Les maladies chroniques : qu’est-ce que le sexe et le genre ont à voir avec elles?

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Introduction

« Il est généralement vrai que dans la plupart des sociétés, les femmes vivent plus longtemps que les hommes, mais c’est aussi un fait que les femmes sont plus nombreuses à souffrir de maladies chroniques et de longue durée, qui modifient beaucoup leur qualité de vie. »

 - Faten Ben Abdelaziz
Women’s Health and Equity Indicators

Fait : Les femmes autochtones au Canada sont plus nombreuses que les hommes autochtones à souffrir de diabète. Comparativement aux femmes blanches, elles sont cinq fois plus nombreuses à subir cette maladie.

Fait : Deux fois plus de femmes que d’hommes souffrent de dépression.

Fait : Plus de femmes que d’hommes souffrent d’une maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), mais le taux de mortalité d’une MPOC chez les femmes est de 20 à 60 pour cent inférieur à celui des hommes.

Les données probantes indiquent de plus en plus clairement que les maladies chroniques touchent différemment les femmes et les hommes. Ce savoir est cependant assez nouveau. Jusqu’à tout récemment, la majorité de la recherche sur les maladies chroniques ne tenait pas compte du sexe ni du genre. Heureusement, nous disposons à présent d’un outil, l’analyse des influences du sexe et du genre (AISG), qui nous ouvre de nouvelles perspectives utiles pour la prévention et la gestion des maladies chroniques. Dans le milieu de la recherche, on adopte également de plus en plus une approche intersectorielle, c’est-à-dire, qu’on examine les maladies en tenant compte non seulement du sexe et du genre, mais aussi de l’origine ethnique, de l’éducation, du revenu et d’autres déterminants sociaux de la santé.

Ces nouvelles approches nous permettent de comprendre beaucoup mieux les maladies chroniques. Nous comprenons que les différences ne sont pas que biologiques, même si cet aspect est important. Nous savons, par exemple, que les femmes et les hommes ont tendance à gérer différemment leur maladie chronique en raison des rôles assignés à leur sexe. Nous savons aussi que la maladie chronique peut avoir un effet différent sur les gens, selon leur milieu culturel, le lieu où ils vivent et leur richesse ou pauvreté.  Nous commençons aussi à comprendre que certains des principaux facteurs de risque de maladies chroniques, comme l’inactivité physique, la consommation de fruits et de légumes en quantité insuffisante, l’excès de poids ou l’obésité et le tabagisme sont liés de façons complexes au sexe, au genre, au revenu, à l’éducation, au contexte géographique et à une myriade d’autres facteurs.

Dans cette section sur les ressources spécialisées, nous examinons tout d’abord les ressources qui traitent des maladies chroniques en tenant compte du sexe, du genre et d’autres déterminants sociaux. Reconnaissant l’impossibilité de traiter de toutes les maladies chroniques, nous avons limité les ressources à celles portant sur les cinq maladies les plus répandues : le diabète de type 2, les maladie cardiovasculaires, les maladies pulmonaires, les maladies auto-immunes et la dépression.

*Pour de plus amples renseignements sur l’AIGS et son utilisation dans l’amélioration de la santé des femmes, voir : Pourquoi faut-il tenir compte du sexe et du genre quand on parle de recherche sur la santé, d’élaboration de politiques et de mesures d’action ? 

Pourquoi devrait-on tenir compte des influences du sexe et du genre sur les maladies chroniques?

Les ressources suivantes donnent un aperçu du rapport entre les questions de sexe et de genre et les maladies chroniques et montrent de bien des manières que nous en sommes encore à nos balbutiements dans notre compréhension de ces questions et qu’il est urgent d’utiliser l’AISG dans un plus grand nombre de travaux de recherche.

Fardeau de la maladie
Par Arlene Bierman et al., de : L’Étude POWER (le Projet d’élaboration du Rapport basé sur des données probantes de l’Ontario sur la santé des femmes), Volume 1, 2009
Le rapport POWER sur la santé globale des Ontariennes et des Ontariens montre comment on peut comprendre la maladie chronique dans la perspective du genre. Dans ce chapitre, les auteures analysent des données pour montrer comment les maladies chroniques touchent les femmes et les hommes, ainsi que différents groupes de femmes, par exemple, selon le lieu où elles vivent et leur situation socioéconomique.

