Les unions monogames

Dimanche, December 16, 2012 - 00:13

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Parlons sexualité - blogue

Par Lyba Spring 

Récemment, dans une entrevue à la radio, un sexologue disait que flirter avec d’autres personnes pourrait être un ajout positif dans une relation monogame si les individus du couple ont confiance en eux-mêmes et en la relation. Le flirt peut être une source d’excitation dans un couple et stimuler le romantisme et l’intimité. Il peut être perçu comme complémentaire (quelqu’un est intéressé(e) à mon(ma) partenaire, ce qui signifie que j’ai choisi un(e) partenaire désirable), ou il peut être une source de stress, une autre raison pour se quereller ou s’inquiéter.

Nous prenons parfois pour acquis que les partenaires d’unions monogames ne vivent pas d’expériences extraconjugales. Mais cela dépend de « l’entente » qu’ils(elles) ont établie. Cette entente peut être : Nous ne vivons pas d’expériences extraconjugales. Nous en vivons mais nous le disons à notre partenaire. Nous en vivons mais nous partageons aussi tous les détails pour notre plaisir mutuel. Nous en vivons, mais nous avons des pratiques sexuelles sans risque. Toutes ces options peuvent fonctionner, en autant que vous établissez une entente au préalable. Dan Savage, un chroniqueur américain sur des questions de sexe, aime utiliser le terme « monogamish » [généralement monogames] pour les couples qui sont surtout monogames.

Les adolescents et les jeunes adultes ont tendance à s’engager dans des unions monogames successives, c.-à-d. une union avec un(e) partenaire pendant un certain temps, suivie d’une rupture, d’une période de deuil, puis d’une nouvelle relation.

Il y a d’autres types de relations à long terme qui ne sont pas monogames.

Deux articles ont été publiés dans des parutions récentes de la revue The Canadian Journal of Human Sexuality, qui portaient sur le sujet des relations sexuelles fortuites (RSF). Elles étaient identifiées sous les termes de « histoires d’un soir, rendez-vous d’un soir, amitiés sexuelles, amitiés particulières ».  Les RSF sont très fréquentes chez les jeunes adultes. Je n’ai pas lu d’études sur d’autres groupes d’âges, mais je peux vous assurer qu’elles sont vécues à tout âge, de l’adolescence au vieil âge. 

Les articles soulignaient deux points importants, surtout pour les jeunes adultes : la nécessité de se protéger émotionnellement et de se protéger physiquement. Pour ce qui est de se protéger émotionnellement, les études examinaient le désir des participant(e)s d’accéder à un niveau d’intimité supérieur dans une relation, et leur intention de s’engager dans une autre relation sexuelle fortuite lorsqu’une liaison se termine. Il n’est pas surprenant de constater que les femmes affichent un pointage plus élevé à la première question et plus faible à la deuxième question. 

En examinant  les règles et les scénarios de ces relations, l’article s’est penché sur une deuxième préoccupation. S’il est clair que vous n’êtes pas le(la) seul(e) partenaire de votre partenaire, vu la prévalence de certaines infections transmissibles sexuellement (ITS), vous pouvez négocier l’utilisation d’une méthode obstructive et vous soumettre à un dépistage pour votre propre protection. Si vous ne discutez pas des autres partenaires, vous vous exposez à des risques.

Les relations sexuelles fortuites ne constituent pas le seul mode relationnel alternatif à long terme. Il y a également les relations polyamoureuses, ce que nous appelions jadis les relations « ouvertes ». Dans le cadre de ma pratique clinique, j’ai constaté (de façon anecdotique) que les gens qui étaient engagés dans des relations avec plus d’une personne, dans lesquels les partenaires étaient au courant et consentant(e)s, avaient tendance à être beaucoup plus prudents que tout autre groupe pour ce qui est de la protection physique (méthode obstructive et dépistage).

Il y a aussi les « échangistes », ou les couples qui « jouent ».

Toutes ces options sont viables quand les gens sont honnêtes, communicatifs et ouverts.

En l’absence de franchise et de confiance, la jalousie peut s’immiscer. Je citais souvent Maya Angelou à des étudiant(e)s quand j’abordais la question de la jalousie. C’est comme le sel. Une petite quantité ajoute de la saveur, mais une quantité excessive peut vous causer du tort et même vous tuer. Lorsque vous commencez à fouiller dans l’ordinateur ou le téléphone de votre partenaire, c’est comme le scénario classique de fouiller dans leurs proches, d’examiner et de sentir leurs vêtements pour trouver des indices. Peu importe les règles que vous avez établies à l’origine, si vous pensez que l’un(e) de vous les a brisées, vous devez régler le problème dès maintenant, ou mettre fin à la relation. Il n’y a aucune garantie en amour, il y a seulement le désir d’interagir de façon honnête.

Parlez-moi : springtalks1@gmail.com