Cherchez la femme… dans les communautés francophones en milieu minoritaire

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On n’aurait pu choisir meilleur titre pour cet atelier présenté dans le cadre du 2e Forum national de recherche sur la santé des communautés francophones en milieu minoritaire. Organisé en collaboration avec l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC), l’atelier Cherchez la femme était une première et les présentatrices avaient vu grand.

Depuis la création de Société Santé en français en 2002 et du Consortium national de formation en santé en 2003, les occasions d’échanges, de réseautage et de formation en santé se sont multipliées pour la francophonie institutionnelle. Cependant, les groupes de femmes qui tentaient de faire reconnaître leur expertise et les projets entrepris par leurs membres dans les provinces et territoires se sentaient exclus. Lors d’une rencontre nationale des groupes de femmes francophones en situation minoritaire, en mars 2003, les participantes avaient dressé un début d’inventaire de leurs réalisations dans le dossier de la santé (dans le Compte rendu de la rencontre nationale sur la santé des femmes francophones [mars 2003] Coopérative Convergence, Ottawa, 2003.) Bien que non exhaustive, la liste en disait long sur l’engagement des femmes en ce domaine et sur la créativité dont elles font preuve pour contribuer au bien-être de leurs communautés. Par ailleurs, les participantes avaient remis en cause la place prépondérante occupée par une approche biomédicale centrée sur le curatif et la prestation de services directs peu ancrés dans une approche santé des populations, ou  holistique.

Aujourd’hui, la situation évolue et des femmes issues des milieux communautaires comme des milieux universitaires ont fait entendre leur point de vue lors du 2e Forum national de recherche sur la santé des communautés francophones en milieu minoritaire. Présentes, donc, mais encore peu visibles. L’atelier Cherchez la femme visait donc à franchir une première étape vers la compréhension des défis et des problématiques auxquels se heurtent les femmes francophones en tant que consommatrices, travailleuses et bénévoles au sein du système de santé.

Pour ouvrir la séance, Marie Dussault, courtière de connaissances au Centre d’excellence pour la santé des femmes – région de la Colombie-Britannique, a mis la table en abordant l’analyse comparative entre les sexes (ACS), ses avantages et son incidence dans le cadre de la recherche en santé. Caroline Andrew, professeure à l’École d’études politiques et directrice du Centre d’études en gouvernance de l’Université d’Ottawa, a présenté un exposé sur la gouvernance en matière de santé des femmes, selon la perspective de la francophonie minoritaire et parlé des possibilités et défis qui se posent. Cécile Coderre, également de l’Université d’Ottawa, professeure à l’École de service social et doyenne associée aux études, avait intitulé sa présentation Femmes, pauvreté, santé et violence : un mariage nocif. Partant du constat que les femmes sont plus vulnérables à la pauvreté que les hommes, elle a analysé la situation des femmes francophones en contexte minoritaire face aux enjeux de la pauvreté, de la santé et de la violence faite aux femmes. La dernière présentatrice, Maggy Razafimbahiny, directrice générale de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne, a exposé les résultats de la première étude canadienne sur le rôle et les besoins des aidantes bénévoles et commenté les recommandations qui en découlent. La présidente de l’AFFC, Agathe Gaulin, a clos la séance en proposant ses réflexions à la suite des présentations.

Les problématiques touchant la santé des femmes ne sont pas encore systématiquement au cœur des analyses, mais il est à espérer que cette première participation ouvre la voie à d’autres collaborations et qu’un nombre accru de chercheuses et de chercheurs, tant des milieux communautaires qu’universitaires, porteront une attention particulière au déterminant biologique et social qu’est le sexe. Ignorer ces questions peut compromettre la qualité de la recherche et la production de données probantes. En tenir compte permet d’améliorer et de sauver des vies, de favoriser le bien-être des familles et des communautés, de réduire les coûts de la santé dans certains cas et, en définitive, de tendre vers une plus grande justice sociale.

Marie Dussault siège au conseil d’administration de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC) ainsi qu’au conseil d’administration du Réseau canadien pour la santé des femmes (RCSF). Elle est également coordonnatrice du volet partage des connaissances, au Centre d’excellence pour la santé des femmes – région de la Colombie-Britannique (CESFCB).