Des femmes remarquables

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Cette page est consacrée à des femmes autochtones qui ont contribué de manière significative à la sphère des soins de santé dans leur communauté et à l’échelle du Canada.

L’honorable Ethel Blondin-Andrew, C. P., députée, LL.D., est la première femme autochtone à avoir été élue à la Chambre des communes; son élection comme députée de la circonscription de l’Arctique de l’Ouest remonte à 1988. Après avoir été réélue en 1993, elle a été nommée au poste de Secrétaire d’État à la Formation et à la Jeunesse, devenant ainsi la première femme autochtone à faire partie du Conseil privé et du Cabinet. En juin 1997, Mme Blondin-Andrew a été élue une nouvelle fois et a conservé son mandat à titre de Secrétaire d’État à la Formation et à la Jeunesse, poste qu’elle occupe jusqu’à ce jour.

Tout au long de sa carrière politique, Mme Blondin-Andrew a défendu avec fermeté les intérêts des Autochtones, des enfants, des jeunes et des personnes handicapées. Elle a fait progresser par son travail acharné nombre de projets et de dossiers, notamment la participation des collectivités autochtones à la mise en œuvre de programmes du marché du travail à l’échelle nationale, régionale et locale; la Stratégie emploi jeunesse (SEJ) du gouvernement fédéral; le syndrome d’intoxication foetale à l’alcool et ses manifestations; les jeunes à risque, les jeunes sans-abri et les enfants en difficulté; la tabacomanie, un dossier en rapport avec lequel elle a joué un rôle indispensable au Conseil consultatif des jeunes sur le tabac. Mme Blondin-Andrew est une Indienne assujettie à un traité de la Nation des Dénés; sa langue maternelle est le deneslave. Elle est mariée à Leon Andrew et mère de trois enfants, Troy, Tanya et Tim.


Valerie Assinewe a obtenu un doctorat de l’Université d’Ottawa après avoir rédigé une thèse portant sur les usages médicinaux du ginseng d’Amérique chez les peuples autochtones. Elle a analysé les propriétés phytochimiques et immunopharmacologiques de ce produit naturel couramment utilisé et démontré que le ginseng d’Amérique stimule le système immunitaire. Elle a effectué des analyses quantitatives sur des extraits de ginseng pour le compte de fabricants de produits de santé naturels et du service de recherche sur le diabète du St. Michael’s Hospital de Toronto. Avant de faire des études doctorales, Mme Assinewe a été consultante et fonctionnaire de carrière. À titre de consultante, elle a travaillé principalement avec le gouvernement fédéral sur des questions liées à l’environnement et à la participation des peuples autochtones au dossier de la protection de l’environnement. Durant ses seize années à la fonction publique fédérale, elle a été tour à tour agente de programme et chef de service dans les villes d’Edmonton, de Yellowknife, de Winnipeg et d’Ottawa; elle a coordonné la planification, la mise en œuvre et la gestion financière d’un large éventail de programmes sociaux, en matière de multiculturalisme, de droits de la personne, de condition féminine, d’intégration des personnes handicapées et de citoyenneté autochtone. Mme Assinewe est née dans la Première nation de Sagamok en Ontario et y a grandi. Elle habite maintenant à Ottawa avec son mari, Terry Rudden; tous deux sont consultants.


Madeleine Dion Stout parle la langue crie; elle est née et a grandi dans la Première nation de Kewehin en Alberta. Après avoir exercé le métier d’infirmière autorisée à Edmonton, elle a fait des études de baccalauréat en sciences infirmières à l’Université de Lethbridge et obtenu ensuite une maîtrise en affaires internationales à l’École d’affaires internationales de l’Université Carleton. Elle a été présidente de l’Association des infirmiers et infirmières autochtones du Canada et membre du Forum national sur la santé. Elle a été directrice du Centre for Aboriginal Education, Research and Culture de l’Université Carleton et a été désignée membre honoraire à vie par l’Institut canadien de recherche sur les femmes (ICREF). « Mon travail relève à parts égales des sphères communautaire, militante et universitaire. J’ai consacré une grande partie de ma vie à encourager les Autochtones et les femmes à prendre conscience de leur propre force. Je crois que c’est dans les toutes petites choses que les changements se manifestent. Il n’est pas nécessaire que ceux-ci soient sophistiqués ou spectaculaires mais, plutôt, qu’ils soient ancrés dans le quotidien. Tout m’indique que j’ai pu apporter quelque chose de positif dans la vie des gens. »


Lillian Dyck appartient à la Première nation Gordon en Saskatchewan. Elle est neurochimiste et professeur titulaire au service de recherche en neuropsychiatrie du département de psychiatrie de l’Université de la Saskatchewan. Elle a étudié les effets des médicaments, en particulier des antidépresseurs, sur la neurotransmission. Elle est membre d’une équipe de recherche qui a mis au point et breveté de nouveaux médicaments susceptibles de prévenir la neuro-dégénérescence associée à des maladies comme le Parkinson et la schizophrénie. Elle a également mené des recherches sur le métabolisme de l’alcool chez les Autochones au Canada et chez d’autres populations. Lillian a reçu un prix en science et technologie de la Fondation des réalisations autochtones (1999) et un prix de l’organisme autochtone Women of the Dawn (2000), de la Saskatchewan.


