Atelier national pour les Canadiennes handicapées

Taille du texte: Normal / Moyen / Grand
Version imprimableVersion imprimable

Pour traiter des préoccupations entourant les milieux urbains

par GAIL LUSH, avec l'assistance de FRAN ODETTE, Education Wife Assault
Du Réseau pancanadien sur la santé des femmes et le milieu

Bien que les services et les programmes de santé aient été en général surtout axés sur les aspects biologiques des besoins de santé des Canadiens, il est de plus en plus reconnu que de nombreux facteurs sociaux et économiques ont une incidence sur notre santé. Personne ne comprend mieux cette réalité que les femmes et les hommes qui n'ont pu se prévaloir de certaines occasions d'améliorer leur santé à cause de barrières les empêchant d'avoir accès à des logements sûrs et abordables, et à des services de transport, des programmes d'éducation et de formation, et des biens et des services qui promeuvent le bien-être.

Au cours de la dernière décennie, les recherches portant sur l'état de santé des femmes handicapées, qui ont été effectuées par les femmes elles-mêmes, ont commencé à mettre en lumière la façon dont les fournisseurs de soins de santé et les responsables des politiques peuvent répondre à l'ensemble des besoins et des préoccupations de ces femmes.

Les femmes handicapées qui vivent dans des milieux urbains se préoccupent surtout de la manière dont l'organisation des espaces urbains (où elles vivent, travaillent et obtiennent des services) a une incidence sur leur santé et leur bien-être. Bien que les milieux bien peuplés puissent offrir de meilleures options en termes d'emploi, de divertissement, d'éducation et de services de santé, les attitudes discriminatoires envers les femmes handicapées empêchent ces dernières de réaliser leur désir de jouir de ces occasions et de participer pleinement à la vie urbaine.

Dans une récente enquête auprès des consommateurs, les femmes canadiennes handicapées ont indiqué qu'elles font face à diverses barrières physiques, environnementales, comportementales et structurelles ainsi qu'à des obstacles de communication dans l'accès aux services et aux soins de santé (Conseil des Canadiens avec déficiences, 2004). Comme le dit Fran Odette de l'organisme Education Wife Assault, « un des facteurs qui a une incidence sur la santé des femmes handicapées est le manque de services accessibles tenant compte de tous les aspects de la santé sexuelle, y compris la reproduction. Souvent, nous sommes nombreuses à ne pas passer un test de Pap annuel parce que nous n'avons pas accès à des tables d'examen adaptées ou parce que les praticien(ne)s présupposent que les femmes handicapées sont “asexuées” et, par conséquent, qu'elles courent moins de risques gynécologiques ou un moins grand risque d'infections transmises sexuellement ».

Nombre des obstacles auxquels font face les femmes handicapées dans l'accès aux services de santé sont de plus aggravés par des facteurs comme l'âgisme, l'hétérosexisme, la discrimination culturelle, la barrière de la langue, le racisme et les obstacles à l'emploi.

Depuis 1996, le Réseau pancanadien sur la santé des femmes et le milieu (RPSFM), dont les bureaux sont situés à l'Université York, à Toronto, coordonne des projets de recherche de partenariat communautés-universités pour promouvoir l'accès équitable des femmes aux services de santé. Le RPSFM est actuellement l'un des quatre Centres d'excellence pour la santé des femmes qui sont appuyés par le Bureau pour la santé des femmes et l'analyse comparative entre les sexes afin d'accroître les connaissances sur la santé des femmes et sa compréhension, et d'assurer que le système de soins médicaux répond aux besoins et aux préoccupations des femmes.

Au cours des trois prochaines années, le RPSFM va continuer à travailler continuer à oeuvrer pour changer la situation en collaborant avec des femmes handicapées, y compris des chercheuses, des responsables des politiques et des activistes de la cause des personnes handicapées, à un projet en trois phases intitulé La santé et les handicaps des femmes en milieux urbains . Ce projet permettra aux femmes handicapées de partout au Canada de s'exprimer haut et fort sur les stratégies, les appuis et les changements en politique nécessaires pour supprimer les barrières à l'accès aux soins de santé dans les milieux urbains.

Pour exécuter la première phase du projet, le RPSFM a obtenu une subvention pour la tenue d'un atelier de l'Institut de la santé des femmes et des hommes, qui fait partie des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Cette subvention permettra au Réseau d'organiser un atelier national virtuel où les femmes handicapées pourront discuter de bien d'autres obstacles à la santé que l'accessibilité physique. L'atelier sera mené en français et en anglais au moyen d'une technologie accessible sur le Web dans Enablelink, le site de la Canadian Abilities Foundation.

À l'automne 2005, les participantes du projet seront invitées à participer à l'aide de leur ordinateur à la maison ou dans un site d'accès communautaire à des bavardoirs en temps réel et à des babillards électroniques. Il y aura quatre sujets principaux de discussion, soit les services de santé en matière de reproduction, les services de soins de santé primaires (p. ex., les médecins généralistes, les hôpitaux et les cliniques), les services de santé mentale, et les services de santé liés à la violence et aux abus.

Les femmes intéressées à participer recevront par la poste, avant la tenue de l'atelier, une trousse contenant de l'information générale sur le projet, un formulaire de consentement, un formulaire d'évaluation du projet, et un court sondage pour aider les responsables d'équipe à déterminer les besoins des participantes en matière d'accès.

Les efforts pour encourager la participation à l'atelier cibleront toutes les femmes handicapées, notamment celles venant de minorités visibles, les francophones, les femmes aux prises avec des problèmes de santé mentale, les sourdes de naissance, devenues sourdes ou dures d'oreille, et les transgenres.

Les discussions qu'auront les femmes handicapées au cours de l'atelier aideront l'équipe à cerner les problèmes et les questions qui serviront à la planification de la deuxième phase du projet. Des recommandations seront rendues publiques au cours de la troisième phase, et communiquées par voie d'exposés de politiques, de communiqués de presse, de mises à jour trimestrielles dans le magazine Abilities , de publications communautaires et universitaires, et de présentations aux intéressés clés du secteur de la santé.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur ce projet ou pour savoir comment y participer, veuillez communiquer avec Sandra Kerr à skerr@yorku.ca, au (416) 736-2100, poste 20715, ou visitez le site Web du RPSFM à www.yorku.ca/nnewh.

 

haut