Une conférence internationale

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examine de près les effets des ajustements structurels sur la santé des femmes et des enfants

Nous sommes à l'aube de l'an 2000, alors pourquoi n'avons-nous pas encore atteint l'objectif de «la santé pour tous» proposé à la communauté internationale il y a près de 20 ans par l'UNICEF et l'Organisation mondiale de la santé? C'était la principale question de deux Canadiennes, Farah Shroff et de Carole Yawney, lors de la conférence portant sur «Le nouvel ordre mondial» tenue à Cape Town en Afrique du Sud, au mois de janvier dernier. Cet événement réunissait 450 travailleurs de la santé, des militants, des éducateurs et des représentants d'organismes non gouvernementaux.

Mme Shroff, spécialiste des sciences humaines, participe au Programme d'éducation des sages-femmes de l'Ontario de la Ryerson Polytechnic University et Mme Yawney enseigne l'anthropologie médicale et la santé des femmes à l'Université York.

«Il faut un modèle de soins de santé de base si l'on veut atteindre l'objectif de santé pour tous» a expliqué Mme Yawney. «C'est une approche véritablement holistique qui met l'accent sur les services intégrés de santé. C'est, à mon avis, la meilleur façon de répondre aux besoins fondamentaux des femmes et des enfants. Ce modèle requiert la participation de la communauté et la coopération entre les travailleurs de la santé et ceux d'autres secteurs comme l'éducation, les services sociaux, le transport et l'agriculture».

«Les politiques d'ajustements structurels imposées à plusieurs pays en développement par des institutions comme la Banque Mondiale et le Fonds monétaire international constituent l'obstacle principal à la réalisation de l'objectif de santé pour tous», a précisé Mme Shroff. «Ces politiques ont pour effet de détourner les fonds prévus dans le budget de ces pays pour les programmes sociaux et les services de santé et de les rediriger vers le paiement de la dette nationale». Il en résulte une augmentation de l'appauvrissement et une baisse du niveau de vie pour une grande partie de la population.

Cela signifie concrètement, pour les femmes et les enfants, «un taux de mortalité infantile plus élevé, une augmentation des maladies infectieuses et le retour des épidémies dans certaines région» nous dit-elle. Consacrer davantage de ressources à la production destinée au marché extérieur mine l'économie locale et conduit à la pénurie de nourriture et de produits essentiels. étant donné que les femmes sont souvent écrasées par le poids des charges domestiques, des responsabilités accrues peuvent produire des effets dévastateurs sur leur santé.

«Mais les gens ne demeurent pas passifs devant les compressions et le manque de financement», nous dit Mme Yawney. «Une des parties les plus intéressantes de la conférence était de voir comment les communautés trouvent, localement, des façons créatives de résoudre les problèmes de santé». En voici quelques exemples : l'utilisation de la radio communautaire pour promouvoir la santé publique; les soins prodigués dans la communauté aux enfants atteints du sida ; l'écriture du livre Hundreds of Women Write A Book: The Story of the South African Women's Health Book; et le rôle des systèmes médicaux traditionnels dans la promotion des soins de santé de base.

La conférence était parrainée par l'International People's Health Council, le National Progressive Primary Health Care Network of South Africa et le South Africa Health and Social Services Organisation.Mme Shroff a entretenu les représentants de l'expérience canadienne et le milieu des sage-femmes et Mme Yawney a présenté l'organisation Move de Philadelphie comme un modèle de soins de santé de base. (Move est un groupe de révolutionnaires qui vivent ensemble suivant l'enseignement de John Africa).

Carole Yawney et Farah Shroff représentent le Canada à l'IPHC. L'IPHC constitue un réseau d'initiatives progressistes en santé et il rassemble plusieurs organismes préoccupés par la santé de la population; il met en question les déterminants politiques, sociaux et économiques de la maladie et cherche à promouvoir l'équité dans la répartition des ressources en santé. Pour de plus amples renseignements vous pouvez communiquer avec Carole Yawney, au Atkinson College. Courrier électronique : cyawney@yorku.ca et Farah Shroff, U.B.C., Courrier électronique : fshroff@acs.ryerson.ca