Les gènes du cancer du sein » : les mythes et les faits

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« Les gènes du cancer du sein » : les mythes et les faits
Du Boston Women's Health Book Collective et du Council for Responsible Genetics

Toutes les femmes portent en elles deux copies des prétendus « gènes du cancer du sein », le BRCA-1 et le BRCA-2. Selon certains, lorsqu'ils fonctionnent bien, ces gènes aident à supprimer les cellules cancéreuses. Si l'une des copies de ces gènes suppresseurs de tumeurs est endommagée, l'autre copie « freinera » la croissance non contrôlée des cellules. Les scientifiques ont identifié d'autres gènes qui peuvent influer sur le risque de cancer du sein.

Plusieurs centaines de variations des très gros gènes BRCA ont été identifiées jusqu'à présent. Certaines de ces variations semblent être liées à un risque de cancer du sein et des ovaires plus élevé chez certaines familles. Une femme qui, depuis sa naissance, porte une version endommagée du gène BRCA ne possède qu'un seul mécanisme de « freinage » pour gérer la croissance non contrôlée des cellules. Si son deuxième gène BRCA est endommagé à la suite d'une exposition aux substances cancérogènes, cette femme peut développer un cancer. Les allèles de BRCA en eux-mêmes ne causent pas le cancer. Toutefois, les femmes qui héritent de certains allèles semblent plus vulnérables aux substances cancérogènes contenues dans l'environnement.

Les mutations congénitales ne semblent jouer un rôle que dans 5% des cas de cancer du sein et d'ovaires. La plupart de ces cancers ne semblent pas être liés à des mutations congénitales.

Il existe maintenant un test qui permet de vérifier si les femmes possèdent un gène BRCA modifié. Les avantages découlant d'un tel test sont nébuleux:

  • Un test positif pour la présence d'un allèle BRCA associé au cancer ne vous dira pas si vous développerez un cancer du sein ou des ovaires. Il signifie seulement que vous détenez l'un des nombreux éléments qui peuvent accroître chez vous les risques de cancer, et que par conséquent vous risquez plus que la « moyenne » des femmes de développer cette maladie.



  • Un test pour la présence d'un allèle BRCA qui s'avère négatif ne signifie pas que vous ne développerez pas un cancer du sein ou des ovaires. Cela signifie qu'au cours de votre vie, le risque pour vous sera « moyen ». Une femme sur neuf au Canada développera un cancer du sein au cours de sa vie.



  • Il n'existe aucune prévention efficace contre le cancer du sein ou des ovaires. Certains sont d'avis que l'ablation chirurgicale de tissus mammaires et ovariens diminue le risque de cancer sans toutefois l'éliminer.

Par contre, ce test peut avoir des effets négatifs:

  • Un résultat positif peut produire des effets dévastateurs sur le plan psychologique, non seulement chez l'individu subissant le test mais aussi sur tous les membres de la famille, qui sont tous touchés aussi du même risque génétique.



  • Des résultats de test positifs peuvent inciter à la discrimination. Les personnes en santé porteuses de gènes liés à un risque de futures maladies peuvent subir de la discrimination en matière d'assurances, d'emploi, d'immigration et autres.



  • Des tests ayant une valeur prédictive limitée peuvent mener à des situations où les femmes subissent des chirurgies inutiles, telles la mastectomie « prophylactique » et l'ovariectomie (l'ablation des seins ou des ovaires).



  • Le fait de mettre un trop grand accent sur les facteurs génétiques comme cause du cancer, tout en sachant que les substances cancérogènes déversées dans l'environnement ont des effets importants, minimise la nécessité d'adopter des mesures de nettoyage de l'environnement qui, en fait, réduiraient l'incidence de cette maladie. Les recherches récentes ont établi des liens entre le cancer et une pléiade de facteurs non génétiques, y compris les organochlorides, l'œstrogène et les substances semblables à l'œstrogène, les pesticides, les radiations, les hormones de croissance pour les bovins, l'alimentation et l'exercice.

La « génétisation » du cancer crée un climat qui jette le blâme sur la victime tout en voilant les facteurs sociaux et environnementaux.

Jusqu'à ce que nous possédions des stratégies de prévention efficaces, les tests pour détecter les allèles ou les soi-disant « gènes du cancer » ne bénéficient qu'aux entreprises commerciales qui en font la mise en marché et qui réalisent d'énormes profits en exploitant la crainte justifiable des femmes face au cancer.

Pour plus d'information, veuillez contacter:

Boston Women's Health Book Collective
240A Elm St.
Somerville MA 02144
USA
Tél.: (617) 625-0277
Courriel: office@bwhbc.org
www.ourbodiesourselves.org









Council for Responsible Genetics
Tél.: (617) 868-0870