Le sujet du poids chez les femmes autochtones

Taille du texte: Normal / Moyen / Grand
Version imprimableVersion imprimable


par Gail Marchessault

Une croyance existe chez les professionnels de la santé selon laquelle les femmes autochtones ne seraient pas préoccupées en général par la question du poids. Toutefois, l’étude que j’ai menée démontre que ce sujet suscite plus de problèmes qu’on ne pense. En 1996-1997, j’ai effectué une recherche auprès de 80 jeunes filles de huitième année et auprès de leurs mères, toutes vivant à Winnipeg, dans le Sud du Manitoba. La moitié des familles étaient autochtones et la moitié de celles-ci vivaient dans une communauté des Premières nations. L’étude indiquait que le nombre de jeunes filles et de mères autochtones n’aimant pas leur corps était supérieur à celui des mères non autochtones. Des images graduées présentant différentes formes de corps ont été utilisées et 83 % des femmes autochtones ont exprimé le désir d’être plus minces, comparativement à 62 % des femmes non autochtones. Les jeunes filles autochtones n’aimant pas leur corps étaient presque deux fois plus nombreuses (66 %) que les jeunes filles non autochtones (36 %) éprouvant la même insatisfaction.

Environ le quart des jeunes filles et le tiers des femmes affirmaient suivre un régime. Le taux de personnes suivant un régime était plus élevé chez les familles résidant dans la communauté des Premières nations. Les résultats du test 26 portant sur les attitudes face à l’alimentation indiquaient que 17,5 % des jeunes filles autochtones (et 2,5 % de jeunes filles non autochtones) affichaient une possibilité de troubles alimentaires. Une jeune fille autochtone sur quatre résidant dans la communauté des Premières nations affirmait s’être fait vomir pour perdre du poids. De plus, les antécédents de certaines femmes autochtones révélaient des comportements problématiques face à l’alimentation, indiquant ainsi la présence de préoccupations qui s’étendent au-delà d’une génération.

Le taux de diabète élevé dans les communautés autochtones suscite de plus en plus d’attention et le maintien d’un poids adéquat constitue souvent le thème des activités de sensibilisation. Toutefois, les personnes animant ces activités doivent tenir compte du fait que certaines jeunes filles et certaines femmes autochtones habitant la ville ou résidant près d’un centre urbain sont déjà préoccupées par la question de leur poids et font peut-être usage de méthodes à risque pour le gérer.

Gail Marchessault, DR, CED, Ph.D., est professeure adjointe au Département des aliments et de nutrition de l’Université du Manitoba. Cette recherche a été effectuée dans le cadre d’une thèse de doctorat présentée à cette université.