Compte rendu de livre : Seeking Sickness: Medical Screening and the Misguided Hunt for Disease

Taille du texte: Normal / Moyen / Grand
Version imprimableVersion imprimable
Publication Date: 
mec, 2013-09-11

Le livre Seeking Sickness véhicule un message très actuel, étant donné qu’il a été publié des mois avant que le Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs recommande de ne pas faire de dépistage chez les femmes à faible risque (c.-à-d. qui ne sont pas actives sexuellement), de commencer le dépistage à un âge plus avancé (25 ans) et de l’arrêter à 70 ans.

Cassels provoquera probablement une levée de boucliers lorsqu’il affirme que certains cancers découverts lors du dépistage sont traités inutilement. Les hommes de 65 ans ont de 50 à 65 p. 100 des chances de développer un cancer de la prostate, et pourtant moins de 3 p. 100 d’entre eux en mourront. La plupart des cancers de la prostate progressent lentement et les hommes qui en sont atteints risquent davantage d’être emportés par autre chose à un âge avancé. Les hommes dont le cancer de la prostate a été dépisté à l’aide du test de l’APS ne vivront pas plus longtemps que les hommes dont le cancer a été détecté par d’autres moyens. Ces faits ont amené le US Preventative Services Task Force (groupe de travail américain sur les services préventifs) à recommander en 2011 que les hommes en santé ne soient pas soumis au test de l’APS, puisque cela donnait lieu à des traitements inutiles.

Pourquoi le dépistage chez les personnes en santé est-il devenu un phénomène répandu?

Pour répondre à cette question, Cassels remonte la piste de l’argent et se sert pour ce faire de l’exemple des tests de densité osseuse. S’appuyant sur les travaux de la Dre Gillian Sanson, auteure de The Myth of Osteoporosis, il se penche sur les efforts considérables qui ont été déployés afin de « commercialiser » l’ostéoporose et sur la façon dont les campagnes de dépistage de ce problème de santé ont été orchestrées par les sociétés pharmaceutiques mettant en marché les bisphosphonates.

« Si l’on donne à une maladie une définition assez large, écrit-il, on peut englober une grande partie de la "population en santé" – ou environ 50 p. 100 des femmes postménopausées américaines, ce qui représente 44 millions de femmes! » 

Bien qu’on ait prescrit des bisphosphonates à des femmes postménopausées en santé au cours des deux dernières décennies, on a découvert récemment qu’en plus de ne pas être efficaces dans la prévention des fractures chez les femmes qui n’en avaient jamais eu auparavant, ces médicaments peuvent entraîner, dans de rares de cas, une fragilisation des os, des fractures du fémur, le cancer de l’œsophage et l’ostéonécrose de la mâchoire, une lésion douloureuse et défigurante de l’os de la mâchoire.

Alors que doit faire une personne lorsque son médecin lui dit : « Vous devriez subir des tests de dépistage pour X »?

Cassels affirme qu’avant de passer des tests de dépistage, nous devrions poser un certain nombre de questions, dont les suivantes : « À quoi sert ce test? » « Quel effet aura-t-il sur moi? » « Si le test dit que j’ai X, quels sont les traitements? » « Quels effets auront les traitements sur moi? » « Seront-ils pires pour moi que de vivre avec X? »

Il peut être difficile de poser toutes ces questions sur-le-champ lorsqu’on se trouve dans le cabinet du médecin et qu’on se sent vulnérable. Cassels suggère d’y aller au plus simple et de n’en poser qu’une seule : « Qu’arrivera-t-il si je ne fais rien? »

La réponse à cette question pourrait faire du bien à votre santé.

 

RCSF a publié récemment plusieurs articles sur le dépistage du cancer du sein. On peut les consulter ici :

Le dépistage par mammographie : avantages et inconvénients pour la santé des femmes

Déballer le grand débat sur la mammographie

L'auto-examen des seins : ce que cela signifie et pourquoi les opinions ont changé