Une vague de changement : iniquités et maladies chroniques au Canada atlantique
Par Karen Hayward et Ronald Colman, Santé Canada, 2003
Ce document de travail explore les relations qui existent entre les iniquités et les maladies chroniques en tenant compte du sexe, de l’âge, du revenu, du contexte géographique, de l’origine ethnique et d’autres déterminants de la santé. Il s’agissait d’un premier pas dans la détermination de stratégies efficaces de prévention des maladies chroniques, fondées sur une compréhension approfondie des mécanismes qui associent les iniquités et les maladies chroniques, et qui répondent aux besoins de la région de l’Atlantique.

Comment utilise-t-on le sexe et le genre pour comprendre les maladies chroniques? Quelques exemples…

Les ressources suivantes traitent de maladies chroniques particulières, non seulement en tenant compte des facteurs du sexe et du genre, mais aussi de la classe sociale, de l’origine ethnique et d’autres déterminants de la santé. Comme il n’était pas possible de traiter de toutes les maladies chroniques, nous en avons choisi cinq parmi les plus importantes afin de montrer comment le genre joue un rôle crucial dans la compréhension de la maladie.

Le diabète de type 2

(Note : Nous examinons le diabète de type 2, qui touche de 85 à 90 % de la population diabétique, en opposition au diabète de type 1, ou diabète juvénile, qui représente entre 10 et 15 % des diabétiques.)

Comme le montrent les ressources suivantes, le sexe, l’origine ethnique et une multitude d’autres facteurs déterminent qui souffre de diabète au Canada. Il y a en général plus d’hommes que de femmes qui font du diabète. Cependant, plus de femmes que d’hommes âgés de 20 à 34 ans en sont atteintes, probablement en raison du diabète gestationnel (une forme de diabète qui atteint les femmes non diabétiques pendant la grossesse). Ce facteur est important, car les femmes qui souffrent de diabète gestationnel risquent de faire du diabète plus tard dans leur vie. L’obésité chez les femmes est également un plus grand facteur de risque de diabète que chez les hommes.

Il existe aussi des différences ethniques et socioéconomiques très importantes dans l’incidence du diabète au Canada. Le taux de diabète chez les femmes autochtones est cinq fois plus élevé que chez les femmes non autochtones. Les femmes représentent environ les deux tiers de la population autochtone souffrant de diabète. Les personnes d’autres groupes ethniques, y compris les Asiatiques du Sud ou de l’Ouest, et les Afro-Canadiens, ont aussi des taux beaucoup plus élevés que les blancs. En outre, moins le revenu et le niveau d’éducation d’une personne sont élevés, plus elle est susceptible de souffrir de diabète.

Il est aussi important de noter que, plus récemment, on a montré que les facteurs environnementaux expliquaient certains taux plus élevés de diabète. Ainsi, l’exposition à des polluants organiques persistants (POP) fait augmenter le risque et les personnes qui vivent dans des collectivités de Premières nations sont souvent plus exposées à ce groupe de produits toxiques pour l’environnement.

Pour cerner les incidences du diabète : l’utilisation de données désagrégées selon le sexe dès la première étape d’une analyse
Par Lissa Donner et Margaret Haworth Brockman, de : Se montrer à la hauteur du défi : l’analyse des influences du genre et du sexe en planification, en élaboration de politiques et en recherche dans le domaine de la santé au Canada, pp. 40-49, Centre d’excellence de l’Atlantique pour la santé des femmes, 2009
Ce document démontre qu’au Canada, les femmes des Premières nations constituent la population la plus touchée par le diabète, suivie des hommes des Premières nations. Il conclut que les programmes de prévention, de dépistage et de traitement du diabète seront plus efficaces s’ils intègrent une approche qui tient compte du sexe biologique et de l’âge, ainsi que des besoins des femmes et des hommes des Premières nations et des communautés autochtones.

Diabète sucré chez les Canadiennes 
Par Catherine Kelly et Gillian L. Booth, de : Rapport de surveillance de la santé des femmes, Institut canadien d'information sur la santé, 2003
Les auteures de ce chapitre du Rapport de surveillance sur la santé des femmes constatent que les femmes autochtones et les femmes à faible revenu sont particulièrement à risque d’être atteintes de diabète, tout comme les femmes et les hommes d’autres groupes ethniques, tels les Asiatiques du Sud, les Orientaux, les Afro-Canadiens et les Hispaniques. Elles concluent que : « D’autres recherches s’imposent pour déterminer les groupes culturels touchés et les autres déterminants importants de la santé chez ces femmes dont la situation socio-économique est faible. »

