Note de la rédactrice

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Le présent numéro de Réseau porte sur les raisons pour lesquelles le sexe importe en matière de santé mentale au Canada, une priorité qui occupe une grande place dans notre travail au Réseau canadien pour la santé des femmes (RCSF) et aux Centres d’excellence pour la santé des femmes.

Avec la Commission de la santé mentale du Canada, qui s’attache actuellement à mettre en lumière les problèmes de santé mentale dans l’ensemble du pays, nous avons l’occasion de faire découvrir et progresser l’analyse des influences du genre et du sexe en matière de traitement. En janvier dernier, la Commission publiait à des fins de discussion une première ébauche d’une stratégie canadienne, sous le titre Vers le rétablissement et le bien-être : cadre pour une stratégie en matière de santé mentale au Canada. Malheureusement, cette stratégie ne comporte toujours pas d’analyse des influences du genre et du sexe.

Le RCSF et les Centres d’excellence continueront de prendre part au groupe de travail ad hoc sur les femmes, la santé mentale, l’utilisation de substances et la toxicomanie (mis sur pied en 2006) afin de faire connaître la nécessité d’une analyse des influences du genre et du sexe, en particulier lorsque la Commission commencera à mettre en œuvre ces recommandations. Le rapport documentaire du groupe de travail, Les femmes, la santé mentale, les maladies mentales et la toxicomanie au Canada : un tour d’horizon (mis à jour en 2008) présente des preuves probantes que le genre et la santé mentale sont indissociables.

Les articles du présent numéro réitèrent certains points clés du rapport du groupe de travail précité et démontrent l’importance d’une analyse des influences du genre et du sexe en santé mentale si l’on veut créer des programmes et mettre au point des modèles de soins qui répondront efficacement aux besoins de toute la population canadienne.  

Carolyn Shimmin, coordonnatrice du centre d’information du RCSF, a travaillé étroitement avec le groupe de travail ad hoc. Son article « Le fossé entre les genres et le nouveau cadre de travail sur la santé mentale au Canada » analyse la nouvelle stratégie de la Commission en matière de santé et explique les raisons pour lesquelles il faut tenir compte de l’influence du genre et du sexe. Un autre article de Carolyn Shimmin aborde le sujet de la stigmatisation associée à la maladie mentale et fait une analyse des campagnes antistigmatisation, l’un des secteurs prioritaires de la stratégie proposée par la Commission.

Le travail des Centres d’excellence pour la santé des femmes est décrit dans un article sur les liens complexes qui existent entre la violence, les traumatismes et la santé mentale. Un autre article se penche sur la santé mentale des travailleuses de la santé. Nous proposons également un extrait d’un nouveau rapport intitulé The Need for a Gender-Sensitive Approach to the Mental Health of Young Canadians [De la nécessité d’une approche sensible au genre pour promouvoir la santé mentale des jeunes au Canada], qui présente le travail de la Fondation filles d’action. Pour sa part, le Réseau d’action des femmes handicapées du Canada dévoile les résultats d’une enquête récente sur l’accessibilité dans les refuges pour femmes au Canada, à la lumière de l’histoire poignante d’une femme de l’Île-du-Prince-Édouard qui révèle la réalité cachée derrière les statistiques.

L’un des objectifs du présent numéro consiste à décrire des modèles efficaces de soins de santé mentale qui intègrent une analyse des influences du sexe et du genre. Parmi ceux-ci, soulignons les activités du Brief Psychotherapy Centre for Women à Toronto ainsi que les travaux sur les modèles de soins sensibles aux besoins des survivantes de traumatismes réalisés par Centre d’excellence pour la santé des femmes – région de la Colombie-Britannique. Le récit d’une participante au programme The Art Studios à Vancouver illustre la réussite d’un modèle inspiré par cette approche.

En outre, nous présentons plusieurs témoignages personnels de femmes qui ont exploré des voies de guérison par l’art, la spiritualité et l’action militante. L’article « Existe-t-il d’autres options que les médicaments? » se conclut par un « oui » retentissant; il présente un guide abrégé des conseils à suivre pour quiconque veut maintenir une bonne santé physique et mentale (de bons conseils pour vous, militantes et chercheuses, actives dans le domaine de la santé, mais qui négligez parfois la vôtre). Enfin, notre rubrique consacrée aux ressources propose une liste de sites Web et de publications autour de notre thème. Vous pourrez y puiser d’autres renseignements et approfondir vos recherches.

Manifestement, le thème du sexe et de la santé mentale est vaste et même s’il ne s’agit en aucune façon d’un tour d’horizon complet, nous avons essayé d’inclure une grande diversité de problèmes et de voix. Je remercie Carolyn Shimmin pour l’aide qu’elle a apportée à la coordination du présent numéro ainsi que pour les articles et les analyses qu’elle a fournis.

Ce numéro de Réseau est mon dernier à titre de rédactrice de la revue. En septembre, je retournerai à l’université et une nouvelle rédactrice me remplacera. Cette année et demie de travail avec les collaboratrices du Réseau canadien pour la santé des femmes et des Centres d’excellence pour la santé des femmes a constitué pour moi une expérience merveilleuse. J’ai eu l’occasion de travailler sur un éventail de dossiers en santé des femmes qui continueront d’occuper une place centrale dans mes études et mon travail à l’avenir. Avec la venue d’une nouvelle directrice des communications, à l’automne, le magazine Le Réseau changera de visage et de format. Ne manquez pas le prochain numéro pour avoir accès à toute l’information sur la santé des femmes au Canada et sur les recherches qui se poursuivent en ce domaine.

À toutes et à tous, j’offre mes vœux de paix et de bonne santé.

Avec mes sincères salutations,

Ellen Reynolds

Directrice des communications