Le régime d'assurance-médicaments a-t-il des conséquences auprès des femmes ?

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Par Penni Mitchell


 première vue, il semble bien que l'on doit répondre par l'affirmative. Les femmes sont moins susceptibles que les hommes de jouir au préalable d'un régime d'assurance-santé financé par l'employeur. En partie, cela est dû au fait que les femmes sont plus nombreuses que les hommes à occuper des emplois à temps partiel, et qu'elles sont aussi en majorité parmi la main-d'oeuvre à faibles revenus.

Cependant, la plupart des prestataires d'aide sociale sont des femmes et celles-ci sont aussi plus nombreuses dans les rangs de la population aînée. Les frais de médicaments de ces deux groupes sont déjà couverts par les régimes publics. Néanmoins, il ne faut pas oublier que les personnes à faibles revenus ont tendance à éprouver davantage de problèmes de santé et que la plupart sont des femmes.

De plus, on prescrit beaucoup plus de médicaments aux femmes qu'aux hommes, ce qui revient à dire que les femmes sont les plus gros clients de l'industrie pharmaceutique! Dans la mesure où un régime public serait financé par le biais des impôts sur le revenu, les personnes à faibles revenus n'auraient pas à débourser autant que les autres pour leurs médicaments. À l'instar du régime d'assurance-maladie, un régime universel d'assurance-médicaments financé à même les fonds publics reposerait sur un principe de redistribution, c'est-à-dire que la part contribuée par les mieux nantis serait supérieure à celle fournie par les plus pauvres.

Les régimes publics d'assurance-médicaments mis sur pied dans la plupart des provinces au cours des années soixante-dix visaient à protéger les plus vulnérables - les personnes pauvres et les gens âgés.

Un programme universel d'assurance-médicaments inclurait probablement les contraceptifs et contribuerait à prévenir les grossesses non désirées et les maladies transmises sexuellement. Mais alors, quelles seraient les conséquences néfastes d'un tel régime?

D'abord, on pourrait noter que les femmes sont beaucoup trop aiguillées vers les médicaments- tels les antidépresseurs qui, d'un point de vue médical, peuvent se révéler superflus, et même entraîner une dépendance. Par ailleurs, les personnes défendant les intérêts des femmes en matière de santé ont réclamé une plus grande accessibilité à la médecine douce vitamines, médicaments homéopathiques et produits naturels telles que les plantes médicinales. Plusieurs traitements parallèles à la médecine traditionnelle se sont avérés plus bénéfiques pour la santé que les produits pharmaceutiques. Par conséquent, une assurance-maladie qui n'offrent que des produits pharmaceutiques aurait un effet dissuasif quant à l'utilisation d'alternatives plus saines.

Ce dont nous avons besoin, c'est une approche qui combinerait le meilleur des deux mondes : un programme permettant de défrayer collectivement les médicaments devrait s'accompagner d'un système visant, d'une part, à développer la participation des consommatrices et consommateurs dans le processus d'approbation des médicaments et, d'autre part, à favoriser une réglementation des médicaments tenant compte des différentes tendances présentes.