Ophelia Kamenawatamin complétait le 2 octobre dernier une « Marche pour la vie » entreprise dans le but de recueillir des fonds pour doter le nouvel hôpital de Sioux Lookout d’équipement de dialyse et d’exercer des pressions pour que les patients atteints de maladies du rein soient hébergés convenablement. Son départ a eu lieu le 6 août et elle a parcouru la distance qui sépare la frontière entre l’Ontario et le Manitoba de la Colline du Parlement. Il y avait une dizaine d’années qu’Ophelia contemplait ce projet; en 2000, elle a décidé d’en faire part à sa famille et à ses amis, qui l’ont encouragée et appuyée. Mère de huit enfants et membre de la Première nation de Bearskin Lake, elle a dit comprendre les besoins des patients en dialyse, puisque sa fille a vécu la même expérience pendant 11 ans. « Ces personnes dépendent de la dialyse pour vivre; toute leur vie tourne autour de ça. » Ophelia encourage ses compatriotes à appuyer ses efforts en parrainant la Marche pour la vie, en faisant des dons ou en y participant.


Gail McDonald réside sur le territoire mokawk d’Akwesasne; au cours de ses 25 ans de carrière active, elle a occupé des postes à l’échelle nationale, régionale et locale, travaillant à défendre les intérêts des Premières nations dans les sphères de la recherche, des orientations, du développement communautaire et de l’autonomie gouvernementale. Gail est actuellement directrice du Centre des Premières nations à l’Organisation nationale de la santé autochtone. Elle a rempli un certain nombre de fonctions de compétence nationale, dont celles de coordonnatrice du volet longitudinal des enquêtes régionales sur la santé des membres des Premières nations et des Inuit ainsi que du Comité de régie de l’information des Premières nations, deux projets administrés par l’Assemblée des premières nations. La participation soutenue de Gail à l’établissement d’une base de connaissances sur la santé des Autochtones (laquelle devrait avoir des effets positifs sur la recherche, l’information, les technologies de la santé et la question de l’accès) et sa lutte pour l’adoption de normes éthiques en matière de recherche dans les communautés autochtones témoignent de son engagement indéfectible en faveur de l’amélioration de l’état de santé des Autochtones.


Caroline Tait est candidate au doctorat dans les départements d’anthropologie et d’études sociales de la Faculté de médecine de l’Université McGill. Elle a obtenu un baccalauréat en anthropologie de cette dernière institution et un diplôme de maîtrise de l’Université de la Californie à Berkeley. Durant l’année scolaire 1995-1996, Caroline a été titulaire d’une bourse Fulbright qui lui a permis d’étudier au sein des départements d’anthropologie et de médecine sociale de l’Université Harvard. Ses recherches se concentrent principalement sur le Canada et plus particulièrement sur le Québec et le Manitoba. L’un des travaux qu’elle a réalisés a toutefois une portée nord-américaine, puisqu’il avait pour objet de comparer les réactions des systèmes de santé publique au Canada et aux États-Unis à l’égard de la toxicomanie chez les femmes enceintes. Sa thèse de doctorat, dont la rédaction devrait se terminer en 2002, s’intitule provisoirement « Le syndrome d’intoxication fœtale à l’alcool et ses manifestations : la "fabrication" d’un problème social et de santé publique chez la population autochtone du Canada ». Elle est co-auteure d’une étude intitulée A Study of the Service Needs of Pregnant Addicted Women in Manitoba et d’un article publié récemment dans la Revue canadienne de psychiatrie, « The Mental Health of Aboriginal People : Transformations of Identity and Community ». Caroline est une Métis née à MacDowall en Saskatchewan. Elle a été membre du conseil d’administration du Centre d’amitié autochtone de Montréal. Elle a un fils, prénommé Skender.


La communauté Nuu-Cha-Nulth et les Human Services Community Health Nurses de l’île de Vancouver ont reçu un prix de promotion de la santé offert par la Registered Nurses Association de la Colombie-Britannique. C’est la première fois que ce prix est décerné à des infirmières soucieuses de procurer aux membres de la Première nation de Nuu-Cha-Nulth des soins adaptés à leur réalité culturelle. Cette communauté insulaire a établi, en collaboration avec les infirmières, un cadre de pratique fondé sur le respect des traditions autochtones et la responsabilité individuelle. Selon le modèle de partenariat adopté par les infirmières et la communauté, les infirmières dispensent les soins nécessaires tandis que les clients et clientes sont responsables des décisions qui les concernent. Le résultat le plus positif ayant découlé de cette approche concerne l’augmentation de la pratique de l’allaitement maternel chez les nouvelles mères. « Ce type de pratique infirmière présente de nombreux défis et les résultats sont modestes », commente Penny Cowan, spécialiste en soins infirmiers communautaires. Mais l’engagement des infirmières est inébranlable. Elles sont convaincues que leur travail aide les membres de la petite communauté insulaire à se prendre en main. Elles espèrent qu’on pourra ainsi éviter les problèmes de santé qui touchent actuellement d’autres populations autochtones ailleurs au pays.