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Le système de santé au Canada atlantique néglige les immigrantes, les réfugiées et les femmes des minorités

Du Centre d'excellence pour la santé des femmes—région de l'Atlantique

Le système de santé au Canada atlantique ne peut aider les immigrantes, les réfugiées et les femmes des minorités s'il est incapable de les entendre et de les voir. Lorsqu'il est question de populations diverses et de leur accès aux soins, l'invisibilité de ces groupes aux yeux du système constitue une préoccupation majeure.

De récentes études parrainées par le Centre d'excellence pour la santé des femmes—région de l'Atlantique (CESFA) ont révélé, dans la région, un important manque de connaissances concernant l'accessibilité des soins aux populations défavorisées en général, surtout aux femmes.

Une absence d'information concernant la vie des femmes et de leur famille, notamment les Autochtones, les Noires nées dans la région, les immigrantes et les réfugiées, constitue l'un des principaux obstacles qui prive cette population de soins adéquats.

Une étude commanditée par le CESFA démontre qu'il existe trois écueils importants qui nuisent à la prestation de soins adéquats :

  • La recherche médicale
    Les autorités en matière de santé connaissent peu les maladies ethno-culturelles et les médecines douces appréciées par les minorités. Les services ne tiennent pas compte des effets différents de certaines maladies chez les Noirs ou les Asiatiques, des conditions de santé souvent relevées chez différents groupes ethniques, ou des médecines douces correspondant aux croyances culturelles et religieuses de certains groupes.




  • La langue et la communication
    Les minorités qui ont des difficultés linguistiques —notamment les immigrantes, qui sont les personnes prodiguant les soins au sein de leur foyer—ne connaissent pas les services de santé offerts et ne peuvent donc y avoir recours de façon optimale. Les limites ou l'insuffisance des réseaux de soutien sociaux et le chômage répandu chez ces femmes font qu'il est difficile pour elles de demeurer en bonne santé.




  • La culture
    L'accessibilité aux soins de santé par des groupes tels que les Acadiennes, les Noires, les Autochtones et les immigrantes est de plus en plus difficile parce que le système de santé régional n'est pas toujours sensible aux besoins d'une clientèle culturellement diversifiée. Dans les faits, cette situation se traduit par une tendance à contourner le système. Les immigrantes préfèrent parfois s'abstenir de consulter si elles ne peuvent pas voir une femme médecin pour un examen gynécologique. Les Noires ont moins recours aux services de dépistage de cancer du sein que les autres femmes, s'appuyant davantage sur les structures communautaires pour gérer leur santé. Les Autochtones préfèrent obtenir des soins dans leur propre communauté.




  • Des mesures à prendre dans l'avenir
    Le CESFA recommande l'utilisation d'un plus grand nombre d'interprètes médicaux qui seraient mieux formés, pour éviter les malentendus et pour améliorer la communication en ce qui a trait aux diagnostics.

L'enseignement à des interprètes de la terminologie médicale et de la traduction culturelle et linguistique favoriserait le bon déroulement des contacts entre les immigrantes et le personnel médical. En parallèle, il faut mettre sur pied un plus grand nombre d'organismes qui dispenseront de l'information essentielle et renseigneront la femme immigrante sur la façon d'utiliser le système et sur la promotion de la santé, et ce, dans la langue de celle-ci.

Les autorités provinciales et régionales, œuvrant dans le domaine de la santé au Canada atlantique, doivent élaborer des politiques complémentaires qui intègrent la formation psychosociale et la sensibilisation aux enjeux multiculturels dans les programmes destinés aux professionnels de la santé. La sensibilisation du personnel médical et des employés de soutien doit être intégrée aux politiques et aux pratiques avant que le système ne puisse tenir compte des différences culturelles.

Pour terminer, il est nécessaire de mener des recherches communautaires culturellement significatives sur la question de l'inclusion sociale et économique, lesquelles exerceraient une influence sur les politiques, l'éducation professionnelle et la prestation de services.

Les données complètes de la recherche sont disponibles auprès de : http://www.medicine.dal.ca/acewh/eng/reports.html ou (902) 470-6725.


