Les groupes à but non lucratif lourdement financés par l’industrie pharmaceutique, selon un rapport

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L’indépendance reste une condition essentielle à l’adoption de politiques saines

par L’ACTION POUR LA PROTECTION DE LA SANTÉ DES FEMMES

De plus en plus, Santé Canada consulte la population canadienne sur les orientations du gouvernement en matière de santé. Un groupe de travail subventionné par Santé Canada, Action pour la protection de la santé des femmes, a demandé à la chercheuse Sharon Batt d’examiner d’un peu plus près la source des avis qui lui sont transmis.

Dans un rapport intitulé Marcher à contre-pas : le mouvement pour la protection de la santé au Canada et le financement par l’industrie pharmaceutique, Sharon Batt décrit les méthodes employées par les sociétés pharmaceutiques pour financer les groupes de protection de la santé et conclut que cette pratique engendre des conflits d’intérêts.

Le tableau que dépeint Sharon Batt est celui d’un contexte politique dans lequel les groupes de pression bénévoles sont appelés à jouer un rôle de plus en plus important, tandis que les fonds publics qui leur sont destinés fondent. Une situation qui laisse la porte grande ouverte à l’industrie pharmaceutique.

« Lorsqu’une société pharmaceutique finance, dans le cadre d’une campagne de  promotion, un groupe de sensibilisation à une maladie donnée, on peut craindre que les priorités de l’entreprise ne prennent subtilement le dessus », fait valoir la chercheuse. « Ce groupe osera-t-il dénoncer des procédés publicitaires trompeurs, le cas échéant ? Se risquera-t-il à exiger que les nouveaux médicaments mis sur le marché soient sécuritaires, évalués avec précaution et à la portée de toutes les bourses ? »

Le rapport fournit de nombreux exemples de la façon dont les agences de relations  publiques servent d’intermédiaires pour travailler avec les associations de patients et les organismes bénévoles. Une tactique qui contribue au manque de transparence et permet aux pharmaceutiques de mener des campagnes de sensibilisation et de promotion d’un médicament sous le couvert d’un groupe en apparence neutre.

« Les sociétés pharmaceutiques exercent déjà une influence énorme au sein du système de santé », affirme Sharon Batt. « Nous avons vu les problèmes auxquels cela peut mener, notamment ces articles scientifiques rédigés par un scribe ou la prescription excessive de nouveaux produits par les médecins. »

Batt fait un certain nombre de recommandations dans son rapport et demande notamment au gouvernement fédéral de resserrer ses règlements pour obliger les groupes qui agissent à titre de conseillers de déclarer leurs sources de financement. Elle recommande  également que le gouvernement instaure d’autres sources de financement pour que les groupes de citoyens puissent se prononcer sur les politiques de santé sans avoir à dépendre des sociétés pharmaceutiques.

« Les décideurs doivent connaître l’opinion du public, mais il faudra que les groupes qui parlent en notre nom maintiennent leur indépendance s’ils veulent rester crédibles », conclut-elle.

Pour obtenir la version intégrale de Marcher à contre-pas : le mouvement pour la protection de la santé au Canada et le financement par l’industrie pharmaceutique : www.whp-apsf.ca ou 1 888 818-9172.