La pauvreté est un danger pour la santé des femmes

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Les gouvernements qui planifient la réforme de leur système de santé devraient tenir compte des recommandations présentées dans un nouveau rapport publié par la Clinique de santé des femmes de Winnipeg (CSFW). Intitulée Women, Income and Health in Manitoba [Les femmes, le revenu et la santé au Manitoba], cette étude révèle qu’en dépit du fait que les femmes vivant dans la pauvreté sont plus à risque que les autres de tomber malades ou de mourir à un âge peu avancé, la disparité des revenus au Canada fait en sorte que toutes les catégories de revenu sont vulnérables sur le plan de la santé et de l’espérance de vie.

« Nous voulons alerter les Manitobains et les Manitobaines au fait que la faiblesse du revenu a des effets négatifs non seulement sur la santé des femmes vivant dans la pauvreté, mais également sur celle des personnes appartenant aux autres catégories de revenu, » indique Barbara Wiktorowicz, directrice générale de la CSFW. « Nous voulons qu’ils sachent que des mesures peuvent être prises dès maintenant pour changer cette situation; nous avons décidé de lancer aujourd’hui ce rapport parce qu’il fournit des données essentielles au débat actuel sur la réforme de la santé. »

Publié en février dernier, le rapport a mobilisé l’attention des médias et marque la première étape de la campagne La pauvreté est un danger pour la santé des femmes, lancée à l’échelle de la province. La CSFW cherche à sensibiliser la population et les décisionnaires au fait qu’« en réduisant la pauvreté, nous améliorons l’état de santé de tous et toutes. Ensemble nous pouvons parvenir à ce but. »

Les chercheurs du gouvernement et du secteur de la santé savent depuis un certain temps qu’il existe un lien entre le niveau de revenu et l’état de santé. Les recherches effectuées dans les pays développés révèlent toutefois qu’il n’y a pas seulement la pauvreté qui est responsable de la maladie; l’inégalité est aussi un facteur néfaste pour la santé de tous. Dans les pays où l’on constate une grande inégalité, même les plus riches sont touchés par la maladie et meurent à un plus jeune âge qu’ailleurs.

Au Manitoba, comme partout ailleurs au Canada, la pauvreté a un visage, touchant les femmes plus souvent et plus gravement que les hommes. Elle sévit particulièrement chez les femmes ayant un handicap et les femmes de couleur, frappant le plus durement chez les femmes autochtones. Celles-ci sont en moins bonne santé que les hommes autochtones et que le reste de la population féminine canadienne. On a fait un effort particulier, dans ce rapport, pour rendre compte de leur point de vue et de leurs besoins.

La CSFW veut inciter la population à s’activer pour faire changer les choses. Une fois que le grand public aura saisi que la sécurité économique, le soutien social et la distribution équitable des revenus jouent un plus grand rôle que les soins médicaux pour assurer la santé de la population, il pourra encourager les décisionnaires à adopter de nouvelles approches et exercer des pressions en ce sens.

Il faut en priorité restructurer les services de santé pour répondre aux besoins des femmes à faible revenu et faire participer celles-ci à la planification et l’évaluation. La campagne vise toutefois un objectif plus large : amener les décisionnaires à l’intérieur et à l’extérieur de la sphère de la santé à considérer les répercussions de leurs décisions sur l’état de santé et à envisager en quoi ces décisions pourraient contribuer à améliorer celui des femmes à faible revenu.

Il est tout aussi important d’apporter des changements à l’extérieur du système de santé qu’en son sein. Les politiciens municipaux pourraient, par exemple, tenir compte des effets éventuels sur la santé des femmes de décisions comme la hausse des tarifs d’accès aux installations sportives et de transport en commun. Et le CRTC, au moment d’établir la tarification des services téléphoniques locaux, devrait considérer la mesure dans laquelle l’absence de services téléphoniques peut conduire à l’isolement social et à la dégradation de l’état de santé.

Les responsables de la campagne proposent un certain nombre « d’idées sur les mesures à adopter » : hausser le salaire minimum et les prestations d’assistance sociale, assouplir les mesures d’admissibilité à l’assuranceemploi, augmenter le nombre de places subventionnées en garderie, procurer à toutes les personnes vivant dans la pauvreté des services de santé non assurés comme les soins dentaires et les médicaments.

En plus du rapport, un dépliant, une brochure et une affiche attrayants et tout en couleurs ont été conçus pour la campagne La pauvreté est un danger pour la santé des femmes. On peut télécharger ce matériel ainsi que le rapport à partir du site www.womenshealthclinic.org.

On peut également en commander un exemplaire papier en écrivant à : Gail Watson, coordonnatrice, Projet Femmes, santé et pauvreté, Clinique de santé des femmes, 419, avenue Graham, 2e étage, Winnipeg (Manitoba), R3C 0M3. Téléphone : (204) 947-2422, poste 134; courriel : gailwatson@womenshealthclinic.org