LA MEMOIRE DE Mary Burlie

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par Sari Tudiver

Mary Burlie, travailleuse sociale de première ligne fort estimée ainsi que militante contre la pauvreté, est décédée le 13 juillet 1996, emportée par un cancer du poumon. Mary travaillait à la Coopérative Boyle Street dans les quartiers défavorisés d'Edmonton, où elle aidait les gens en difficulté à obtenir de l'aide sociale et de la nourriture, à se trouver un logement, à s'inscrire aux études ou à des stages en milieu de travail ou à entreprendre des cures de désintoxication. Mais avant tout, Mary procurait de l'espoir, de la force et de l'estime de soi aux personnes qui en avaient besoin, car elle savait les écouter attentivement et partager avec eux une philosophie de vie chèrement acquise, un sens de l'humour et une ténacité inébranlable.

Née en Arkansas d'une famille de treize enfants, Mary a vécu les dures réalités d'être à la fois noire et pauvre mais en contrepartie, elle a aussi connu l'amour d'une famille unie. Lorsque son premier mari a été tué, elle s'est retrouvée seule avec quatre jeunes enfants. Elle suivit, par la suite, un cours d'assistante-infirmière. Elle se maria avec un Canadien et déménagea à Edmonton en 1969. Durant ces années, en plus de travailler à la Coop Boyle Street, d'élever ses six enfants et de prendre en charge plusieurs autres enfants, elle fut présidente de l'Association des Femmes Noires d'Alberta et présidente d'une agence de développement international appelée Change for Children. Ses intérêts et ses engagements étaient multiples, tant au niveau local que planétaire.

Mary était une femme dont on se souvenait dès la première rencontre, à cause de sa chaleur, de la sincérité de son sourire, de ses bras maternels toujours ouverts, sans parler de sa facilité à traduire les vérités les plus profondes dans un style limpide et poétique, à démonter les causes et les conséquences de la pauvreté et à mobiliser les gens.

En 1993, Mary participait à la réunion de fondation du RCSF à Winnipeg parce que, disait-elle, «je crois à la nécessité de se regrouper en réseau». Elle fut alors nommée au comité de coordination. Ses paroles ont su nous inspirer :

«Nous avons beau être de couleurs différentes, nos yeux ont beau être de formes variées, mais malgré tout, nous sommes toutes et tous profondément semblables. Nous nous épanouissons grâce à nos talents et à notre intelligence. Nous apprenons à avoir de l'estime les uns pour les autres, et pour la communauté planétaire. Nous avons une tâche immense à accomplir, mais lorsque je lis dans vos yeux, lorsque j'entends vos coeurs battre et que je touche chacun d'entre vous, je ne doute pas que nous pourrons atteindre nos idéaux, peu importe la difficulté.»

Mary fut une femme qui ne cessa jamais d'apprendre, qui étreignait la vie et les gens avec ferveur et tolérance, et qui a donné aux autres le meilleur d'elle-même. Elle nous a légué, à toutes et à tous, un riche héritage.

Sari Tudiver est coordonnatrice des ressources à la Clinique de santé des femmes de Winnipeg et elle est membre du Comité de coordination du RCSF.