La Conférence sur le mieux-être prescrit des remèdes qui puisent dans les racines culturelles

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Par Caroline L. Tait


« Ce que j'ai trouvé de plus frappant, c'était de voir les visages souriants des femmes, tout en éprouvant une forte sensation d'appartenance à un groupe ponctuel au sein duquel on partageait de nombreuses expériences et préoccupations communes. » -
Christine Dioui, participante à la conférence


(MONTRÉAL) Personne du groupe Femmes autochtones de Montréal/Aboriginal Women of Montreal ne s'attendait à ce que Montréal et ses environs subissent la tempête du siècle, une semaine avant l'événement « La Sagesse des femmes autochtones : une conférence de mieux-être pour femmes autochtones en milieu urbain », qui a eu lieu les 16, 17 et 18 janvier.

Dans les jours qui ont précédé la conférence, une majorité des organisatrices, des conférencières et des participantes étaient non seulement sans électricité, elles étaient forcées à quitter leur domicile pour loger chez des amis ou des parents, ou dans un centre d'hébergement. Au départ, les organisatrices croyaient que cette situation serait brève et que tout reviendrait rapidement à la normale. Toutefois, au fil des jours, la situation se détériora et l'annulation de la conférence semblait inévitable.

« Malgré les mois de préparation, nous pensions devoir annuler la conférence », déclara Laveme Contois, présidente de FAM/AWM, « mais nous avons consulté les femmes et nous avons reçu un oui retentissant qui nous donnait feu vert pour poursuivre la conférence! »

« Quelque chose de merveilleux s'est manifesté », déclara Virginia Thomas, coordonnatrice de la conférence, « les femmes ont répondu avec un tel enthousiasme que tout à coup, ce n'était plus FAM qui offrait une conférence aux femmes, mais les femmes elles-mêmes qui prenaient possession de l'événement. » Au moment où la conférence fut enfin lancée, 130 femmes autochtones étaient sur les lieux, représentant plus de dix nations.

« L'événement a vraiment resserré les liens entre les femmes autochtones de la¸région de Montréal. Nous avons reçu un énorme appui de toutes, notamment des femmes Mohawk de Kahnawake, qui était toujours sans électricité, ainsi que d'autres organismes autochtones, tel le Centre d'amitié autochtone de Montréal et Femmes autochtones du Québec » , ajouta Contois.

La conférence, financée par le Centre d'Excellence pour la santé des femmes, Héritage et Santé Canada, avait été conçue dans le but de réunir les femmes autochtones vivant en milieu urbain et favoriser une réflexion concernant leurs préoccupations face à leur santé et leur bien-être. Bea Shawanda, une des conférencières d'honneur, démontra l'importance de l'humour dans le maintien d'une qualité de vie. Jane Middleton-Moz, également une des principales oratrices, livra un message sur les expériences traumatiques vécues dans des contextes de pauvreté d'abus sexuels, d'internats et de toxicomanie, entraînant des effets qui se perpétuent d'une génération à l'autre. Samedi matin, dans le cadre d'un panel, des femmes aînées, issues de différentes nations, ont partagé leur vécu et leurs visions concernant les approches traditionnelles de la guérison, du bien-être et de la spiritualité. Dimanche, de jeunes femmes autochtones ont parlé ouvertement de leurs difficultés et de leurs réussites, quant à leur transition entre la vie dans les communautés et la vie urbaine. Dans l'après-midi, les participantes ont pu suivre d'autres ateliers, tels : l'estime de soi et le pouvoir personnel; le pouvoir guérisseur des rituels; les coutumes et les traditions, affronter les problèmes de stress et d'identité culturelle et leurs effets.

« Nous sommes très heureuses de constater la présence de nombreuses jeunes femmes à la conférence, un groupe-cible qui nous intéresse vivement à FAIM, puisque celles-ci sont plus exposées à la toxicomanie et à l'alcoolisme, aux abus sexuels et aux problèmes d'identité culturelle », déclarait Beverly Sabourin, vice-présidente de FAM.

La conférence fut donc une réussite énorme pour FAM, dans un contexte où l'organisme s'apprête à amorcer son prochain projet. En effet, FAM entreprend la conception et la mise sur pied d'un centre de ressources pour le bien-être des femmes autochtones vivant en milieu montréalais. FAM espère ouvrir son centre pour l'an 2000.

Environ 130 déléguées ont participé à la conférence montréalaise