle en matière de santé publique ». Il est impératif de s’attaquer aux répercussions des changements climatiques sur la santé et de s’investir afin d’accroître la résilience humaine. Une analyse tenant compte des différences entre les sexes, qui permettrait de déterminer en quoi les changements climatiques touchent différemment les femmes et les hommes, doit également faire partie du processus, tout comme l’examen du rôle de la pauvreté comme déterminant important de la santé.

Les données les plus récentes de Statistique Canada (2003) indiquent que près de 1,5 million de femmes adultes vivent dans la pauvreté au Canada. Trente-six pour cent des femmes autochtones sont pauvres, comparativement à 17 % des non-autochtones. Le taux de pauvreté chez les familles monoparentales dirigées par une femme (51 %) est également très préoccupant; il s’élève à 29 % chez les femmes de couleur, 26 % chez les femmes handicapées et à 41 % chez les femmes âgées. Un examen de certains des impacts directs et indirects des changements climatiques sur la santé indique que les femmes qui présentent les taux de pauvreté les plus élevés au Canada – les femmes âgées, les femmes autochtones et les femmes monoparentales – font partie des secteurs de la population les plus vulnérables aux effets des changements climatiques.

Les impacts directs sur la santé
Les températures extrêmes
Dans un monde plus chaud, les vagues de chaleur deviennent habituellement plus fréquentes et plus graves. Les enfants en bas âge, les personnes âgées et les personnes vivant dans la pauvreté, en particulier celles qui habitent en milieu urbain dans des appartements à l’étage supérieur qui ne sont pas munis de système de climatisation, sont particulièrement vulnérables.

En 1936, les Canadiens et Canadiennes ont connu des températures de 38 à 41 degrés Celsius à Hamilton, Niagara Falls et Toronto. Certains résidents réglaient la circulation d’air de leur aspirateur en sens inverse pour se rafraîchir, tandis que d’autres se réfugiaient sur les plages, où les hommes se baignaient le torse nu, au mépris des lois sur la bienséance. La nuit, des milliers de personnes abandonnaient leur foyer pour aller dormir dans la fraîcheur des parcs ou des cimetières, sur une couverture ou un matelas, ou dans des voitures garées le long des quais. À l’époque, le Daily Star de Toronto avait rapporté que le site de l’Exposition nationale canadienne ressemblait à un « vestiaire à ciel ouvert ».

Près de 1 200 Canadiens et Canadiennes ont péri lors de cette crise (comparativement à 42 personnes l’année précédente), dont 225 à Toronto. La chaleur a contribué à exacerber de nombreux problèmes de santé, comme les maladies cardiovasculaires et respiratoires, qui ont entraîné des décès subséquents. Plus récemment, les vagues de chaleur qui ont frappé l’Europe ont tué 35 000 personnes en 2003; en France, la mortalité féminine était de 15 à 20 % plus élevée que celle des hommes, tous groupes d’âge confondus.

Les hommes et les femmes ne réagissent pas de la même façon à la chaleur extrême. Les femmes transpirent moins, ont un taux métabolique plus élevé et des tissus adipeux sous-cutanés plus importants qui les empêchent de se rafraîchir aussi rapidement que les hommes. Elles sont donc moins tolérantes à un stress thermique imposé. En 1984, lors d’une vague de chaleur qui s’est abattue sur New York, les températures quotidiennes moyennes sont passées de 21 à presque 29 degrés Celsius. Ce sont les femmes âgées qui présentaient le risque le plus élevé de décès attribuables à la chaleur : parmi les personnes âgées de 75 à 84 ans, les taux de décès ont grimpé de 39 % chez les hommes et de 66 % chez les femmes; parmi les personnes âgées de plus de 85 ans, ces augmentations s’élevaient à 13 % chez les hommes et à 55 % chez les femmes.

