Le soja sous les projecteurs

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par Rachel Thompson

Ces derniers temps, on vante à qui mieux mieux les vertus du soja. Voyons voir d'un peu plus près de quoi il retourne.

Sensationnel Soja

Les bienfaits attribués au soja sont nombreux: baisse des bouffées de chaleur; réduction des risques de fractures et d'ostéoporose; baisse du taux de cholestérol et du risque de développer certains cancers.

Comment se fait-il qu'une fève connue et appréciée dans les cuisines de l'Asie depuis des siècles fasse soudainement l'objet d'autant d'éloges?

La recherche

Le soja a fait et continue à faire l'objet de nombreuses recherches. Lors d'un congrès nord-américain sur la ménopause qui s'est déroulé récemment, impossible de faire un pas sans entendre parler d'une nouvelle étude concernant la fameuse fève. Bien qu'il y ait des choses intéressantes à tirer des rapports récents sur la protéine de soja, il faudra également s'attendre à ce que de nouveaux résultats découlant des études en cours soient éventuellement dévoilés.

Selon les études ayant porté les populations asiatiques qui consomment de grandes quantités de soja, les femmes provenant de ces groupes sont moins susceptibles de souffrir de cancer du sein, d'ostéoporose ou de maladie du cœur que les femmes nord-américaines. Plusieurs autres facteurs pourraient expliquer ce constat (le fait que le régime alimentaire type en Asie comporte plus de fibres, moins de gras et aucun produit laitier, par exemple); il faut cependant souligner que certaines études ont confirmé que certaines des vertus du soja sur la santé étaient fondées.

De nouveaux travaux de recherche portant sur les phytoestrogènes (des oestrogènes présents dans les plantes et dont la structure est semblable à l'oestrogène humain) ont fait du soja, avec son taux élevé de phytoestrogène, le nouvel aliment vedette.

Les phytoestrogènes

On appelle les phytoestrogènes que l'on trouve dans le soja des isoflavones. Il en existe deux types, la génistéine et la daïdzéine. Les isoflavones qui composent la partie protéique de la plante représentent 75 % de la fève elle-même.

Les symptômes de la ménopause

Les phytoestrogènes étant en mesure de bloquer l'activité des oestrogènes plus forts, les isoflavones contenus dans le soja peuvent contribuer à amortir les effets des fluctuations hormonales.

Trois études très bien conçues, de même que bien des rapports anecdotiques tirés de l'expérience des femmes, permettent d'avancer que le soja contribue à soulager les bouffées de chaleur; en revanche, il ne faut cependant pas oublier que les bouffées de chaleur font souvent l'objet d'une réponse placebo significative.

L'ostéoporose

On pense que l'effet antoestrogénique produit par le soja pourrait contribuer à réduire les risques de fracture et d'ostéoporose chez la femme, en aidant à maintenir et à raffermir la résistance des os. Voilà une hypothèse qui demande cependant à être corroborée par de plus amples recherches.

Le cholestérol

Une étude de 1995 publiée dans le New England Journal of Medecine a colligé les données recueillies lors de trente-huit essais cliniques portant sur la consommation du soja et le taux de cholest&5`-&te;rol dans le sang. L'analyse concluait que la consommation de soja réduisait effectivement le taux de cholestérol dans le sang de même que le taux de triglycérides, en particulier chez les individus qui affichaient soit un très haut taux de cholestérol, soit un taux moyen.

Les bienfaits liés à la diminution du taux de cholestérol semblent significatifs dans le cas des femmes ménopausées. Le soja pourrait contribuer à améliorer la flexibilité des artères et à inhiber la formation de plaques susceptibles de les boucher.

Les cancers

En ce qui concerne la prévention du cancer du sein, les protéines de soja agiraient de deux façons pour empêcher la formation de tumeurs. En premier lieu, elles prolongent ce stade du cycle menstruel durant lequel les tissus mammaires sont au repos. En deuxième lieu, elles peuvent empêcher que de nouvelles cellules sanguines ne deviennent des cellules cancéreuses et inhiber certaines enzymes essentielles à la croissance des tumeurs. Cette action pourrait s'avérer un facteur de prévention d'autres types de cancers également.

Bien qu'on ait peut-être exagéré les bienfaits du soja en matière de cancer du sein, certaines études in vitro ont démontré que la génistéine inhibait la croissance des cellules mammaires chez l'être humain, tandis que d'autres ont indiqué qu'elle contribuait à la prolifération de cellules mammaires normales.

Mises en garde

Les fèves de soja contiennent des molécules qui peuvent avoir des effets non désirés dans les cas d'hypothyroïdie et de goitre. Ces molécules peuvent empêcher l'absorption, par l'organisme, des médicaments servant à réguler la thyroïde.

On recommande que les femmes qui sont atteintes de cancer du sein fassent un usage prudent du soja, même sous forme d'aliment. On connaît encore peu de choses sur la consommation du soja en rapport avec des médicaments tels que le tamoxifène ou le raloxifène.

Aliments dérivés du soja

La meilleure façon de consommer du soja est de manger des aliments comme le tofu et de boire du « lait » de soja (en vérifiant les quantités recommandées). Ceci assurera à votre organisme un apport adéquat en isoflavones, ce qui n'est pas nécessairement le cas avec les suppléments alimentaires, qu'il faut par ailleurs consommer avec prudence.

Dans le cas où vous prendriez des suppléments, lisez avec soin la liste des ingrédients pour connaître les concentrations des différents types d'isoflavones (la génistéine devrait représenter 50% de la quantité totale d'isoflavones dans le comprimé).

Le soja a fait beaucoup de chemin dans la cuisine nord-américaine.



Ressource :
Ménopause, nutrition et santé, Les Éditions de l'Homme, Montréal, 1998.