Les immigrantes, les réfugiées et les femmes de minorités visibles aux prises avec le syndrome de stress post-traumatique, révèle une étude
Du Centre d'excellence pour la santé des femmes—région des Prairies, en collaboration avec le Immigrant Women's Association of Manitoba et le Centre for War Affected Families

Une nouvelle étude, menée par Judy White et publiée par le Centre d'excellence pour la santé des femmes—région des Prairies, révèle que les immigrantes, les réfugiées et les femmes de minorités visibles souffrent souvent du syndrome de stress post-traumatique, et que les médecins et les psychiatres ne semblent pas en identifier les symptômes chez leurs clientes.

Les immigrantes et les réfugiées viennent souvent de pays ravagés par la guerre et peuvent avoir vécu des désastres, des incidents extrêmement traumatisants et de l'oppression continue en raison de leur sexe. Le processus de migration et l'expérience de l'établissement en tant qu'immigrante au Canada peuvent aussi ajouter au sentiment de détresse et au traumatisme.

L'étude de l'état de traumatisme, notamment du syndrome de stress post-traumatique, est intéressante pour les décideurs, les professionnels de la santé et les autres travailleurs communautaires en raison des arrivées et de l'établissement constants d'immigrantes et de réfugiées en provenance de nombreux pays du monde. Un nombre croissant de femmes viennent de pays déchirés par la guerre et de pays où la population est constamment exposée aux désastres et à des incidents extrêmement traumatisants, et où règne l'oppression des femmes. L'étude explore également les parallèles entre les femmes autochtones et les femmes d'autres minorités visibles et leur expérience du syndrome de stress post-traumatique.

Actuellement, le système de santé canadien ne se penche pas assez sur les immigrantes, les réfugiées et les femmes de minorités visibles aux prises avec ce syndrome. Selon cette étude, qui porte sur le vécu des femmes en Saskatchewan, les décideurs, les médecins, les travailleurs en santé mentale et les autres intervenants des communautés doivent améliorer les services pour mieux répondre aux besoins des immigrantes et des réfugiées victimes du syndrome de stress post-traumatique.

Pour plus de détails sur cette étude, veuillez consulter le site Web http://www.pwhce.ca/ptsd-immigrant.htm ou composer le (204) 982-6632.


Une étude de 1,25 million de dollars se penche sur l'impact du racisme et de la violence sur la santé et le bien-être des Afro-Canadiens
Des Instituts de recherche en santé du Canada

Une équipe de chercheurs afro-canadiens étudie présentement l'impact de la violence, y compris la violence perpétrée dans le contexte du racisme, sur la santé et le bien-être des membres des communautés noires d'Halifax, de Toronto et de Calgary. Wanda Thomas Bernard, Ph.D., directrice de l'École de travail social de la Dalhousie University, est en tête de cette recherche quinquennale, un projet de 1,25 million de dollars financé par l'Institut de recherche en santé du Canada (IRSC), en partenariat avec le Centre d'excellence pour la santé des femmes—région de l'Atlantique.

Susan Edmonds, coprésidente de la Health Association of African Canadians (HAAC) [Association pour la santé des Afro-Canadiens], est l'une des nombreuses partenaires communautaires impliquées dans la recherche. Infirmière et activiste communautaire, madame Edmonds joue un rôle de premier plan dans le mouvement réclamant l'inclusion du racisme comme déterminant de la santé. « Le fait d'être constamment dévalorisé en tant que personne combiné à la crainte de prendre la parole détruit la confiance en soi et peut provoquer des effets négatifs sur la santé d'un individu », affirme madame Edmonds.

« Les chercheurs ont fait des allerretour dans la communauté noire sans jamais créer des liens durables, explique madame Edmonds. Les résultats de ces recherches étaient plutôt paternalistes. » La HAAC est heureuse de constater que l'IRSC a soutenu la mise sur pied d'une équipe de recherche afro-canadienne, dont les membres vivent au sein de la communauté et contribuent à son bienêtre de façon continue.