Paroles et pouvoir de femmes de Premières nations : manuel pour une prise de parole sur la vie, la santé... le diabète
Par Katia Fecteau et Bernard Roy, Commission de la Santé et des Services sociaux des Premières nations du Québec et du Labrador, 2000
Le diabète de type 2 a atteint des niveaux alarmants dans les collectivités des Premières nations du Québec, surtout chez les femmes. Ce livre vise à aider les femmes des Premières nations à faire face à cette maladie. Les femmes attikameks, micmaques et innues du Québec racontent leur vie avec le diabète. Ce livre démontre que le fait de parler ouvertement aide les femmes des Premières nations à acquérir, à développer et à exercer du pouvoir sur leur vie et leur santé. (88,65 Mo/ 182 p.) Le livre peut aussi être acheté en ligne.

Les maladies cardiovasculaires

Les maladies cardiovasculaires sont la principale cause de décès et d’incapacité tant chez les Canadiennes que chez les Canadiens. Cependant, ces maladies touchent les femmes et les hommes de façons très différentes, comme le montrent les ressources suivantes. Bien que le nombre de femmes et d’hommes qui meurent d’une maladie cardiovasculaire soit à peu près égal, les femmes meurent de formes différentes de la maladie. Elles présentent également un taux plus élevé d’hypertension artérielle, laquelle constitue un facteur de risque majeur de maladie cardiovasculaire.

On trouve aussi des différences dans le traitement des femmes et des hommes qui souffrent d’une maladie cardiovasculaire. Par exemple, le diagnostic chez les femmes est souvent retardé ou non posé; et les femmes sont moins susceptibles que les hommes de recevoir une consultation préventive, d’être traitées par une ou un médecin spécialiste et d’être transférées dans un autre établissement pour y être traitées. Leur taux de mortalité à l’hôpital après une crise cardiaque est également plus élevé. Les médicaments administrés pour traiter les maladies du cœur ont aussi un parti pris lié au sexe. Les statines, par exemple, qui sont souvent prescrites aux femmes contre les maladies du cœur, ont été principalement essayés sur les hommes.

De plus, les maladies cardiovasculaires diffèrent selon l’origine ethnique, l’éducation et le revenu. Par exemple, le pourcentage de personnes souffrant de maladies cardiovasculaires est 1,5 fois plus élevé chez les Premières nations et les Inuits. Les taux de maladies cardiovasculaires sont plus élevés chez les femmes et les hommes qui ont fait moins d’études postsecondaires et ont un revenu plus faible. Les femmes à faible revenu présentent plus de risque de souffrir d’une maladie cardiovasculaire, comme le tabagisme, l’inactivité physique, l’excès de poids et l’accès réduit à une alimentation adéquate.

Influence du genre et du sexe sur la santé cardiovasculaire des femmes
Par Lorraine Greaves, Ann Pederson et Natalie Hemsing, de : Se montrer à la hauteur du défi : l’analyse des influences du genre et du sexe en planification, en élaboration de politiques et en recherche dans le domaine de la santé au Canada, Centre d’excellence de l’Atlantique pour la santé des femmes, 2009

Cette section du chapitre cinq, intitulé « Reconnaître l’importance du genre », examine les maladies cardiovasculaires chez les femmes en Colombie-Britannique et montre comment l’AISG peut aider à comprendre les maladies chroniques.

Prudence oblige : l’emploi des statines chez les femmes
Par Harriet Rosenberg et Danielle Allard, Action pour la protection de la santé des femmes, 2007
Cet article porte sur la question inquiétante des statines, l’un des médicaments les plus souvent prescrits aux femmes pour prévenir les maladies du cœur. Cependant, la plupart des essais cliniques effectués pour évaluer leurs bienfaits et leur innocuité ont été axés sur les hommes. En fait, dans le cas des femmes qui n’ont aucun antécédent de maladie du cœur, les essais cliniques n’ont donné aucune donnée probante à l’effet que les statines réduisent le nombre de cardiopathies ou de décès des femmes de tout âge. (337 KB/ 43 p.)

Maladies cardiovasculaires
Par Sherry L. Grace, Rick Fry, Angela Cheung et Donna E. Stewart, de : Rapport de surveillance de la santé des femmes, Institut canadien d'information sur la santé, 2003
Les auteurs font remarquer que la recherche, les mesures d’action et les politiques ne tiennent pas adéquatement compte des nombreuses différences dans les façons dont les maladies cardiovasculaires touchent les femmes et les hommes. Les différences sont dans les symptômes, les facteurs de risque, l’âge de l’apparition des symptômes, et la manière dont les femmes et les hommes cherchent à obtenir des traitements. Ils notent que les Canadiennes les plus susceptibles de souffrir d’une maladie cardiovasculaire sont les autochtones, les Asiatiques du Sud et les femmes souffrant de diabète sucré (diabète de type 2).

