Adoption d’un protocole d’accord international sur les femmes et la santé mentale

Taille du texte: Normal / Moyen / Grand
Version imprimableVersion imprimable


par DONNA E. STEWART

Un protocole d’accord international demandant que la santé mentale des femmes soit considérée comme une priorité a été approuvé par l’Association mondiale de psychiatrie (AMP). Ce protocole, le International Women’s Mental Health Consensus Statement, a été signé par 140 associations membres de l’AMP lors du XIIIe Congrès mondial de psychiatrie qui s’est déroulé au Caire en septembre dernier. Il a aussi été endossé par plusieurs autres organisations internationales, dont la Fédération mondiale pour la santé mentale.

Le protocole recommande que les organismes professionnels ainsi que les intervenants en santé mentale et en santé, les gouvernements, le système des Nations Unies,  l’Organisation mondiale de la santé, les autres organismes internationaux intervenant dans le domaine de la santé et des services sociaux ainsi que les organismes non gouvernementaux concernés considèrent la santé mentale des jeunes filles et des femmes comme une priorité dans le cadre de l’élaboration des politiques et des programmes.

Cette initiative a vu le jour il y a plus d’un an, alors que 13 leaders de plusieurs associations internationales oeuvrant dans différentes disciplines liées à la santé mentale ont joint leurs forces pour rédiger l’ébauche d’un document portant sur les besoins des femmes en matière de santé mentale.

Si les taux globaux de maladie mentale sont les mêmes chez les hommes et chez les femmes, le caractère unique du rôle que jouent les femmes dans la reproduction, la  famille et la société ainsi que leur statut socioéconomique souvent inférieur nécessitent que leur santé mentale fasse l’objet de considérations spéciales. Le rôle de la violence et de la discrimination dans l’apparition de problèmes de santé mentale chez les femmes doit également faire l’objet d’une attention particulière. Le protocole souligne que la santé mentale des femmes doit être considérée dans le contexte de la vie des femmes, et qu’elle ne pourra être optimale que si ces dernières jouissent d’un accès égal aux droits humains fondamentaux. La santé mentale des femmes est étroitement liée à l’élimination de la violence et de la discrimination fondées sur le sexe, l’âge, le revenu, la race, le groupe ethnique, l’orientation sexuelle ou les croyances religieuses.

Des recherches plus poussées, l’élimination du harcèlement sexuel, la possibilité pour les femmes de choisir leurs traitements ainsi que l’existence de soins sûrs et adéquats en santé mentale constituent d’autres facteurs déterminants. Partout dans le monde, les leaders dans le domaine de la santé mentale des femmes se préparent à passer à l’étape suivante, qui consiste à s’assurer que les 11 recommandations inscrites au protocole sont bel et bien mises en oeuvre. Au Canada, nous avons effectué une étude sur les contenus en matière de santé mentale des femmes dans l’ensemble des programmes de résidence psychiatrique, et reçu une subvention des Instituts de recherche en santé du Canada
(IRSC) afin d’étudier les indicateurs liés à la santé des femmes au Canada, au Pérou et en Colombie.

Donna E. Stewart a piloté les démarches ayant mené à l’adoption du protocole d’accord international sur les femmes et la santé mentale en sa qualité de présidente de l’International Association of Women’s Mental Health et de présidente de la section sur la santé mentale des femmes de l’Association mondiale de psychiatrie.

Pour prendre connaissance du protocole d’accord international sur les femmes et la santé mentale, visitez le site suivant : www.wpanet.org/bulletin/institutional36.doc

Les leaders des organismes oeuvrant en santé mentale qui souhaitent endosser le protocole peuvent communiquer avec Donna E. Stewart, à donna.stewart@uhn.on.ca.