Les impacts sur la santé liés à la chaleur peuvent être atténués grâce à des mesures individuelles, telles que l’absorption d’une plus grande quantité de liquides et le recours à la climatisation, à condition d’y avoir accès. Or l’accès des femmes âgées pauvres à ces ressources est limité, ce qui contribue à accroître le risque de décès lié à la chaleur. Sur le plan structurel ou sociétal, les mesures d’adaptation pourraient englober l’élaboration de plans d’urgence pour les communautés en cas de vague de chaleur et la mise en place de systèmes d’avertissement de chaleur intense plus efficaces. Toutefois, tout comme dans le cas des individus, on ne peut tenir pour acquis que les ressources nécessaires soient disponibles.

Les phénomènes extrêmes
En raison de l’accroissement des températures, les phénomènes climatiques extrêmes comme les inondations, les tempêtes de grêle ou de verglas et les tornades risquent aussi d’augmenter en fréquence. Le sexe auquel appartient un individu aura des conséquences importantes sur sa vie quotidienne aussi bien avant, pendant et après un phénomène extrême. Dans la plupart des sociétés, les hommes ont tendance à jouir d’un meilleur accès aux stratégies de base de survie et de rétablissement, tandis que les femmes sont plus vulnérables aux catastrophes naturelles. Par exemple, on estime que cinq fois plus de femmes que d’hommes ont perdu la vie lors du tsunami asiatique de 2004. Les personnes susceptibles de souffrir le plus des conséquences d’une catastrophe naturelle sont les femmes vivant dans la pauvreté, les femmes victimes de violence conjugale et celles dont l’accès aux ressources est limité.

Les femmes subissent généralement un stress mental plus élevé que les hommes pendant et après un phénomène météorologique extrême, car elles sont souvent les principales dispensatrices de soins. Ces moments-là se caractérisent également par un accroissement de la violence envers les femmes. À la suite de l’éruption volcanique du mont St. Helen’s, en 1980, les rapports de police ayant trait à la violence conjugale ont augmenté de 46 %. En 1998, un chef de police de la ville de Montréal a rapporté que 25 % des appels reçus lors de la tempête de verglas de 1997 provenaient de femmes qui subissaient de la violence. Au cours des journées et des semaines chaotiques qui ont suivi le passage de l’ouragan Katrina, en 2005, le National Sexual Violence Resource Center a enregistré 47 agressions sexuelles, chiffre qui, selon le centre, ne représente qu’un « petit pourcentage des rapports et des comptes rendus officieux et anecdotiques ».

Il faut tenir compte des femmes dans l’élaboration des stratégies de prévention des catastrophes, d’atténuation des dégâts et de rétablissement. Plus précisément, les femmes doivent participer aux démarches suivantes : préparation des familles, des ménages et des milieux de travail aux phénomènes climatiques extrêmes; établissement de mesures d’intervention et de récupération; organisation du lieu du sinistre; soins physiques et psychologiques aux enfants; organisation de réseaux de parents et d’amis.

Les impacts indirects sur la santé
Les risques indirects découlant des changements climatiques englobent une augmentation de la pollution atmosphérique et une diminution de la production alimentaire, de la qualité de l’eau et des réserves aquifères, ainsi qu’un accroissement des maladies à transmission vectorielle (maladies habituellement transmises aux humains par un insecte) comme le paludisme et la maladie de Lyme.

Au Canada, la transmission du paludisme dépend des interactions entre le moustique vecteur, l’organisme humain hôte, le parasite du paludisme et les conditions environnementales – en particulier le climat. Les Canadiens et les Canadiennes qui voyagent dans des pays où la maladie est présente, mais non réputée endémique, peuvent aussi contracter la maladie.

La possibilité d’une réintroduction du paludisme au Canada et aux États-Unis a été mise en évidence lors des éclosions de la maladie qui se sont produites dans les années 1990 dans certaines régions densément peuplées des États du New Jersey et de New York. Or l’application soutenue et accrue de mesures de prévention – comme la gestion de l’eau, la surveillance de la maladie et le traitement rapide des personnes atteintes – permettrait probablement de contrer tout accroissement de l’incidence de la maladie.

