Une éducation favorisant une santé sexuelle chez les enfants – 1ère partie

Jeudi, October 25, 2012 - 23:27

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Le RCSF a le plaisir de présenter, aux personnes qui ne la connaissent pas déjà, Lyba Spring, éducatrice en santé sexuelle. Lyba a œuvré pendant près de 30 ans auprès du service de santé publique de Toronto. Notamment, elle a travaillé auprès des enfants et des ados dans les écoles, été intervenante dans une clinique de santé sexuelle, animé des ateliers, enseigné dans des établissements universitaires et participé à titre d’invitée à des émissions télévisées. Lyba a touché à tous les aspects de la sexualité, des pratiques sexuelles protégées à l’identité de genre, en passant par l’éducation favorisant une santé sexuelle chez les enfants, ainsi que l’éjaculation féminine. Des travailleuses et travailleurs du sexe et des directrices et directeurs d’écoles au personnel des établissements de soins de longue durée, elle a travaillé avec tous ces gens, en anglais, en français et en espagnol.

Aux deux semaines, Lyba écrira sur son blogue sur un éventail de sujets portant sur les femmes et la santé sexuelle. Elle vous invite à lui communiquer vos commentaires et vos suggestions.

Nous estimons que Lyba est un trésor. Nous espérons que vous profiterez aussi de cette précieuse ressource.

Vous pouvez communiquer avec Lyba à l’adresse : springtalks1@gmail.com


Les informations présentées par le RCSF ne visent pas à remplacer la consultation d’un(e) professionnel(le). Si vous pensez avoir besoin d’un avis médical, consultez votre professionnel(le) de la santé.


Par Lyba Spring

Lorsque, dans un atelier, nous demandons aux parents à quel âge devrait débuter l’éducation sexuelle, certains répondent « à l’âge de 10 ou 12 ans, ou plus ». Pour d’autres, c’est beaucoup trop tard. À la lumière du fait que certaines filles vivent la puberté à l’âge de sept ans et que les images sexuelles fusent de toute part, il faut revoir nos positions sur cette question.

La sexualité est présente dès la naissance. Même dans l’utérus, un fœtus mâle aura des érections. Aussitôt né, le nourrisson commence son apprentissage. « Quelqu’un qui m’aime me tient dans ses bras. J’aime que l’on caresse mon dos. Est-ce un mamelon dans ma bouche? Oh bonheur! »

En changeant bébé de couche, nous lui parlons. C’est l’occasion idéale d’utiliser les mots du dictionnaire pour décrire leurs organes génitaux, comme pénis et vulve, au lieu de zizi ou zigounette. La transmission d’un vocabulaire favorise, au fil de la croissance, l’acquisition d’outils de communication pour parler de sexualité.

Un bébé de six mois est susceptible de découvrir ses organes génitaux. La réaction des parents à cet événement peut varier grandement, mais le parent doit réfléchir sur le message qu’il souhaite communiquer. Si vous dites « Ne touche pas! », vous lui signifiez qu’il ne doit pas avoir accès à cette partie de son corps et que le plaisir qu’il ressent est répréhensible. Si vous le laissez explorer, il apprendra à connaître les plaisirs que lui procurent son corps et saura que toutes les parties de son anatomie lui appartiennent. Le moment viendra où il apprendra que ce n’est pas acceptable de se donner du plaisir dans un endroit public.

Peut-être acceptera-t-il son sexe biologique, qui correspond à son apparence, peut-être qu’il ne l’acceptera pas. Les recherches récentes suggèrent aux parents/tuteurs de prendre les commandes lorsque l’enfant affiche des écarts de comportements sexuels importants.

L’exploration sexuelle (jouer à la poupée, au médecin, etc.) avec d’autres enfants débute à environ trois ans. C’est une activité très courante. Certains parents/tuteurs se demandent qu’elle est la différence entre l’exploration sexuelle prévisible et celle qui est imprévisible. Les personnes qui ont été victimes d’abus sexuels dans leur enfance éprouveront le besoin de protéger l’enfant. Le message important qu’il faut véhiculer est qu’il ne faut jamais se cacher pour échanger des attouchements. Les enfants doivent comprendre que s’ils éprouvent un malaise en rapport avec leur sexualité, ils  doivent vous en parler. Si un enfant vous dit qu’il vit une expérience sexuelle inhabituelle avec un autre enfant ou avec une personne plus âgée, communiquez avec votre agence de la protection de l’enfance pour obtenir des conseils. (Voir www.boostforkids.org pour plus d’information.)

À cet âge, les enfants posent des questions. Généralement, il faut y répondre avec des mots qu’ils peuvent comprendre. Votre message parental doit contenir de l’information factuelle. Par exemple, vous pouvez répondre à la question « À quoi servent les couilles? » en disant « Ce sont des testicules. Elles fabriquent le sperme. Quand tu seras grand, si tu veux faire un bébé, tu en auras besoin. »

Peut-être voudrez-vous vérifier les connaissances de votre enfant concernant certains sujets. Lorsqu’il vous demande d’où viennent les bébés, vous pourriez lui répondre « À ton avis, d’où viennent-ils? » et répondre en fonction de cette information.

Si un enfant plus âgé vous demande « Quand pourrais-je avoir des relations sexuelles? », votre réponse pourrait être fondée sur la physiologie, sur vos valeurs religieuses ou sur vos opinions personnelles.

Dans la deuxième partie, j’explorerai certains sujets clés portant sur les enfants âgés de moins de neuf ans, ainsi que d’autres sujets liés à l’étape de la puberté. Vous souhaitez partager vos idées? Écrivez-moi à springtalks1@gmail.com.