Les risques propres aux femmes
La Fondation des maladies du cœur du Canada
Cette ressource écrite en langage clair présente les risques propres aux femmes souffrant de maladies du cœur. Il y est affirmé que « bien que les principaux facteurs de risques, signes avant-coureurs et symptômes soient les mêmes chez les deux sexes, certains aspects de la santé cardiovasculaire uniques aux femmes méritent d’être connus ».

Les maladies pulmonaires

Les ressources suivantes montrent clairement que les maladies pulmonaires sont devenues un problème de santé graves chez les femmes. La maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), en particulier, est devenue l’une des principales causes de décès chez les femmes partout dans le monde, tuant plus de femmes que les cancers du sein et du poumon réunis. La cause la plus importante de MPOC est le tabagisme, et le taux de tabagisme est en augmentation chez les femmes, surtout dans les pays en développement.

Les femmes atteintes d’une MPOC souffrent davantage que les hommes et leurs symptômes sont plus graves pour une MPOC d’égale gravité en raison de la capacité plus petite de leurs poumons, et de la petitesse des voies respiratoires et des muscles nécessaires à la respiration.  Toutefois, les femmes ont un taux de mortalité d’une MPOC de 20 à 60 % inférieur à celui des hommes et elles sont moins susceptibles de mourir lors de leur admission à l’hôpital. Cependant, elles sont plus susceptibles de mourir si elles ont besoin de ventilation artificielle.*

Des questions de genre se posent également dans le cas de cette maladie. Par exemple, les femmes sont la cible de choix des publicités pour les cigarettes légères.

Les ressources suivantes examinent les maladies pulmonaires chez les femmes et leur relation avec le tabagisme, car il s’agit du plus grand facteur de risque évitable.

Les femmes et la MPOC : un rapport national
L’Association pulmonaire, 2006
Cette étude de recherche examine la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) chez les femmes au Canada. Les auteurs affirment que « la MPOC est un problème de santé important chez la femme ». En effet, cette maladie respiratoire dévastatrice a été diagnostiquée chez 425 000 Canadiennes en 2006, et plus de 4 300 en sont mortes au cours de la même année.

Pour tourner la page : les femmes, le tabac et l’avenir
Rédigé par Lorraine Greaves, Natasha Jategaonkar et Sara Sanchez, Centre d’excellence pour la santé des femmes – région de la Colombie-Britannique, et l’International Network of Women against Tobacco, 2006
Compte tenu du nombre sans cesse croissant de femmes et de filles qui fument dans le monde, ce rapport dresse un tableau fort utile de l’usage du tabac par les femmes dans différents contextes sociaux, cerne les effets du tabac sur la santé et décrit le rôle joué par les femmes dans la production et la commercialisation des produits du tabac. Il oriente également l’évaluation et le traitement de la question de genre dans l’élaboration des politiques et des programmes et dans la recherche concernant la lutte contre le tabagisme, afin de réduire les effets dévastateurs du tabac sur les femmes.

*Tiré de : Literature Review – Behavioural Guidelines for Adjusting to Medical Conditions

Les maladies auto-immunes

Une maladie auto-immune est une maladie qui survient lorsque les tissus du corps sont attaqués par le propre système immunitaire de celui-ci. Les maladies auto-immunes courantes comprennent la polyarthrite rhumatoïde, le lupus érythémateux (lupus), la sclérose en plaques, le diabète de type 1, le syndrome de Sjögren et l’affectation abdominale inflammatoire.

Comme le montre la ressource ci-après, les différences observées chez les deux sexes relativement aux maladies auto-immunes sont surprenantes et mettent en évidence la nécessité d’utiliser l’analyse des influences du genre et du sexe. La plupart des maladies touchent les femmes, et le plus souvent pendant leur période de fertilité. Environ 79 % des 8,5 millions de personnes dans le monde qui ont un diagnostic de maladie auto-immune sont des femmes.* Ces maladies se manifestent aussi différemment chez les femmes et les hommes, commencent à des âges différents et présentent différents types de symptômes.

Les ressources suivantes donnent un aperçu de l’information sur les maladies auto-immunes de l’arthrite, de la sclérose en plaques et du lupus chez les femmes.

