Les femmes, la question du genre et les tests de dépistage

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Devriez-vous subir le test de dépistage que votre médecin - ou la publicité - vous recommande?

Les tests de dépistage sont de plus en plus présentés comme une mesure qui ajoutera des années à votre vie ou qui, du moins, vous révélera que vous êtes malade et que vous avez besoin d’un traitement. Les tests de dépistage de la dépression, tests Pap, tests de dépistage du cholestérol et autre tests prolifèrent à la même vitesse que la mise en marché de nouveaux traitements, qui sont souvent sous forme de médicaments. Rares sont les fois où nous feuilletons un magazine, allumons le téléviseur ou parcourons Internet sans qu’on nous propose de passer un test de dépistage ou d’en faire la demande auprès d’un médecin.

La question du dépistage est importante pour les femmes puisque celles-ci ont plus souvent recours au système de santé et qu’elles subissent généralement plus de tests de dépistage que les hommes. Nous sommes aussi plus nombreuses à faire nos propres tests de dépistage (en utilisant des tests proposés dans les magazines, sur le Web, dans des livres, etc.). Il importe d’aborder la question du dépistage en tenant compte des rapports sociaux entre les sexes. Certains tests ne s’adressent qu’aux femmes et sont effectués pour dépister des maladies qui ne frappent que les femmes, comme le test Pap pour le cancer du col utérin et le test de dépistage de la dépression post-partum. Certaines maladies sont dépistées différemment chez les femmes et les hommes, comme le cancer du côlon (les femmes ont tendance à développer un cancer du côlon à un âge plus avancé, comparativement aux hommes). 

Pourquoi ne pas vous soumettre à ce test? 

Remettre en question l’utilité d’un test de dépistage peut sembler étrange. Après tout, n’est-il pas souhaitable d’avoir le plus d’information possible sur votre santé? Nul doute que le dépistage joue un rôle important dans le domaine de la santé. Toutefois, il y a de plus en plus de preuves à l’effet que certains tests de dépistage ne sont pas nécessairement bons pour votre santé. Dans de nombreux cas, le dépistage comporte des bienfaits certains mais aussi certains risques. Lorsqu’on nous offre de passer un test de dépistage à chaque tournant, il importe vraiment de bien cerner, non seulement les risques du test en question (p. ex. les risques associés aux radiations émises lors d’une tomodensitométrie), mais aussi les risques associés aux effets du test « en aval ». Le dépistage peut mener au surdiagnostic  et au surtraitement, comme le recours à un traitement médicamenteux ou à la chirurgie. Si le test indique que quelque chose ne va pas, quels autres tests ou traitements vous seront offerts ou vous seront présentés comme essentiels? Les effets du traitement seront-ils pires que la maladie?  Le test peut-il donner un diagnostic vraiment précis?

À qui profitent ces tests?

Il importe aussi de considérer le fait que l’industrie pharmaceutique et les entreprises liées au dépistage médical ont de fortes chances de faire d’importants profits si elles nous font croire que nous avons besoin d’autres tests. Ces sociétés nous convainquent, non seulement par la voie de la publicité et d’échantillons gratuits disponibles dans les cabinets des médecins, mais aussi par la voie de correspondants médicaux qui offrent leurs conseils à la télévision et de vedettes qui nous racontent leurs histoires de maladies. Ces interlocuteurs, souvent commandités par l’industrie pharmaceutique, nous font aussi croire que nous devons subir un plus grand nombre de tests. 

Ces discours, visant à vendre le dépistage, comportent un grave danger puisqu’ils amènent des gens en bonne santé à penser qu’ils sont malades. Ils nous vendent de « nouvelles » maladies à traiter, comme le « dysfonctionnement sexuel féminin » et le « trouble d’achats compulsifs ». Lorsqu’on trouve facilement dans les médias sociaux comme Facebook des outils simplistes pour dépister la dépression ou d’autres troubles de santé mentale et que soudainement, un grand nombre de gens s’auto-diagnostiquent une grave dépression, les sociétés pharmaceutiques ont les arguments nécessaires pour déclarer que les taux d’occurrence sont très élevés et pour dire : « Voilà, nous avons un médicament pour ça. »

Un regard critique sur certains de ces tests

Il existe aujourd’hui de nombreux outils de dépistage. Nous vous en présentons quelques-uns sur lesquels nous nous sommes penchées. La mammographie est un outil de dépistage important mais aussi très controversé. Nous avons étudié cette question en profondeur dans le document Le dépistage par mammographie : avantages et inconvénients pour la santé des femmes, d’Ann Silversides, alors nous ne traiterons pas de ce sujet dans le présent document. Ce texte d’introduction porte un regard critique – selon un point de vue qui diffère de celui présenté dans les médias grand public – sur d’autres outils de dépistage qui touchent particulièrement les femmes. Tous les textes que nous présentons ci-dessous font l’objet présentement de certaines controverses quant à l’utilité et/ou aux dangers du surdépistage. Nous nous pencherons sur les questions suivantes :

Quels problèmes entraîne le surdépistage?
Pourquoi ne pas vous soumettre à un test de densité osseuse?
Ne devriez-vous pas savoir si vous souffrez de dépression?
Quels sont les débats entourant la question du dépistage génétique?
En quoi est-ce problématique de subir un test de dépistage de maladies cardiaques?

Pour plus d’information sur la façon dont on pousse les femmes à surconsommer des substances pharmaceutiques qui ne sont pas nécessaires, consultez notre document d’introduction : Les médicaments prescrits aux femmes sont-ils sécuritaires? Efficaces? Nécessaires? Le livre The Push to Prescribe (en anglais) est une autre excellente ressource qui traite de ce sujet.

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