Madame Bernard précise que ce projet est de la recherche-action. En d'autres termes, l'information est recueillie et analysée dans le but de fournir aux membres de la communauté, aux professionnels de la santé et aux décideurs des fondements qui leur permettront de passer à l'action sur des questions touchant les communautés participantes. Autant que possible, les assistants de recherche embauchés proviendront de la communauté noire et l'achat de services sera fait auprès de membres de cette même communauté. « Ce type de recherche ne peut être réussie que si les membres de la communauté contribuent de leur temps, de leurs compétences et de leurs ressources, précise madame Bernard. Une approche de recherche déontologique exige que les communautés étudiées bénéficient de la plupart des ressources attribuées à un projet. »

En collaboration avec des membres de la communauté afro-canadienne, les chercheurs afro-canadiens et leurs assistants de recherche travailleront à répertorier les expériences des individus et de la communauté et les faits ayant trait à la violence systémique. Ils rencontreront des gens de différentes communautés pour échanger sur des questions d'actualités, effectuer un sondage et mener des entrevues en profondeur. Ils travailleront également avec neuf familles pendant une période de trois ans, examinant de près le vécu des membres de ces familles en ce qui a trait à la violence, et ses effets non seulement sur leur santé et leur bienêtre mais aussi sur leur communauté et sur la société en général. Une conférence pancanadienne aura lieu à Halifax en 2003, une conférence Internet suivra en 2004 et une conférence internationale sera donnée en 2006.

Dans chaque ville, des séances de consultation publique seront organisées pour discuter de thèmes qui se préciseront au fil des activités de recherche et pour explorer des façons de traiter ces questions de façon concrète. Dans la dernière année, quatre projets communautaires seront mis sur pied. Ces projets mettront en valeur les capacités des communautés à se guérir de la violence à l'échelle de l'individu et de la communauté, et de la violence systémique, tout en mettant en place des mécanismes de prévention. Du matériel d'éducation et des ateliers axés sur la culture noire et mettant l'accent sur la violence, les rapports sociaux entre les sexes et la santé seront développés dans le cadre d'au moins un des projets.

Les thèmes abordés dans le cadre de la recherche porteront, entre autres, sur les questions suivantes : De quelle façon les garçons, les filles, les hommes, les femmes et les aînés afro-canadiens ont-ils subi de la violence dans leur vie? Quels sont les effets de cette violence sur leur santé et leur bien-être? Quels sont les effets de cette violence sur la santé de leur famille et de leur communauté? Quelles sont les actions qu'entreprennent les membres de leur communauté pour se protéger de la violence dans leur vie? Quelles sont les autres mesures que les individus, les familles et les communautés peuvent prendre pour mieux comprendre les causes et les effets terrifiants de la violence? Comment pouvons-nous nous assurer que les connaissances que nous acquérons directement sont bénéfiques aux membres des communautés afro-canadiennes et influencent les décideurs, les responsables de programmes et les travailleurs de première ligne?

Pour plus de détails, veuillez contacter Wanda Thomas Bernard, Ph.D., chef de l'équipe d'Halifax, en composant le (902) 494-1190, ou par courriel, à l'adresse wanda.bernard@dal.ca


Le VIH : selon les études, le risque n'est pas le même pour les Canadiennes que pour les Canadiens
Du Centre d'excellence pour la santé des femmes—région de l'Atlantique

Selon de nouvelles études publiées par le Centre d'excellence pour la santé des femmes—région de l'Atlantique (CESFA), le système de santé affiche un manque de sensibilité généralisé en ce qui a trait aux différences entre les hommes et les femmes dans le domaine de la prévention du VIH et des traitements offerts au Canada, notamment en ce qui a trait aux facteurs de risque. Ces omissions ont évidemment des conséquences sur la santé de toute la population.

Santé Canada estime que un Canadien ou une Canadienne sur 500 est séropositif et que 35 000 personnes auraient reçu dernièrement un diagnostic de VIH/sida. De plus, 15 000 personnes seraient infectées sans le savoir (Santé Canada 2000).

Au Canada, le nombre de femmes qui reçoivent un diagnostic de VIH continue d'augmenter. Bien que les chiffres indiquent une baisse générale de 25 % du nombre de personnes séropositives au Canada depuis 1995, le nombre de femmes séropositives augmente de façon constante et a grimpé de 20 % depuis 1997. À l'échelle mondiale, l'âge des femmes atteintes est plus jeune que celui des hommes, et le risque de transmission des hommes aux femmes est deux fois plus élevé que le risque de transmission des femmes aux hommes.