Conséquences de l'arthrite sur les Canadiennes
Par Naomi M. Kasman et Elizabeth M. Badley, de : Rapport de surveillance de la santé des femmes, Institut canadien d'information sur la santé, 2003
L’arthrite est l’une des conditions chroniques les plus prévalentes au Canada, et elle touche beaucoup plus de femmes que d’hommes. Les auteures de ce chapitre du Rapport de surveillance de la santé des femmes attirent l’attention sur la nécessité d’obtenir davantage de données de genre sur le système de soins de santé et sur l’accès aux services ainsi que sur les pratiques de prescription des médecins. Elles soutiennent que ces données devraient servir à établir une stratégie de soins de santé pour faire face au nombre croissance de femmes atteintes de cette maladie.

Lupus Canada
Le site Web de Lupus Canada fournit des renseignements généraux sur la maladie ainsi que sur les ressources et la recherche.

À propos de SP
La Société canadienne de la sclérose en plaques

Le site Web de la Société canadienne de la SP fournit des renseignements généraux sur la SP et précise que les femmes sont trois fois plus susceptibles que les hommes d’être atteintes de cette maladie.

La dépression

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, la dépression est la principale cause d’incapacité liée à une maladie chez les femmes. Cette maladie présente clairement un préjugé lié au genre. Les femmes dans les pays développés sont deux fois plus susceptibles que les hommes de souffrir de dépression. En outre, on note de nombreuses différences importantes dans la façon dont les deux sexes vivent la maladie. Les femmes font une dépression à un plus jeune âge et ont des symptômes plus graves que les hommes. Elles ont également des récurrences qui durent plus longtemps. Cependant, les hommes qui font une dépression sont plus susceptibles de souffrir de dépendance à l’alcool et à d’autres substances, et ils sont plus nombreux à se suicider.

On constate également des différences dans la façon des femmes de vivre la dépression. Certaines immigrantes et femmes des minorités ethniques peuvent être plus à risque de dépression. Les femmes à faible revenu sont plus susceptibles de faire une dépression que celles ayant un revenu plus élevé. Aussi, les femmes qui vivent en milieu rural ont moins accès à des services de traitement de la dépression que celles vivant dans un milieu urbain.

Les ressources suivantes examinent ces faits et d’autres concernant la dépression de la perspective du sexe, du genre et de la diversité.

Pour de plus amples ressources sur les femmes et la santé mentale, voir aussi : Les femmes, le genre, la santé mentale et la toxicomanie

Écoutez-moi, comprenez-moi, soutenez-moi : ce que veulent nous dire les jeunes femmes sur la dépression
Par l’équipe VALIDITY (Étude dynamique de la dépression chez les jeunes femmes d’aujourd’hui), Centre de toxicomanie et de santé mentale, 2006
Lorsque les filles atteignent la puberté, elles commencent à enregistrer des taux plus élevés de dépression que les garçons, et cette différence entre les sexes se poursuit jusqu’à la ménopause. Ce guide s’adresse non seulement aux fournisseurs de soins de santé qui traitent la dépression chez les jeunes femmes mais aussi notamment au personnel enseignant, aux thérapeutes, aux personnes qui font de l’intervention auprès des jeunes et à celles qui travaillent dans le milieu de la recherche. Il donne un aperçu de la question en se fondant sur l’expérience de plus de 200 jeunes Ontariennes, de jeunes adolescentes à jeunes adultes.

La marchandisation de la dépression : la prescription des ISRS aux femmes
Par Janet Currie, Action pour la protection de la santé des femmes, 2005
On prescrit deux fois plus de médicaments psychotropes aux femmes qu’aux hommes, y compris les inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine (ISRS). L’auteure demande pourquoi le gouvernement n’appuie-t-il pas, ne finance-t-il pas et ne privilégie-t-il pas les méthodes non conventionnelles de traitement sans médicaments de la détresse émotionnelle des femmes, comme l’exercice, le soutien affectif, la psychothérapie et  l’amélioration de l’alimentation?

Dépression
Par Donna Stewart, Enza Gucciardi et Sherry Grace, de : Rapport de surveillance de la santé des femmes, Institut canadien d'information sur la santé, 2003
Ce chapitre du Rapport de surveillance de la santé des femmes examine la dépression chez les femmes au Canada et constate que les Canadiennes sont presque deux fois plus nombreuses que les Canadiens à souffrir de cette maladie. Les auteures constatent également des différences dans l’incidence chez les femmes selon le niveau de revenu et d’éducation, les périodes de la vie, le lieu où elles vivent, l’état civil et de nombreux autres facteurs.

