Ne devriez-vous pas savoir si vous souffrez de dépression?

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Le dépistage excessif de symptômes de dépression suscite une préoccupation concernant les erreurs de diagnostic. De telles erreurs pourraient amener des personnes en bonne santé à être diagnostiquées comme souffrant d’une dépression clinique et à subir un traitement médicamenteux. Il existe une tendance inquiétante qui amène les écoles états-uniennes et canadiennes à effectuer des tests de dépistage auprès des jeunes pour déceler la dépression. Cette tendance, par contre, est très peu analysée selon une perspective axée sur les influences du genre et du sexe. Les critiques soutiennent que de telles mesures de dépistage comportent un danger, celui d’imposer à des étudiantes et des étudiants des soins psychiatriques et une prise de médicaments dont ils n’ont pas besoin, ceux-ci souffrant, non pas de dépression, mais possiblement de traumatismes passés, de problèmes familiaux ou d’autres difficultés.

Le dépistage pour déceler une dépression postpartum (DPP) fait l’objet de préoccupations semblables. Le test de dépistage normalisé pour la DPP, qui utilise l’échelle de dépression postnatale d’Édimbourg (EDPE), a été critiqué pour son taux élevé de faux diagnostics positifs, soit 30 à 70 pour cent. Une fois de plus, il existe des inquiétudes à l’effet que ce test pourrait entraîner des traitements médicamenteux inutiles et inappropriés aux femmes en postpartum, qui auraient plutôt besoin de soutien familial, d’un revenu plus élevé, etc.

Les blues de la maternité
Par Marie-Claude Bourdon, Journal L’UQAM, vol. XXXVI, no 4, 19 octobre 2009
Depuis quelques années, le diagnostic de dépression postnatale (DPN) est très « populaire ». Comment expliquer cette popularité? Cette question guide certains des travaux de recherche de Catherine Des Rivières-Pigeon. « Ce qui est remis en question, c’est que cette dépression soit différente ou plus fréquente que les autres dépressions et donc qu’elle fasse l’objet d’un diagnostic particulier. »

La marchandisation de la dépression : La prescription des ISRS aux femmes
Par Janet Currie, Action pour la protection de la santé des femmes, 2005
Selon l’auteure, les sociétés pharmaceutiques mettent au point des « outils de dépistage simplistes » pour diagnostiquer la dépression, notamment chez les femmes. Ces firmes ont avantage à mousser les taux de dépression pour tirer profit de la vente d’antidépresseurs.

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