Les survivantes d'abus sexuels hésitent à recourir au système de santé

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Les chiffres sont effarants. Au Canada, une fille sur trois et un garçon sur cinq seront sexuellement agressés avant l'âge adulte, selon les statistiques de 1994 du Centre national d'information sur la violence dans la famille. Les chercheurs savent depuis longtemps que la violence sexuelle, à l'endroit des enfants, entraîne d'importantes séquelles à long terme qui auront des effets sur leur santé émotionnelle, psychologique et physique. Ces séquelles sont ressenties même à un âge adulte avancé. Les victimes de ces agressions signalent qu'elles vivent davantage de problèmes interpersonnels, d'automutilation, des douleurs chroniques, des troubles gastro-intestinaux et respiratoires et d'autres affections chroniques.

Dernièrement, des études ont indiqué que les personnes ayant subi de la violence dans leur enfance hésitent aussi à consulter leur médecin et refusent d'être soignées, à moins que cela ne soit absolument nécessaire. Selon les chercheurs, il existe des ressemblances entre les contextes où les abus sont perpétrés et les contextes dans lesquels ont lieu la plupart des examens médicaux, comme le fait d'être seul dans une pièce fermée avec un individu doté d'un grand pouvoir, le sentiment de ne pas contrôler la situation, l'angoisse d'être touché ou de subir un examen physique qui peut être douloureux, et la nécessité de retirer ses vêtements ou une partie de ses vêtements.

Étant donné qu'une femme sur trois a été sexuellement agressée pendant son enfance, le Centre d'excellence pour la santé des femmes—région des Prairies—a publié une série de guides invitant les professionnels de la santé à prendre conscience de l'anxiété que peut générer un examen médical chez de nombreuses personnes. Cette documentation recommande d'effectuer certains changements, autant pour ce qui est des lieux de l'examen (comme mettre de la musique ou exposer des œuvres d'art pour créer un sentiment de réconfort et de sécurité) que dans les procédures d'examen (par exemple, favoriser chez la patiente un sentiment de contrôle, lui offrir des choix et lui remettre des dépliants qui expliquent les procédures).

Pour plus d'information, consultez le document Pour un examen médical sans embûches : un guide ressources à l'intention des survivantes et des professionnels de la santé, à l'adresse suivante : http://www.cwhn.ca/resources/csa/ab_index.html