Au Canada, le réchauffement climatique et le prolongement des saisons exemptes de gel pourraient favoriser la propagation de la maladie de Lyme, causée par une bactérie transmise aux humains par les tiques. En temps normal, la maladie de Lyme peut être traitée efficacement au moyen d’antibiotiques, mais, en l’absence de traitement, elle peut causer de l’arthrite ou des troubles neurologiques. Au Canada, la maladie se manifeste surtout dans le sud et l’est de l’Ontario, dans le sud-est du Manitoba, en Nouvelle-Écosse et dans le sud de la Colombie-Britannique. Toutefois, en raison de l’augmentation des températures, les scientifiques craignent que les tiques se déplacent vers le nord en transportant la maladie avec elles.

Les changements climatiques sont susceptibles de provoquer une augmentation des précipitations acides (les « pluies acides »), des particules en suspension et du smog. Le dioxyde de soufre présent dans les précipitations acides provient surtout de la combustion de combustibles contenant du soufre comme le charbon et le pétrole; les principales sources de précipitations acides sont les centrales électriques, les usines de papier et de pulpe, les raffineries et les fonderies. Le dioxyde d’azote, autre composante des précipitations acides, provient des gaz d’échappement des véhicules automobiles, de la production d’énergie électrique et des chaudières industrielles; il joue un rôle important dans les réactions chimiques qui produisent le smog. L’histoire d’amour entre le Canada et l’automobile contribue certainement au problème. Au cours des 20 dernières années, la population du Canada a augmenté de 16 % et le nombre de voitures qui circulent sur nos routes de plus de 60 %.

Les effets de l’accroissement de la pollution atmosphérique sur la santé pourraient aller des troubles bénins (irritation des yeux, du nez et de la gorge) aux maladies graves et même à la mort. Les recherches indiquent que le nombre de séjours à l’hôpital pour maladies respiratoires augmente lors des épisodes de pollution atmosphérique intense; on estime que la pollution de l’air est responsable, chaque année, de 1 700 décès prématurés et de 6 000 hospitalisations à Toronto. Selon certaines études, le dépôt de particules inhalées est plus important chez les femmes que les hommes, ce qui laisse croire qu’elles pourraient être plus affectées par la pollution atmosphérique. De plus, le taux de globules rouges est moins élevé chez les femmes que les hommes, elles pourraient être plus sensibles aux effets toxiques des polluants atmosphériques.

La voix des femmes est essentielle
Même si les émissions de gaz à effet de serre cessaient immédiatement, les effets de l’activité humaine continueraient de se faire sentir sur le climat mondial pendant de nombreuses années encore. Les gens qui disposent de peu de ressources ont une capacité moindre à s’adapter aux changements climatiques et sont plus vulnérables à leurs effets. Pour contrer efficacement les impacts des changements climatiques sur la santé chez les femmes et les hommes, il est nécessaire d’effectuer une analyse qui tient compte des différences entre les sexes; les femmes doivent aussi participer à l’élaboration de stratégies d’adaptation et d’atténuation. Pour reprendre les mots d’Amartya Sen, lauréate du prix Nobel, « la voix des femmes est d’une importance vitale pour l’avenir du monde, et non pas seulement pour l’avenir des femmes ».

Kirsty Duncan est professeure agrégée au département d’études sur la santé de l’Université de Toronto (Scarborough); elle fait partie de l’équipe des Canadiens qui a siégé au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, lauréat du prix Nobel.

 

Les femmes introduisent la question du sexe social à l'ordre du jour en matière de changements climatiques

« Quand leurs droits ne sont pas protégés, les femmes meurent plus que les hommes pendant les catastrophes naturelles. La question des changements climatiques est trop importante pour ne pas tenir compte des voix de la moitié de la population mondiale. » – Lorena Aguilar, conseillère spéciale de l’Union mondiale pour la nature, lors de la session de la Commission de la condition de la femme de l´ONU (New York, février 2008).