Le poids et les maladies chroniques

On ne peut passer sous silence la relation entre le poids et les maladies chroniques dans notre discussion sur les maladies chroniques. Nous voyons et entendons chaque jour parler de la « guerre contre l’obésité » et de l’« épidémie d’obésité ».  Il est en effet de plus en plus prouvé que les personnes obèses courent un risque plus élevé d’être atteintes de maladies comme l’arthrite, l’hypertension artérielle, le diabète de type 2, des microtraumatismes répétés, la dépression et la maladie coronarienne.  

Cependant, la plupart des documents sur cette question présentent l’obésité comme un facteur de risque « modifiable » des maladies chroniques — c’est-à-dire pouvant être changé.  Les critiques de ce point de vue, les personnes partisanes du mouvement Health at Every Size (santé-à-tout-poids; HAES) affirment que dans la « guerre contre la grosseur », on tient les gens responsables d’être trop gros et que faire des pressions sur les obèses pour qu’ils et elles perdent du poids peut entraîner un piètre estime de soi, des régimes amaigrissants malsains et d’autres mesures extrêmes comme les troubles alimentaires et la chirurgie de l’obésité. Elles soutiennent aussi que la génétique, qui n’est pas modifiable, joue également un rôle important dans l’obésité.  Enfin, elles sont d’avis que la prévention des maladies chroniques devrait plutôt mettre l’accent sur l’acceptation de son corps et l’aide aux gens pour qu’ils prennent l’habitude de bien manger et de faire de l’activité physique.

Cette guerre contre l’obésité a des répercussions particulières sur les femmes et les filles, qui sont déjà nombreuses à se battent avec des idéaux de minceur imposés par la culture et souffrent beaucoup plus que les hommes et les garçons de troubles de l’alimentation et de problèmes liés à l’image du corps.

L’obésité, qu’elle soit évitable ou pas, est liée à la situation socioéconomique. De façon générale, plus une personne est pauvre et plus elle est susceptible d’être obèse.* Cependant, le rapport entre l’obésité et le revenu diffère pour les femmes et les hommes; tandis que l’obésité est plus élevée chez les femmes à faible revenu ou à revenu moyen inférieur, l’inverse est vrai chez les hommes. Les hommes qui ont un niveau plus élevé de revenu et d’éducation ont la plus haute prévalence d’obésité. L’origine ethnique joue aussi un rôle.  Au Canada, les femmes autochtones et les Afro-Canadiennes enregistrent les plus hauts taux d’obésité. On ne sait pas clairement pourquoi, faute de recherches sur le sujet. Il peut y avoir une myriade de facteurs connexes, notamment le faible revenu de ces populations, auquel peuvent être liées la mauvaise nutrition et l’inactivité physique.

De plus, l’exposition à certains produits chimiques qui peuvent perturber le système endocrinien est aussi liée au développement de l’obésité. Le bisphénol A (BPA) que l’on trouve abondamment dans les plastiques et le revêtement intérieur des boîtes de conserve en est un exemple. Il a été associé à l’obésité dans la recherche sur les animaux.

Certaines des ressources suivantes abordent les questions de poids, d’obésité et de maladies chroniques des points de vue du genre et de la diversité. D’autres présentent la perspective de l’HAES.

Audacieuses : le défi d'être soi !
Réseau québécois d'action pour la santé des femmes, 2005
Cette ressource défend l’idée que les femmes peuvent être en santé quelle que soit leur taille et qu’elles ne devraient pas avoir à se conformer aux canons de beauté conventionnels.  Elle vise les industries des régimes amaigrissants, des cosmétiques et de l’esthétique, et propose que les femmes se rebellent contre toutes ses tentatives de dénigrer leur corps et leur estime de soi.

L'exercice physique et l'obésité
Par Shirley Bryan et Peter Walsh, de : Rapport de surveillance de la santé des femmes, Institut canadien d'information sur la santé, 2003
Ce chapitre du Rapport de surveillance de la santé des femmes considère l’activité physique comme un important facteur de risque modifiable de l’obésité et donne un aperçu de l’état actuel de l’activité physique et du surpoids/obésité chez les Canadiennes. Il examine les bienfaits pour la santé d’une activité physique régulière et les facteurs individuels et généraux qui déterminent l’adoption par les femmes d’un programme régulier d’activités physiques au cours de leur vie.

* Voir : Profil différent chez l'homme et chez la femme
Obésité : un enjeu en croissance, par Christel Le Petit et Jean-Marie Berthelot