Les médicaments prescrits aux femmes – sont-ils sécuritaires? Efficaces? Nécessaires?

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Introduction

Lorsque nous faisons remplir une ordonnance à la pharmacie, comment pouvons-nous être certaines que le médicament que nous nous apprêtons à prendre est à la fois sécuritaire, efficace ou même nécessaire? Comment se fait-il que les femmes comptent pour 51 % de la population et qu’elles consomment 63 % des médicaments? Cela signifie-t-il que les femmes ont davantage besoin de médicaments que les hommes, ou que celles-ci sont surmédicamentées? Dans le présent article, nous examinons, sous un angle critique, ces questions et autres interrogations liées aux femmes et à l’utilisation des médicaments, en recourant à l’analyse des influences du genre et du sexe (AIGS)*.

Nous sommes convaincues de l’importance d’examiner la question des femmes et des médicaments sur ordonnance selon une optique qui tient compte des rapports sociaux entre les sexes. Cette approche peut nous aider à mieux comprendre les raisons qui expliquent les taux de prescription d’anxiolytiques et de somnifères beaucoup plus élevés chez les femmes, comparativement aux hommes, notamment chez les femmes marginalisées, telles que les aînées, les femmes pauvres et les femmes autochtones. Grâce aux efforts des personnes qui défendent les droits des femmes en matière de santé et aux pressions qu’elles exercent pour assurer l’intégration de l’AIGS dans les essais cliniques, les nouveaux médicaments destinés aux femmes sont maintenant testés auprès de la population féminine. Bien que les femmes et les hommes réagissent de façons différentes aux médicaments, ceux-ci étaient testés uniquement chez les hommes, jusqu’à récemment. L’innocuité ou l’efficacité de ces substances chez les femmes demeuraient inconnus.

Dans cette section spéciale consacrée aux ressources, nous nous penchons sur les femmes et la consommation de médicaments sur ordonnance en général, et nous posons des questions telles : « Pourquoi les femmes sont-elles surmédicamentées? Pourquoi la vie des femmes est-elle « médicalisée » et les étapes naturelles comme la ménopause et les menstruations perçues comme des maladies pouvant être traitées à l’aide de médicaments? Dans un deuxième temps, nous examinons, sous un angle critique, les méthodes utilisées pour tester les médicaments, les réglementer, en faire la promotion et surveiller les effets indésirables et secondaires. Puis nous évaluons l’impact de chacun de ces processus sur la santé des femmes. À titre d’exemple, nous présentons des témoignages sur la sécurité ou l’efficacité de certains médicaments et nous faisons état des leçons que nous en avons tirées en matière de protection de la santé. Pour terminer, nous présentons un éventail de bases de données, tant du Canada que d’autres pays, à des fins de consultation, lesquelles contiennent de l’information sur des médicaments précis et des résultats d’essais cliniques.

* Pour plus d’information sur l’AIGS et sur son utilisation pour améliorer la santé des femmes, consultez : Pourquoi faut-il tenir compte du sexe et du genre quand on parle de recherche sur la santé, d’élaboration de politiques et de mesures d’action ?

L’analyse de la consommation de médicaments chez les femmes selon une optique qui tient compte du genre

Pourquoi les médecins prescrivent-ils beaucoup plus de médicaments aux femmes qu’aux hommes? La nouvelle approche de « chimioprévention » (utilisation de médicaments pour prévenir les maladies) est-elle plus utilisée auprès des femmes? Pourquoi de nombreux processus naturels inhérents au corps féminin, telles les menstruations ou la ménopause, sont-ils vus maintenant comme des maladies qui doivent être traitées à l’aide de médicaments? Vous trouverez dans cette section des ressources qui se penchent sur ces questions.

L’affaire dont on ne voit pas les dessous : Les femmes et la publicité directe aux consommateurs
Par Jennifer Bernier, Barbara Clow, Jean Steinberg et Anne Rochon Ford, de : Se montrer à la hauteur du défi : l’analyse des influences du genre et du sexe en planification, en élaboration de politiques et en recherche dans le domaine de la santé au Canada, pp. 176-180, Centre d’excellence de l’Atlantique pour la santé des femmes, 2009
Les auteures arguent que la publicité directe aux consommateurs qui vend des médicaments d’ordonnance exploite souvent les stéréotypes sexuels et les perpétue.

