L’exposition aux produits chimiques associée au risque de cancer du sein chez les travailleuses de l’industrie des matières plastiques, conclut une nouvelle recherche

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Réseau pancanadien sur la santé des femmes et le milieu

COMMUNIQUÉ DU RPSFM

TORONTO, Ontario (le 6 décembre 2012) Selon une nouvelle étude publiée dans la revue New Solutions, tout porte à croire que les travailleuses de l’industrie des matières plastiques sont exposées à des substances susceptibles d’augmenter le risque de cancer du sein et d’anomalies reproductives. Pilotée par Robert DeMatteo et menée en collaboration avec Margaret Keith, James Brophy et le Réseau pancanadien sur la santé des femmes et le milieu (RPSFM), l’étude corrobore des données épidémiologiques publiées récemment par Brophy et Keith, qui révélaient un risque de cancer du sein cinq fois plus élevé chez les employées de ce secteur pendant la préménopause. Tous ces résultats confirment la nécessité d’instaurer rapidement des mesures de réglementation des substances chimiques cancérogènes et des perturbateurs endocriniens au Canada.

À l’issue d’une enquête approfondie auprès des travailleuses et d’une recension des rapports sur l’hygiène du travail publiés par le gouvernement et l’industrie, les auteurs concluent à la quasi-absence de toute surveillance gouvernementale et de toute réglementation en matière d’exposition aux produits chimiques dans bon nombre de lieux de travail. Une travailleuse a décrit notamment les effets quotidiens de l’exposition en ces termes : « Je ne sais pas si ça provient de la fumée ou des émanations. On peut sentir les vapeurs, leur goût s’imprègne dans notre bouche et peu après, on ressent comme des étourdissements ou des vertiges. » Selon Robert DeMatteo, « Une bonne partie de ce que décrivent les travailleuses à propos de leurs conditions de travail concorde avec les observations que nous avons relevées dans les rapports. Ces derniers relèvent la quasi-absence ou l’absence totale de ventilation par aspiration à la source, qui pourrait protéger les travailleuses. Or seulement une poignée de rapports font mention de mesures correctives ordonnées par les inspecteurs. »

Pour James Brophy et Margaret Keith, l’un des apports les plus importants de l’étude concerne sa synthèse des données sur les agents cancérogènes et les perturbateurs endocriniens. « La documentation scientifique sur la biosurveillance indique que les travailleuses et travailleurs de ce secteur présentent une charge corporelle élevée de perturbateurs endocriniens comme l’acrylonitrile, le styrène, le BPA et les phtalates », dit Keith.

Même si les responsables fédéraux de la réglementation ont décrété en 2010 que le BPA était « toxique » et interdit l’usage de ce perturbateur endocrinien connu dans la fabrication des biberons, il n’existe encore aucun mécanisme de protection des travailleuses et travailleurs directement exposés à cette substance sur une base quotidienne (ainsi qu’à plusieurs autres substances cancérogènes et modulateurs endocriniens utilisés comme additifs dans la fabrication des plastiques). « Si une substance est déclarée “toxique” en vertu d’une loi fédérale, les Canadiens ont le droit de s’attendre à ce que les responsables de la réglementation travaillent ensemble à réduire notre degré d’exposition à celle-ci. C’est ce que commande le principe de précaution », a déclaré Dayna Nadine Scott, directrice du RPSFM, établi à l’Université York.

On peut consulter l’étude intégrale dans les sites suivants : Réseau pancanadien sur la santé des femmes et le milieu , RCSF et Baywood Publishing. Relations avec les médias : Le Réseau pancanadien sur la santé des femmes et le milieu (nnewh1@yorku.ca ou 416-736-2100, p. 20711) et Le Réseau canadien pour la santé des femmes (info@cwhn.ca ou 204-470-1825).

Ce projet a bénéficié d’une subvention de Santé Canada. Il incorpore des données issues de recherches et de groupes de discussion parrainés par la section ontarienne de la Fondation canadienne du cancer du sein.

Les opinions exprimées dans le présent communiqué ne reflètent pas nécessairement celles de Santé Canada.

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