La société canadienne du cancer prend position sur l’HTS

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En raison de l’accroissement du risque de cancer, les femmes devraient éviter de recourir à l’hormonothérapie substitutive (HTS) combinée sauf pour traiter les symptômes graves de la ménopause qu’aucun autre traitement n’a pu soulager, annonce en janvier 2004 la Société canadienne du cancer.

« De récentes études scientifiques indiquent qu’à long terme, l’hormonothérapie substitutive combinée accroît le risque de cancer du sein chez les femmes de plus de 50 ans, de même que le risque d’autres maladies telles que les maladie du cœur, les accidents vasculaires cérébraux et les embolies pulmonaires », déclare Heather Logan, directrice des politiques de lutte contre le cancer à la Société canadienne du cancer. « Les données actuelles démontrent que les risques associés à l’HTS combinée excèdent les avantages potentiels du traitement. ».

La Société recommande aux femmes qui présentent des symptômes ménopausiques aigus et qui songent à suivre un traitement hormonal de substitution, combinant œstrogène et progestatif, de consulter d’abord leur médecin afin d’en soupeser les avantages et lrd inconvénients. Les éléments suivants sont à prendre en considération pour chaque patiente :

  • les antécédents personnels et familiaux de cancer du sein et des ovaires, de maladies cardiovasculaires, d’ostéoporose et de démence;
  • la gravité des symptômes de ménopause;
  • la durée de l’hormonothérapie substitutive.

« D’après l’état actuel de la recherche, nous sommes d’avis que si une femme – après avoir consulté son médecin – opte pour une hormonothérapie substitutive combinée, le traitement devrait être de la plus courte durée possible, le temps de soulager les symptômes pour lesquels l’HTS a été prescrite », précise Mme Logan.

Mme Logan ajoute que le risque accru de cancer du sein, tout comme celui d’autres maladies, constitue une source de préoccupation importante en matière de santé publique. « Considérant le nombre de femmes qui suivent une hormonothérapie substitutive combinée, il s’agit d’un problème non négligeable à l’échelle de l’ensemble de la population. Nous nous inquiétons de l’augmentation éventuelle des cas de cancer du sein. »

La Société fonde sa nouvelle recommandation sur les conclusions d’une vaste étude américaine, conçue avec soin, appelée la Women’s Health Initiative (WHI) et divisée en plusieurs volets, dont un portant sur l’étude du traitement combinant œstrogène et progestatif.

L’étude sur l’hormonothérapie combinée a fait appel à plus de 16 600 femmes ménopausées de 50 à 79 ans ayant conservé leur utérus, qui ont été soumises soit à une hormonothérapie substitutive combinant œstrogène et progestatif, soit à un traitement placebo. L’essai visait à vérifier l’effet de cette forme d’HTS sur la prévention des maladies cardiovasculaires et des fractures de la hanche, de même qu’à identifier tout risque associé de cancer du sein et du côlon. L’étude a été interrompue après une durée moyenne de 5,2 ans (la durée prévue était de 8,5 ans) en raison de l’augmentation du risque de cancer du sein envahissant et de la démonstration que les risques liés au traitement étaient supérieurs aux bénéfices.

L’étude a permis de recenser, pour chaque groupe donné de 10 000 femmes prenant une combinaison d’œstrogène et de progestatif par rapport à 10 000 femmes ne suivant pas le traitement (par année d’hormonothérapie substitutive) :

  • 8 cas de cancer du sein envahissant de plus (38 femmes sous HTS contre 30 sans HTS);
  • 7 cas de crise cardiaque de plus (37 contre 30);
  • 8 cas d’AVC de plus (29 contre 21);
  • 18 cas de caillots veineux de plus (34 contre 16), dont 8 cas de caillots dans les poumons;
  • 6 cas de cancer colorectal de moins (10 femmes sous HTS contre 16 sans HTS);
  • 5 cas de fractures de la hanche de moins (10 contre 15).

Si on tient compte de tous les cas supplémentaires de cancer du sein, de crise cardiaque, d’AVC et d’embolie pulmonaire, et qu’on soustrait les cas évités de cancer colorectal et de fracture de la hanche, on observe quand même 30 occurrences supplémentaires de problèmes de santé chez 10 000 femmes suivant un traitement hormonal après 5,2 ans, durée de l’étude.

La Société canadienne du cancer est un organisme bénévole national, à caractère communautaire, dont la mission est l'éradication du cancer et l'amélioration de la qualité de vie des personnes touchées par le cancer. Visitez le site www.cancer.ca ou
Composez le 1-888-939-3333
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Pour plus d’information sure les avantages et les inconvénients de HTS, consultez le site www.cwhn.ca/ressources/hormonotherapie/index.html