Une étude démontre que l’exposition aux produits chimiques au travail contribue à l’augmentation du risque de cancer du sein

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Réseau pancanadien sur la santé des femmes et le milieu

COMMUNIQUÉ DU RPSFM

TORONTO, ON (Le 19 novembre 2012) Une nouvelle étude canadienne démontre que les femmes qui occupent certains emplois ont un risque accru de développer un cancer du sein. Les chercheurs James Brophy et Margaret Keith ont analysé, avec le soutien d’une équipe multidisciplinaire internationale et en association avec le Réseau pancanadien sur la santé des femmes et le milieu (RPSFM), l’exposition aux produits chimiques des travailleuses de l’industrie des plastiques automobiles dans la région de Windsor en Ontario. Leurs résultats constituent un apport précieux au corpus de données de plus en plus nombreuses sur l’existence d’un lien entre le cancer du sein et autres maladies et l’exposition, notamment aux toxines, au travail.

Le cancer du sein est le cancer le plus courant chez les femmes du Canada. Le projet de recherche a été subventionné en grande partie par la Fondation canadienne du cancer du sein. « Depuis 25 ans, le taux de mortalité attribuable au cancer du sein a diminué de près de 40 %, mais le taux d’incidence n’a pas changé : une Canadienne sur neuf en souffrira au cours de sa vie », affirme Sandra Palmaro, chef de la direction de la Fondation pour la région de l’Ontario. « Cette étude nous fournit de nouvelles données sur les risques professionnels associés au cancer du sein; nous avons bon espoir qu’elles permettront d’approfondir les connaissances sur les moyens de prévenir celui-ci. »

Les travailleuses exposées à des concentrations élevées de cancérogènes et de modulateurs endocriniens pourraient courir un plus grand risque de développer un cancer. On savait déjà que de nombreux plastiques libèrent des substances œstrogéniques et cancérogènes. Les chercheurs ont découvert que les femmes qui cumulaient dix ans dans l’industrie des plastiques automobiles étaient plus de deux fois plus à risque de souffrir d’un cancer du sein que les autres, et cinq fois plus pendant la préménopause.

Il y a peu de recherches sur les risques professionnels associés au cancer du sein. L’étude confirme hors de tout doute la pertinence de scruter avec soin les antécédents professionnels dans le cadre des recherches en épidémiologie environnementale et professionnelle du cancer du sein. « On fait régulièrement abstraction des femmes dans les études dans ces domaines, si bien qu’il existe très peu de recherches sur l’effet des produits chimiques en milieu de travail sur celles-ci », fait observer Anne Rochon Ford, directrice exécutive du Réseau canadien pour la santé des femmes. « Cette étude fait un apport essentiel non seulement au domaine de la santé des femmes, mais aussi à celui de la recherche sur la santé au travail. »

Ni le système de réglementation fédéral, ni les normes provinciales en matière de santé au travail ne tiennent suffisamment compte des nouvelles connaissances sur les effets de l’exposition aux produits chimiques sur la santé. Les niveaux élevés d’exposition aux substances toxiques des femmes et le fait que l’incidence de résultats nocifs sur la santé varie selon le sexe et le genre exigent une approche de précaution dans la prévention de la maladie. « Ce projet de recherche appuie une hypothèse de plus en plus acceptée sur les modulateurs endocriniens, selon laquelle même de faibles doses peuvent être nocives », affirme Dayna Nadine Scott, directrice du RPSFM. « Nous sommes exposés aux produits chimiques à la maison, au travail et dans notre environnement; le temps est venu d’exiger un dispositif de réglementation intégré destiné à protéger la santé de tous et de toutes. »

On peut consulter un Résumé des conclusions de recherche et l’étude intégrale, accompagnée de tableaux et de références, dans les sites suivants : le Réseau pancanadien sur la santé des femmes et le milieu (www.nnewh.org) et le Réseau canadien pour la santé des femmes (www.cwhn.ca). Pour un complément d’information, communiquez avec le Réseau pancanadien sur la santé des femmes et le milieu (nnewh1@yorku.ca ou au 416-736-2100, p. 20711) ou le Réseau canadien pour la santé des femmes (info@cwhn.ca ou 204-470-1825).

La préparation de ce communiqué de presse a bénéficié d’une contribution financière de Santé Canada. Les opinions exprimées ici ne reflètent pas nécessairement celles du ministère.

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RPSFM Résumé des conclusions de recherche 19 nov 2012.pdf122.6 Ko
Case Control Study - Final Manuscript Nov 12, 2012.pdf1.05 Mo
RPSFM Communique 19 nov 2012.pdf138.53 Ko