Message de la rédactrice en chef :

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À l'heure de mettre sous presse ce numéro du Réseau, les médias nous abreuvent quotidiennement de détails plus déprimants les uns que les autres concernant « l'affaire Pickton ». Les nouvelles qu'ils nous relatent tendent largement à déshumaniser les victimes d'une violence épouvantable, des femmes disparues, assassinées. Parfois, on mentionne au passage que bon nombre d'entre elles vivaient dans la pauvreté, dans le quartier mal famé du Downtown Eastside à Vancouver, qu'elles se débattaient avec un problème de toxicomanie et étaient engagées dans le commerce du sexe. Pas un mot sur leurs vies, leurs amours, leurs réussites; les luttes qu'elles ont menées ne servent que de toile de fond à l'attention médiatique que reçoit l'auteur présumé des meurtres et à la notoriété grandissante qu'il connaît.

Malheureusement, il ne s'agit pas d'un cas unique; les actes de violence contre les femmes font l'objet d'une couverture similaire dans la presse de grande diffusion. L'équipe du Réseau a voulu éviter de répéter ce modèle. Plutôt, nous avons porté notre attention sur les luttes et les réalités des femmes disparues et assassinées au Canada, une véritable tragédie de portée nationale, dont les victimes sont trop souvent des femmes autochtones. Nous nous sommes aussi interrogées sur les façons de garder vivante leur mémoire, pour leur rendre hommage tout en soulignant la nécessité de mettre un terme à la violence dirigée à dessein contre les femmes.

Les articles contenus dans le présent numéro ne sont qu'un début. Il appartient à tous et à chacun d'entre nous de trouver des moyens de perpétuer le souvenir des victimes dans toute leur humanité et de remettre en cause les inégalités systémiques qui permettent la répétition de la violence, et qui sont fondées sur la race, le sexe et la condition sociale.

En outre, nous présentons ici quelques analyses sur des thèmes d'actualité en santé des femmes : le débat complexe concernant le papillomavirus; la crise qui se dessine au Canada en matière de protection de la maternité; les problèmes financiers que vivent les soignants non rémunérés (des femmes en majorité) et les conséquences pour leur santé; et bien d'autres sujets encore.

Je profite de l'occasion pour souligner la contribution de nos « travailleuses de l'ombre », c'est-à-dire les membres du comité consultatif des expert(es) du Réseau canadien pour la santé des personnes (consulter www.rcsf.ca pour la liste complète des membres et de leurs champs d'expertise). Avant de paraître dans Le Réseau, chaque article fait l'objet d'une révision interne puis d'un examen externe mené par des membres de ce comité et d'autres spécialistes de la santé des femmes au Canada et à l'étranger. Leurs précieux commentaires nous aident à assurer, dans les limites de ce qui est humainement possible, l'exactitude et l'actualité du contenu de notre revue. Bien entendu, toute erreur ou omission reste l'entière responsabilité de la rédaction.

À ce sujet, nous avons omis, dans notre dernière livraison, d'indiquer le nom d'une précieuse collaboratrice dans le bloc-générique. Je tiens donc à souligner ici l'excellent travail accompli par Barbara Bourrier-LaCroix, bibliothécaire au RCSF jusqu'à tout récemment. Merci, Barbara, de ton apport au comité consultatif et de tes contributions régulières au Réseau. Nous te souhaitons la chance et le succès que tu mérites dans tes projets d'avenir et sommes heureuses de te compter désormais parmi les membres de la famille élargie du RCSF!

En dernier lieu, j'aimerais vous inviter, chers lectrices et lecteurs, à nous transmettre vos suggestions d'article et à nous faire part de vos réactions. Nous ne ménageons aucun effort pour assurer que les dossiers qui touchent la santé des femmes restent sous les feux de l'actualité. Votre apport et vos commentaires ne peuvent que renforcer notre voix.

Sincères salutations,
Kathleen O'Grady, directrice des communications
news@cwhn.ca 1 888 818-9172