Le Canada a besoin d'une stratégie de santé et de guérison pour les femmes des Premières nations, les Inuites et les Métisses

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Le système de santé fait défaut à la plupart des femmes autochtones tout au cours de leur vie

Du Groupe de recherche sur la santé et la guérison des femmes autochtones

Les femmes des Premières nations, les Inuites et les Métisses continuent d'accepter des rôles et des responsabilités à la fois traditionnelles et modernes dans le domaine de la santé et de la guérison. Si l'on veut assurer la survie et la réussite des familles et des communautés, si l'on veut donner une place distincte à la culture autochtone dans les communautés et la société en général, il est essentiel d'appuyer ces efforts.

Les traditions précoloniales et contemporaines offrent des définitions quant à l'identité des femmes des Premières nations, des Inuites et des Métisses, mais les approches globales masquent encore le vécu, les intérêts et les inquiétudes des tout petits, des enfants, des jeunes, des adultes et des vieillards de sexe féminin au sein de ces groupes. Malgré certains gains, le système de santé fait défaut à la plupart des femmes autochtones tout au cours de leur vie et de génération en génération.

Le mot cri kitimakisowin désigne plusieurs types de pauvreté, notamment une absence de satisfaction des besoins humains fondamentaux qui entraîne à la longue des problèmes de santé et entrave la guérison. Les femmes des Premières nations, les Inuites et les Métisses souffrent de :

* Pauvreté à l'échelle de la subsistance, causée par l'insécurité alimentaire, le changement de climat, des revenus moyens inférieurs à ceux des hommes, la monoparentalité, l'itinérance et les dispositions de la Loi sur les Indiens en matière des droits matrimoniaux.

* Pauvreté à l'échelle de la santé génésique et sexuelle , attribuable à des méthodes de contraception inadéquates ou inaccessibles, à une absence de contrôle dans le domaine de la procréation, au rabaissement des femmes et des jeunes filles au rang d'objet sexuel et reproducteur, à la violence sexuelle, au cancer du col de l'utérus et aux maladies transmissibles sexuellement telles que le VIH/sida.

* Pauvreté à l'échelle de l'identité, en raison du renoncement forcé du statut autochtone, de l'imposition de l'urbanisation et de l'héritage des pensionnats.

* Pauvreté à l'échelle de la sécurité et de la protection , occasionnée par la violence conjugale et familiale, l'incarcération, les incapacités, les accidents d'automobiles, les intoxications, le diabète, la mauvaise qualité de l'eau potable.

* Pauvreté à l'échelle de la santé mentale, à la suite de traumatismes historiques, de troubles de dépression, de suicides, d'abus d'alcool et d'autres substances.

* Pauvreté à l'échelle de la participation, attribuable à la discrimination fondée sur le sexe, la race, la classe sociale, l'orientation sexuelle et l'âge, aux problèmes de santé chroniques, à l'épuisement professionnel(le)s.

* Pauvreté à l'échelle du pouvoir et du savoir, causée par les lacunes en matière de recherche et de capacités, la perte des cultures et des langues, l'inégalité entre les sexes.

De nombreuses femmes des Premières nations, inuites et métisses font face à une situation appelée impahi-kitimakisowin – un mot cri qui désigne des cas de pauvreté mortelle ou extrême. Elles sont très exposées à de graves problèmes émotionnels, mentaux et spirituels, et à une mort précoce.

La santé et la guérison des femmes des Premières nations, des Inuites et des Métisses reposent sur l'égalité des sexes. À cet égard, nous avons besoin d'une stratégie de santé et de guérison pour les femmes des Premières nations, les Inuites et les Métisses. Cette stratégie doit respecter la Stratégie pour la santé des femmes de Santé Canada et la Politique de Santé Canada en matière d'analyse comparative entre les sexes et doit prêter une attention particulière à la Politique sur l'analyse comparative de l'égalité des sexes des AINC sans perdre de vue les déterminants de la santé, les approches intersectorielles et les réformes de la santé en cours.

Une stratégie contribuerait beaucoup à la promotion de la reconnaissance explicite des femmes des Premières nations, des Inuites et des Métisses par le gouvernement fédéral et les organisations autochtones à prédominance masculine. Elle garantirait en plus l'égalité des occasions et des résultats en matière de santé et de guérison. Il faudra pouvoir compter sur l'appui du gouvernement pour éliminer les pratiques discriminatoires et limitatives imposées aux femmes des Premières nations, aux Inuites et aux Métisses et pour encourager des rapports équilibrés entre les sexes.

Une analyse comparative entre les sexes doit être adoptée dans les collectivités des Premières nations, les communautés inuites et métisses et dans toute politique autochtone. Cette analyse devrait tenir compte du double accent que mettent les femmes autochtones sur la santé et la guérison, qui consiste à accorder de l'importance à l'absence de maladie et aux forces existantes telles que la résilience, la spiritualité et les traditions culturelles. Cette approche favoriserait l'adoption d'une stratégie axée sur les capacités réelles des femmes des Premières nations, des Inuites et des Métisses quant à la promotion du bien-être des familles et des communautés. Présentement, les femmes prient le Créateur pour obtenir la grâce divine, tirent des conclusions à partir de recherches et sont personnellement engagées dans la résolution de graves problèmes de santé et de société.

Des organisations pour les femmes autochtones, telles que le Groupe de recherche pour la santé et la guérison des femmes autochtones, offre une approche qui permet de recruter et de retenir la participation de la population et d'assurer des services aux femmes. Le groupe de recherche a tenu deux rencontres nationales au cours desquelles des chercheuses autochtones ont pu identifier les rapports entre la recherche en santé et les changements à l'échelle communautaire. Le Groupe de recherche pour la santé et la guérison des femmes autochtones est une nouvelle organisation qui augmente la capacité des femmes autochtones d'influer sur les politiques par le biais de la recherche, de la défense des droits, et de la participation à tous les niveaux.

Il est essentiel que nous développions une stratégie de santé et de guérison pour les femmes des Premières nations, les Inuites et les Métisses, stratégie qui prenne en compte les perspectives de ces groupes importants de femmes, et qui examine les options de santé et de guérison qui se recoupent.

Le Groupe de recherche pour la santé et la guérison des femmes autochtones est un réseau national de chercheuses des Premières nations, inuites et métisses qui s'intéressent à la recherche communautaire axée sur la santé et la guérison des femmes autochtones, de leur famille et leur communauté. Le GRSGFA est subventionné par Santé Canada à travers son Programme de contribution pour la santé des femmes, et fait tous les efforts pour mettre sur pied un Centre d'excellence pour la santé et la guérison des femmes autochtones. Pour de plus amples renseignements, veuillez vous adresser à carawehkamp@sympatico.ca ou consultez le site Web www.centres.ca

 

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