Le gène du cancer du $ein

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On voudrait actuallement nous amener à croire que la réponse aux inquiétudes des femmes concernant le cancer du sein et le prétendu «gène du cancer du sein».

Il est vrai que certains gènes ont été trouvés, qui montrent un risque plus élevé de développer un cancer du sein et, dans une moindre mesure, un cancer des ovaires chez les femmes ayant une histoire familiale liée àces maladies. Le fait de posséder ces «gènes du cancer du sein» ne veut pas dire, pour une femme, qu'elle aura le cancer. Ils indiquent un risque plus élevé que la moyenne. Certaines femmes n'ayant pas les «gènes du cancer du sein» développent un cancer du sein ou des ovaires. Certaines femmes ayant ces gènes n'auront jamais le cancer. Il existe plusieurs facteurs en dehors des gènes qui influencent la probabilité de développer un cancer. Pourquoi, donc,est-ce que la compagnie Myriad Genetics, installée aux États-Unis,essaie-t-elle de développer un test de dépistage destiné à trouver chez des femmes en santé ce prétendu «gène du cancer du sein», le BRCA-1?

Les tests génétiques visant à trouver les «gènes du cancer du sein» ne peuvent prévenir le cancer. Ils ne peuvent prédire d'une manière sûre que quiconque d'entre nous aura le cancer.

Bien que les tests génétiques ne soient éventuellement significatifs que pour le petit pourcentage de cancers du sein où l'histoire familiale présente des données claires, on fait la promotion d'un dépistage étendu à toute la population. Mais qu'arrivera-t-il si le résultat de votre test pour le «gène du cancer du sein» est positif? Il n'existe aucun traitement préventif éprouvé pour les femmes qui n'ont pas la maladie. Est-ce que vos seins seront enlevés ou soumis à d'autres traitements «juste au cas»?

Ces tests génétiques ne bénéficient pas aux femmes. Les femmes étiquetées comme «génétiquement défectueuses» risquent de perdre leur assurance-maladie ou leur travail. Aux États-Unis, des femmes ont subi des pressions de la part de compagnies qui menaçaient de leur retirer leur assurance-maladie si elles n'avortaient pas de fœtus diagnostiqués comme «défectueux». Jusqu'à maintenant, le Canada a résisté à l'octroi de brevets dans le cas des gènes humains. Toutefois, les pressions s'intensifent pour que le Canada et d'autres pays adoptent les normes américaines à cet égard.

Le focus qui est mis sur les gènes pouvant causer le cancer détourne l'attention et l'énergie qui devraient être consacrées à des mesures d'assainissement environnemental susceptibles, dans les faits, de réduire l'incidence du cancer du sein. Plutôt que d'appeler des efforts sur le plan social et systémique, cela suggère que le problème et, en bout de ligne, la solution reposent sur les épaules individuelles de chaque femme,

Les tests pour le dépistage du BRCA-1 ou de gènes similaires bénéficient aux compagnies qui les mettent en marché. Ces compagnies s'arrangent pour faire des profits énormes en exploitant la peur du cancer chez les femmes. En réponse, plusieurs femmes au Canada et aux États-Unis demandent que l'on arrête l'octroi de brevets et la commercialisation qui se rapportent aux gènes.

Le 10 juin 1996, une lettre a été envoyée aux ministres de la Santé, David Dingwall, et de l'Industrie et des Sciences, John Manley, soulignant les préoccupations des femmes concernant l'octroi de brevets pour le «gène du cancer du sein» ou tout ce qui constitue un élément, un produit ou un processus lié au corps humain, et concernant la prolifération des tests de dépistage génétique. La lettre demandait à ce que l'on s'oppose à toute tentative, de la part de scientifiques, de compagnies ou autres entités, de breveter le matériel génétique humain. Elle exprimait aussi une opposition face à l'exportation des normes américaines relatives aux brevets vers le reste du monde par le biais d'ententes internationales sur les droits de propriété intellectuelle.

La lettre a été signée par les personnes suivantes :

Fiona Miller, Feminist Alliance on New Reproductive and Genetic Technologies
Joan Grant-Cummings, présidente, National Action Committee on the Status of Women
Maude Barlow, Council of Canadians
Michelle Swenarchuck et Ken Traynor, Canadian Environmental Law Association
Brewster Kneen, British Columbia Biotechnology Circle
Judy Morrison, Vancouver Women's New Reproductive Technologies Coalition
Abby Lippman, Department of Epidemiology and Biostatics, McGill University
Susan Sherwin, Department of Philosophy, Dalhousie University


Pour de plus amples renseignements ou pour donner votre appui, entrez en contact avec :

Fiona Miller
Feminist Alliance on the New Reproductive and Genetic Technologies

Toronto, Ontario M4R 1E2

Adresse Internet : FMILLER@YORKU.CA