Lors de la 52e session de la Commission de la condition de la femme de l´ONU, qui a eu lieu à New York en février 2008, un débat d’experts traitant des perspectives sexospécifiques en matière de changements climatiques a réuni des spécialistes du monde entier, appelant à ce que les femmes participent à tous les aspects du débat sur les changements climatiques, et notamment la manière de les atténuer et de nous y adapter. Ce groupe, animé par le vice-président de la commission, Ara Margarian, comprenait également Anastasia Pinto, conseillère auprès du Centre for Organization, Research and Education, de même que Woro B. Harijono, directrice générale de l'agence météorologique et de géophysique indonésienne. Citant de nombreuses études, les spécialistes ont montré qu’il faut envisager les changements climatiques selon une perspective sexospécifique, car, lorsque des catastrophes naturelles frappent ou des phénomènes météorologiques graves se produisent, les répercussions sur les femmes et sur les hommes sont différentes. 

Notant la sous-représentation féminine dans le processus de prise de décision en matière de changements climatiques, les participants ont enjoint les gouvernements – et les membres de la commission – à habiliter les femmes à intervenir dans la planification et la prise de décision, en particulier en ce qui concerne l’élaboration et la mise en œuvre de politiques et programmes tenant compte des rapports sociaux entre les sexes. Ils ont appelé à soutenir amplement l’élaboration d’une stratégie ou d’un plan d’action d’égalité des sexes, dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). De même, ils ont demandé que soit établi un système d’indicateurs et de critères sexospécifiques, que les gouvernements utiliseront pour produire leurs rapports au Secrétariat de la Convention.  

Au moment où, partout dans le monde, les États s’apprêtent à établir d’ici fin 2009 la stratégie d’après-Kyoto, il est de la plus grande urgence de garantir que les femmes auront voix au chapitre dans ce processus, selon Minu Hemmati du réseau mondial Gender CC–Women for Climate Justice. « Ce processus nécessitera une importante sensibilisation », a dit Mme Hemmati, citant le fait que ni la Convention-cadre ni le Protocole de Kyoto ne font mention des femmes ou des problématiques sexospécifiques. « Même si on a eu l’impression que les mentalités changeaient et si l’égalité entre les sexes est à présent considérée par certains comme une composante importante de l’atténuation des changements climatiques et de l’adaptation à leurs répercussions, la participation des femmes aux négociations pertinentes doit être stable et continue. »

Dans une lettre adressée à la séance plénière de la CCNUCC à Bali (Indonésie), en décembre 2007, Gender CC a déclaré : « Nous aimerions exprimer notre profonde préoccupation quant à la marginalisation des opinions, des voix et des droits des femmes dans la présente conférence et dans le futur régime de changements climatiques. Nous sommes ici pour aider les gouvernements à reconnaître l’urgence vitale de l’égalité entre les sexes dans leurs politiques et programmes, alors que s’accentue la crise climatique […] Nous vous demandons de vous assurer que les stratégies d’adaptation et d’atténuation soutiennent la sécurité humaine fondamentale et le droit au développement durable, de même que de ne pas exacerber l’injustice, les inégalités et les iniquités entre les femmes et les hommes. Les femmes détiennent un solide ensemble de connaissances traditionnelles pouvant servir à atténuer les changements climatiques, à prévenir les catastrophes et à nous adapter à ces phénomènes. Il conviendrait d’apporter la reconnaissance, la protection et l’appui financier adéquats à l’entretien de ces connaissances […] Nous sommes impatientes de voir exister un régime de changements climatiques sensible à la question des rapports sociaux entre les sexes, et respectueux de la nature et des droits de la personne. »

Pour plus d’information, visitez les sites suivants :
Commission de la condition de la femme de l´ONU,  www.un.org/womenwatch/daw/csw/52sess.htm

Gender CC–Women for Climate Justice, www.gendercc.net/