Existe-t-il d’autres options que les médicaments ?

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Par Miriam Hawkins et Angela Bischoff

La santé n’est pas simplement l’absence de maladie, mais plutôt un état de bien‑être dans lequel le corps, l’esprit et l’âme demeurent en équilibre.

Sans avoir recours aux médicaments, il y a beaucoup de choses que nous pouvons faire pour traiter la dépression et l’anxiété, particulièrement dans leur forme modérée, là où tout prend son origine. Il n’existe aucune solution miracle, il est possible d’utiliser différentes méthodes efficaces pour conserver une bonne santé mentale. Celles-ci n’entraînent pas d’effets secondaires dangereux et ont plus de chances de cerner les causes profondes de la dépression et de l’anxiété.

Famille et collectivité

Les interactions et les relations humaines sont fondamentales pour conserver une bonne santé mentale. À certains moments, nous avons besoin de parler, de pleurer, de créer des occasions de rire et de jouer ou de solliciter des encouragements auprès de nos amis ou de nos proches. Nous sommes tous vulnérables et nous éprouvons tous, à un moment ou l’autre, le besoin d’être appuyés. Allez au‑devant des autres. Faites preuve de générosité.

Travail utile

Le fait d’accomplir des actions conformes à nos convictions peut donner un sens à notre vie quotidienne. En travaillant à remédier aux injustices d’ordre social, économique ou autre, par exemple les frais élevés de garderie, le racisme au travail ou la sauvegarde des arbres, on peut insuffler du sens et de la passion dans sa vie. Le salaire est important, certes, mais le bénévolat apporte également d’énormes satisfactions.

Thérapie verbale

Comme solution de rechange aux médicaments, la psychothérapie, ou « thérapie verbale », s’est avérée efficace tout en permettant d’enseigner des habiletés d’adaptation qui seront utiles la vie durant. Les patients qui suivent une psychothérapie connaissent moins de rechutes que ceux qui sont traités aux antidépresseurs. Trouvez un thérapeute qui inspire le respect et qui vous respecte.

Activité physique

Nos corps sont conçus pour bouger. Les données indiquent que la pratique régulière d’une activité physique constitue le meilleur traitement à long terme de la dépression et de l’anxiété. Grâce au mouvement, la lymphe circule dans notre corps et élimine les toxines. Ainsi, l’activité physique permet d’aiguiser et de calmer l’esprit, de brûler des graisses, de dépenser l’énergie excédentaire, de favoriser la digestion et la circulation, de tonifier les muscles, de renforcer les os, d’améliorer la fonction cardiaque et pulmonaire, de libérer des endorphines et, par-dessus tout, de procurer une sensation de bien-être.

Alimentation

Depuis 50 ans, l’évolution des habitudes alimentaires constitue un facteur important de l’augmentation des maladies mentales. La Mental Health Foundation du Royaume-Uni cite des études qui établissent un lien indéniable entre le trouble déficitaire de l’attention, la dépression, la maladie d’Alzheimer et la schizophrénie, d’une part, et, d’autre part, la malbouffe et l’absence de gras essentiels, de vitamines et de minéraux dans les aliments industrialisés.

Plusieurs personnes souffrent d’allergies cachées, particulièrement au lait, au blé et au maïs. Si c’est votre cas, essayez de trouver des aliments de remplacement ou subissez un test d’allergie. Il arrive parfois que le fait d’être fortement attiré par un aliment indique en fait la présence d’une allergie.

Mangez comme si votre corps était le temple de l’esprit. Choisissez autant que possible des aliments biologiques, crus, non transformés et provenant du niveau inférieur de la chaîne alimentaire : préférez les fruits et légumes aux aliments raffinés. En effet, un régime alimentaire composé en grande partie de fruits et légumes aide à créer un équilibre acidobasique et énergétique optimal dans le sang. Les travaux de recherche démontrent que nos cellules produisent 16 fois plus d’énergie nette par calorie lorsque cet équilibre biochimique est atteint, par rapport à une alimentation nord‑américaine typique où prédominent les aliments acidifiants (autres que les fruits et légumes). Grâce à la quantité d’énergie métabolique ainsi produite, la fatigue se fait moins sentir et la capacité de faire face aux difficultés s’améliore. On peut donc en faire plus tout en mangeant moins.

Les céréales, graines, légumes et noix sont de véritables réserves nutritives, qui fournissent des protéines, des acides gras et des vitamines B essentiels au système nerveux. Plusieurs aliments présentent des propriétés uniques dont le cerveau a besoin : le gruau contient un acide aminé rare, mais essentiel; les pommes renferment du bore, un oligoélément; les épices et les herbes comportent des huiles aromatiques qui aident à protéger les cellules du cerveau. Une alimentation variée permet de couvrir tous les besoins nutritionnels. Apprenez à cuisiner pour vous-même le plus sainement possible.