Des études individuelles publiées par le CESFA examinent l'impact du VIH sur différentes populations féminines au Canada

Le VIH et les femmes autochtones
Le taux de VIH et de sida a rapidement grimpé, et de beaucoup, chez les nations autochtones du Canada, et l'incidence de VIH et de sida est manifestement différente de celle observée chez les Canadiennes en général. Les données épidémiologiques démontrent que les femmes autochtones constituent 49,6 % des nouveaux cas de VIH dépistés chez les nations autochtones, alors que les femmes non autochtones comptent pour 20 % des cas de VIH nouvellement dépistés chez la population non autochtone.

La consommation de drogues injectables constitue la principale cause du VIH chez les femmes autochtones, suivie des relations hétérosexuelles avec un partenaire séropositif. Les femmes autochtones contractent le VIH plus tôt que les femmes non autochtones. Les jeunes femmes constituent la plus grande part des cas de sida chez les Autochtones. Le risque de transmission du VIH de la mère à l'enfant est donc à la hausse chez les femmes autochtones. L'étude publiée par le CESFA indique que malgré ces tendances alarmantes, les femmes autochtones sont toujours absentes des recherches et des politiques sur le VIH/sida, et l'accès aux services leur est très difficile.

Le VIH et les femmes enceintes
Les femmes en âge de procréer (15 à 44 ans) comptent pour environ 80 % de tous les cas de sida répertoriés chez les Canadiennes adultes. Parmi les cas de sida pédiatrique, la majorité (84 %) sont des cas de transmission de la mère à l'enfant (Santé Canada 2001). Cette étude pancanadienne se penche sur la pertinence des différentes approches provinciales en matière de services de dépistage volontaire du VIH et de counseling visant à réduire le taux de sida pédiatrique au Canada.

Le VIH et la consommation de drogues injectables
La consommation de drogues injectables continue d'être un facteur de risque majeur chez les Canadiennes séropositives. La proportion de tests de dépistage positifs chez les femmes liés à la consommation de drogues injectables était de 31,9 % avant 1994. Ce chiffre a augmenté à 53,6 % en 1995, et a baissé à 47,5 % en 1999.

Les auteures de l'étude publiée par le CESFA suggèrent que les femmes qui consomment des drogues injectables sont plus nombreuses que les hommes à utiliser des seringues qui ont déjà servi à d'autres personnes, plus nombreuses à partager le matériel servant à l'injection (eau, ouate, réchauds) et plus nombreuses à partager les aiguilles et les seringues avec un partenaire sexuel. Les études suggèrent que le risque de contracter le VIH est grandement lié à la présence de liens et de réseaux chez les consommatrices de drogues injectables.

Le VIH et la prostitution
Contrairement aux croyances populaires, les études démontrent que les prostituées canadiennes ne risquent pas plus de contracter le VIH ou d'autres maladies transmissibles sexuellement que les autres femmes, à moins qu'elles ne consomment des drogues injectables. Jusqu'à présent, une grande part du travail de prévention du VIH mené au sein de l'industrie canadienne du sexe ciblait la prostitution féminine. La plupart des programmes de prévention visaient à transmettre aux prostituées de solides connaissances concernant la transmission du VIH et à s'assurer que celles-ci utilisent le condom. Des études suggèrent que ces programmes ont été efficaces, que de nombreuses femmes qui travaillent comme prostituées en Amérique du Nord utilisent le condom de façon constante et que les travailleuses de l'industrie du sexe utilisent le condom plus régulièrement que les autres populations du même âge, de même race et de même sexe.

Toutefois, les recherches indiquent également que l'absence d'utilisation du condom pendant les relations entre les prostituées et les clients est souvent due au refus du client. La résistance du client face à l'utilisation d'un condom peut se manifester de différentes manières; d'une coercition subtile, le client peut exercer jusqu'à une violence plus explicite. Cette étude démontre que le fait de mettre l'accent sur la femme prostituée en tant que gardienne de pratiques sexuelles sans risques mène non seulement à négliger les contextes inhibant la pratique de la sexualité sans risques chez les femmes mais aussi à renforcer l'idée selon laquelle les femmes, et non les hommes, sont responsables de la transmission du VIH.

Les données complètes de la recherche sont disponibles auprès de : http://www.medicine.dal.ca/acewh/eng/gender_hivaids.html ou (902) 470-6725.