Diane-35: Reconsidérez les risques

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Publication Date: 
jeu, 2013-08-01

« L’acné étant très stigmatisé, les femmes sont suffisamment désespérées pour prendre un médicament dangereux afin d’obtenir un soulagement. Si Diane-35 les soulage, elles ne voudront pas retourner à l’acné et voudront conserver le médicament. On ne les informe pas des autres solutions » dit la Dre Prior. Pour une régénération encore plus rapide de la peau, elle suggère, en plus de la progestérone bioidentique et de la spironolactone, la possibilité d’ajouter au traitement de routine un médicament topique très efficace renfermant de l’acide rétinoïque et du Stievamycin.

Le terme « bioidentique » est très débattu et certains pensent qu’il fournit une description relativement dénuée de sens, car il n’existe aucun moyen de reproduire de manière synthétique des hormones féminines totalement semblables à celles produites par le corps. Du point de vue moléculaire, elles sont semblables à celles du corps et ce dernier y répond comme si elles l’étaient; mais la façon dont elles sont modifiées une fois métabolisées est peu connue.

Mme Prior pense que certains médecins, une fois informés des risques liés à Diane-35, choisiront peut-être de faire passer leurs patientes à Yaz ou Yasmin. Ces deux marques de contraceptifs renferment de la drospirénone, un progestatif de synthèse, mais une quantité moindre d’estrogène synthétique, et sont approuvées pour le traitement de l’acné. Yaz et Yasmin, également produites par la compagnie pharmaceutique Bayer, sont au cœur d’une importante poursuite civile aux États-Unis et des centaines de Canadiennes ont récemment déposé une poursuite similaire, avec le soutien de la société d’avocats Siskinds LLP. Yaz et Yasmin présentaient également un risque élevé de provoquer des caillots sanguins, près de trois fois supérieur à celui lié aux autres contraceptifs oraux.

La drospirénone et la dépression

Shannon Tessier est passée à Yaz sur la recommandation de son médecin, après avoir pris Diane-35 pendant des années. Dans la même veine que les données empiriques fournies par les femmes qui ont fait part en ligne des conséquences négatives de ce médicament sur les plans psychologique et émotionnel, Shannon décrit ainsi son expérience : « Je ne me sentais simplement "pas bien". J’étais mal dans ma peau. Alors, j’ai pris un autre rendez-vous et demandé à revenir à Diane-35. Cependant, à présent je me rends compte de notre dépendance excessive, nous voyons la pilule comme la réponse à notre besoin  et cela nous empêche d’avoir accès aux autres traitements. »

Un lien a également été établi entre Diane-35 et la dépression. Il est indiqué dans la notice que cet éventuel effet indésirable ne pourrait être que « léger », mais des femmes prenant Diane-35 ont fait état de dépression grave conduisant à des pensées suicidaires. La Medications and Healthcare products Regulatory Agency (MHRA) du Royaume-Uni a mené un examen en 2006 sur la base de ces déclarations. Les femmes expliquaient en détail comment les médecins prescrivaient des antidépresseurs au lieu d’envisager un lien entre ce changement dans leur état et la pilule. L’examen a également mis en évidence la longue période durant laquelle la  plupart des femmes concernées avaient pris Diane-35 (Dianette, au R.-U.), laquelle était bien plus longue que la période approuvée. Le MHRA a recommandé la vigilance aux médecins, mais leur a également suggéré la possibilité de supprimer le médicament pour ne le prescrire que si l’acné revenait, ce qui, comme mentionné, arrivera probablement.

« Diane-35 a fait l’objet d’une prescription excessive, mais ce n’est là que l’extension d’un problème plus vaste.» [see the rest below]

Amy Sedgwick est la cofondatrice de l’organisation de Toronto Red Tent Sisters. Elle compte parmi ses clientes de nombreuses femmes ayant décidé d’arrêter d’utiliser la pilule, en contraceptif ou pour traiter différents problèmes pour lesquels elle est prescrite, notamment l’acné et le SOPK. Mme Sedgwick accompagne ces femmes durant la transition, les guidant dans l’observation des signes corporels  et leur connaissance de la fécondité.

« On ne prescrit pas la pilule comme les autres médicaments. Certains présument que toutes les jeunes femmes devraient la prendre. Nous supposons que la pilule est sécuritaire et sans conséquence, en partie parce qu’elle est omniprésente » affirme Amy Sedgwick. « Diane-35 a fait l’objet d’une prescription excessive, mais ce n’est là que l’extension d’un problème plus vaste. C’est à peine si les gens pensent à la pilule comme à un médicament. Elle est simplement devenue habituelle. La publicité cible les jeunes adolescentes comme si la pilule contraceptive était un accessoire, semblable à toute autre chose qu’on trouverait dans la chambre ou le sac d’une jeune femme. »

Mme Sedgwick admet qu’aucune de ses clientes n’a le sentiment d’avoir été correctement informée des risques possibles liés à la pilule lorsqu’on la lui a prescrite, pas plus qu’elles n’ont été averties de ce qui pourrait arrivait, lorsqu’elles ont arrêté de la prendre. « Le seul cas où les avantages l’emporteraient sur les risques de prescrire ce médicament serait s’il n’y avait pas d’autres solutions; mais il y en a , dit Mme Sedgwick. Nous devons nous assurer d’avoir des soutiens en place […] Peut-être les femmes feraient-elles d’autres choix, si elles savaient qu’il existe des solutions de remplacement. »