Nutriments pour le cerveau

La recherche confirme les effets du stress et de l’« épuisement » des glandes surrénales sur le plan mental, physique et émotif. La caféine, le sucre et les médicaments stimulent artificiellement le système nerveux et détruisent les vitamines. Cela amène, chez de nombreuses personnes, un appauvrissement des réserves d’hormones et de nutriments ainsi que des fluctuations constantes qui finissent par provoquer une myriade de symptômes, reflet d’une désorganisation de l’organisme.

Les médicaments agissent fortement sur le système hormonal et peuvent facilement endommager les glandes et les organes fragiles. Dans plusieurs cas de dépression, les diagnostics ne relèvent pas les carences de l’organisme ni les problèmes thyroïdiens, qui sont de plus en plus courants (causés par le stress, le mode de vie, les médicaments, la pollution, etc.).

Un environnement stressant et toxique ainsi qu’une alimentation déficiente peuvent provoquer une demande accrue de la part de l’organisme en nutriments essentiels au rétablissement et à la restauration des systèmes usés et endommagés. Le système nerveux dépend surtout des vitamines B. Le stress, la caféine, le sucre, les cigarettes, les drogues et l’alcool détruisent les vitamines des groupes B et C. Un supplément de source naturelle du groupe B, à dose élevée, peut apporter un soulagement manifeste, mais il faudra réduire le café, le thé et les autres causes de carence chronique. Pour protéger les parois cellulaires, mangez des fruits riches en vitamine C, du chou, des légumes verts et des poivrons.

Le cerveau et le système nerveux renferment une grande concentration de gras et de protéines. Pour conserver une santé optimale, ils doivent continuer à bénéficier d’un apport en acides gras et en acides aminés essentiels contenus dans les graines, les noix, les grains entiers, les légumes, les olives, les légumes verts et même les petits fruits, ainsi que les œufs et le fromage biologiques. Des chercheurs anglais ont découvert que les acides gras essentiels oméga-3 et oméga-6 (dont regorgent le chanvre, le lin et les huiles de poisson), peuvent améliorer le comportement des enfants chahuteurs et aider au développement des capacités langagières. Plusieurs toxines sont liposolubles et les bons gras alimentaires peuvent aider à les éliminer.

Changements sociétaux

Seule, on peut difficilement amener la société à évoluer, mais à plusieurs, la chose est possible. La dépression peut être une réaction normale face à l’absence de soutien adéquat : n’hésitez pas à aller chercher l’aide dont vous avez besoin.

Équilibre

N’oubliez pas de consacrer du temps aux loisirs, à vos amis, à l’art, la lecture, la danse, la musique, la méditation, la prière, la nature, l’écriture, le yoga, le sport ‑ peu importe l’activité, pourvu qu’elle soit source de paix et de joie. Ainsi, votre esprit s’en trouvera renforcé, votre vie plus équilibrée et résiliente. S’impliquer activement dans quelque chose, que ce soit en solitaire ou dans la collectivité, est fondamental pour conserver une bonne santé mentale.

Plusieurs autres méthodes qui méritent d’être essayées ont aidé de nombreuses personnes à combattre la dépression : la thérapie nutritionnelle clinique (ou médecine orthomoléculaire), la naturopathie, l’acupuncture, le massage, la rigolothérapie, le toucher thérapeutique. Quel que soit l’approche, il faut rester conscient de ses effets. Observez ce que la thérapie vous apporte et comment elle vous transforme. Les effets secondaires en valent-ils la peine? Vous sentez-vous mieux ou pire qu’avant?

La voie vers le rétablissement peut s’avérer rapide pour certains ou devenir un processus continu pour d’autres. Il faut souvent combiner plusieurs méthodes thérapeutiques pour obtenir des résultats durables. Le processus de guérison est différent pour chacun d’entre nous.

Évitez d’entreprendre ce cheminement seule ou seul. À chaque étape, confiez-vous à quelqu’un pour vous assurer de rester sur la bonne voie. N’oubliez pas : c’est de croissance dont il s’agit. Saisissez l’occasion qui se présente à vous. Vous en valez la peine!

Cet article est adapté d’un texte paru dans Depression Expression, un bulletin d’information publié en 2006 par Health Mind, Body, Planet. Il est disponible sur le site Web de Greenspiration : www.greenspiration.org.

En plus de travailler comme experte-conseil en communications, Miriam Hawkins est une militante active dans le domaine de la santé et de l’environnement. Elle habite à Toronto. Militante de longue date dans le même secteur, Angela Bischoff se consacre actuellement au mouvement antinucléaire en Ontario.