À la mémoire de Ruth Cooperstock
Les femmes et les produits pharmaceutiques : Bilan des vingt dernières années, Symposium organisé par le comité sur les conférences commémoratives Ruth Cooperstock et Action pour la protection de la santé des femmes, 2005
Ce compte rendu de symposium constitue une introduction des plus éclairantes aux problématiques entourant la question des femmes et des médicaments sur ordonnance. Le document présente une perspective historique et fait état de la situation actuelle, caractérisée par la prescription excessive de médicaments aux femmes. Il véhicule une vision positive de l’avenir, « un monde où la vie des femmes n’est pas médicalisée, un monde où on recherche des solutions sociales et politiques à leurs problèmes, plutôt que de se contenter d’expédients pharmaceutiques ».

La sécurité d'abord : la protection de la santé des femmes
Bulletin de recherche des Centres d’excellence pour la santé des femmes, Volume 3, Numéro 2, Printemps 2003
Ce numéro du Bulletin de recherche met en valeur les contributions d’Action pour la protection de la santé des femmes. Ce groupe est composé de chercheuses, de professionnelles de la santé, d’éducatrices et de consommatrices qui s’intéressent à la recherche axée sur les politiques et à l’éducation publique relative aux enjeux portant sur la protection de la santé. Les articles couvrent un vaste éventail de sujets liés aux femmes et à l’innocuité des médicaments.

Facteurs associés à la consommation de médicaments chez les femmes
Par Jennifer Payne, Ineke Neutel, Robert Cho et Marie DesMeules, de : Rapport de surveillance de la santé des femmes, Institut canadien d’information sur la santé, 2003
Au Canada, une proportion nettement plus grande de femmes que d’hommes consomment des médicaments. Pourquoi? Ce chapitre du Rapport de surveillance de la santé des femmes examine dans quelle mesure les rôles sociaux et les autres facteurs de risques sont associés à une plus grande consommation de médicaments sur ordonnance ou en vente libre chez les femmes.

La prévention de la maladie : les médicaments sont-ils la solution?
Par Sharon Batt, Action pour la protection de la santé des femmes, en collaboration avec D.E.S. Action Canada, 2002 
Selon l’auteur, la tendance médicale actuelle, axée sur le recours aux médicaments pour prévenir les maladies (appelée « chimioprévention »), constitue un phénomène dangereux qui brouille les frontières entre la santé publique et la médecine et qui touchent davantage les femmes. Mme Batt exhorte le gouvernement à mettre en place une législation sanitaire qui protègent réellement la santé des Canadiennes et des Canadiens et qui reconnaît les menaces qu’entraîne la chimioprévention.

Teste-t-on convenablement les médicaments destinés aux femmes?

Jusqu’à tout récemment, les essais cliniques sur les médicaments ne tenaient pas toujours compte des femmes ou n’établissaient aucune distinction entre les femmes et les hommes dans les résultats obtenus. À cause de cela, plusieurs médicaments ont été prescrits à des femmes sans que l’on connaisse vraiment leurs réactions biologiques. Cette section présente des arguments justifiant la prise en compte du sexe lors des essais cliniques en plus de démontrer que le genre, c’est-à-dire les rôles socialement assumés par les hommes et les femmes à différentes étapes de leur vie, se révèle encore plus pertinent quant aux résultats des essais. 

Démêler l’information contenue dans les recherches médicales
Le Réseau canadien pour la santé des femmes, 2007

Cette foire aux questions comporte les questions de base, à savoir la façon de lire, de comprendre et d’évaluer les rapports de recherche médicale sous l’optique du genre.

L’inclusion des femmes dans les essais cliniques : se pose-t-on les bonnes questions?
Par Abby Lippman, Action pour la protection de la santé des femmes, 2006
Pose les questions essentielles qu’il faut poser si nous voulons améliorer la réglementation et la gestion des médicaments dans leur ensemble.

Énoncé de politique des trois Conseils : éthique de la recherche avec des êtres humains 
Chapitre 5 - L’intégration à la recherche, Instituts de recherche en santé du Canada, Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, 1998 (avec les modifications de 2000, 2002 et 2005)

La section 5 de ce document sur la politique en matière d’éthique, laquelle fait l’objet d’une révision, maintient qu’il est « essentiel » d’inclure les femmes dans les essais cliniques « si l’on veut que les hommes et les femmes en bénéficient également ». Toutefois, certaines personnes dans le milieu de la recherche jugent que cet énoncé n’est pas suffisamment proactif en ce qui concerne l’inclusion des femmes enceintes dans les essais cliniques et ajoutent que chaque femme devrait décider pour elle-même comment peser les risques possibles pour sa santé ou celle de son fœtus ainsi que les avantages de sa participation à l’essai clinique. De plus, elles font valoir que les exclusions en raison d’une grossesse devraient s’appliquer autant aux femmes qu’aux hommes, puisque la prise d’un médicament peut avoir des effets néfastes sur le sperme.

