Les femmes autochtones réagissent à l'aggravation de la crise du sida

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L'augmentation rapide du taux des nouvelles infections au VIH chez les femmes autochtones au Canada a suscité de plus en plus d'inquiétudes au cours des vingt dernières années. Selon le Réseau canadien autochtone du SIDA (RCAS), parmi la population autochtone, les femmes autochtones représentent environ la moitié de tous résultats positifs des tests du VIH en 2003, contre seulement 16 % des femmes dans la population non autochtone. Depuis longtemps, les membres de la communauté autochtone se plaignaient de l'absence de ressources pour la recherche, les programmes, les services et le soutien destinés aux femmes autochtones afin de s'attaquer à l'aggravation de la crise. Un organisme communautaire est enfin intervenu pour aider à combler cette lacune au Manitoba.

Aboriginal Women Responding to the AIDS Crisis (AWRAC) est un projet d'une durée de dix-huit mois visant à outiller les femmes pour leur permettre de déterminer les effets croissants du VIH/sida, de l'hépatite C et des infections transmissibles sexuellement (ITS) dans la communauté autochtone et d'y réagir rapidement. Animé par Ka Ni Kanichihk Inc., un organisme communautaire manitobain, le projet aura pour but de renseigner les femmes autochtones sur le VIH/sida, le VHC et les ITS, d'assurer la liaison entre les organismes de services liés au sida et les programmes autochtones, et d'accroître la capacité des organismes de services autochtones à mettre en œuvre des projets axés sur la santé en matière de sexualité et la réduction des préjudices liés à l'usage de drogues injectables.

Depuis sa création en août 2006, AWRAC a formé un conseil consultatif et tenu une conférence de presse pour lancer le projet. Il tient actuellement des groupes de discussion avec des partenaires du projet dans le but d'élaborer un modèle de formation sur le renforcement des capacités. Le concept et le cadre de formation seront ensuite présentés aux parties intéressées et examinés avec eux dans le cadre d'un forum d'une journée, puis ils seront mis à l'essai au début de 2007 par des organisations qui fournissent des services aux femmes autochtones. Après avoir été revus et finalisés, les outils et ressources du programme de formation seront partagés avec d'autres groupes communautaires au Manitoba et au Canada.

Dans le cadre d'une enquête menée par le RCAS en 2004 auprès des femmes autochtones canadiennes vivant avec le VIH/sida, les femmes participantes ont demandé que soient créés des services destinés aux femmes vivant avec le VIH/sida et elles ont souligné le besoin d'avoir accès à des services de consultation psychologique fiables, et confidentiels ou anonymes. Les femmes ont également signalé plus de problèmes que les hommes en matière de déplacements et de transport, soit pour visiter leur communauté d'origine éloignée ou pour se rendre à un rendez-vous chez le médecin ou obtenir un traitement ou des services dans leur collectivité.

Ka Ni Kanikanichk – qui signifie « ceux qui mènent » dans la langue ininew (crie) – offre des programmes et des services administrés par des autochtones qui visent à restaurer et à valoriser les cultures.

« Le VIH et le sida constituent une menace très réelle pour la communauté autochtone et nous devons leur porter une attention entière et immédiate », affirme Astrid MacNeill, coordinatrice du programme White Wolf Speaking du Sexuality Education Resource Centre (SERC) et membre du conseil consultatif du projet.

« Nous demandons à la communauté autochtone de reconnaître cette crise ainsi que la responsabilité sacrée qui lui incombe en vertu de la loi naturelle de ses ancêtres. En vertu de cette grande loi, nous sommes responsables d'assurer la survie des générations suivantes afin qu'elles puissent jouir de la vie dans son intégralité. Nous invitons tous les membres de la communauté à travailler ensemble pour empêcher que le virus continue de se propager en appliquant des moyens qui sont en accord avec les visions du monde des autochtones. Nous vous demandons de prendre en considération les liens qui nous unissent à ceux qui vivent déjà avec le sida, et les soins et le soutien dont eux et leur famille ont besoin. Notre communauté a la responsabilité d'initier des mesures pour contrer la crise du VIH/sida, avec le plein soutien des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux. »

Pour obtenir de plus amples renseignements sur AWRAC, veuillez communiquer avec : Albert McLeod, conseiller de projet
Tél. : (204)953-5820, poste 27; courriel : amcleod@kanikanichihk.ca