Approbation et réglementation des médicaments : comment le gouvernement procède-t-il? Est-ce que l’on tient compte des femmes dans ce processus?

Au Canada, le processus de réglementation et d’approbation des médicaments engendre des répercussions importantes, et parfois négatives, sur la santé des femmes. Cette section propose à la fois des ressources qui exposent de manière détaillée ce processus de réglementation et d’autres ressources qui examinent d’un point de vue critique les façons de l’améliorer.

La transparence et le processus d’approbation des médicaments de Santé Canada
Par Ann Silversides, mémoire d’Action pour la protection de la santé des femmes, 2006
Ce mémoire explique pourquoi il est vain d’entourer de secret le processus d’approbation des médicaments de Santé Canada. Par exemple, le public n’a pas accès à tous les résultats des essais cliniques qui ont été soumis en vue d’approuver des médicaments. L’auteure énumère les raisons prouvant que ce manque de transparence peut mettre en danger la santé de la population canadienne, en particulier celle des femmes, et propose des façons de modifier le système de réglementation afin de mieux nous protéger.

L'accès aux produits thérapeutiques: le processus de réglementation au Canada
Santé Canada, 2006
Cette page Web explique de façon détaillée comment la Direction générale des produits de santé et des aliments de Santé Canada réglemente les médicaments et les autres produits thérapeutiques.

Marcher à contre-pas : le mouvement pour la protection de la santé au Canada et le financement par l’industrie pharmaceutique
Par Sharon Batt, Action pour la protection de la santé des femmes, 2005
Dans ce texte, Mme Batt avance qu’au Canada, le financement des sociétés pharmaceutiques nuit de plus en plus à une action de sensibilisation aux questions de santé ainsi qu’aux règlements sanitaires. Elle maintient que ce financement crée un dangereux conflit d’intérêts entre les sociétés pharmaceutiques et la santé de la population canadienne, en particulier celle des femmes.

Échec de la réglementation des médicaments au Canada : le cas du Diane-35
Par Barbara Mintzes, Action pour la protection de la santé des femmes, 2004
En se basant sur le cas particulier du Diane-35, un médicament approuvé pour traiter les cas graves d’acné chez les femmes, Mme Mintzes examine le manque de transparence et l’absence de responsabilisation dans les processus de réglementation des médicaments de Santé Canada. En dépit de sérieuses craintes concernant l’innocuité et l’efficacité du Diane-35 lors de son approbation, ce médicament est toujours prescrit au Canada, pas uniquement pour les cas graves d’acné chez les femmes et les jeunes filles, mais aussi pour une utilisation non indiquée sur l’étiquette dans les cas bénins d’acné ainsi que comme moyen de contraception.

Comment la publicité s’adressant directement au public et aux médecins se répercute-t-elle sur notre consommation de médicaments sur ordonnance et sur notre santé?

Même si les lois canadiennes interdisent que les médicaments sur ordonnance fassent l’objet d’une publicité s’adressant directement aux consommateurs, nous voyons de plus en plus de sociétés pharmaceutiques qui trouvent des failles juridiques leur permettant de contourner ces lois. Une proportion importante de ces annonces publicitaires ciblent les femmes et leurs médecins traitants. Cette section explique les lois régissant la publicité des médicaments sur ordonnance et examine les effets de la publicité directe, plutôt que d’avoir recours à des renseignements fiables et objectifs, sur notre façon de consommer des médicaments et sur notre santé.

Mythe : la publicité s’adressant directement au consommateur permet d’informer le patient
Fondation canadienne de la recherche sur les services de santé, 2007 

Cet article discrédite l’idée que véhiculent les sociétés pharmaceutiques à savoir que la publicité directe sur les médicaments sur ordonnance comporte des avantages pour la santé des patients. Il décrit les risques pour les patients qu’on leur prescrive inutilement des médicaments et les coûts astronomiques que pourrait entraîner la légalisation au Canada de la publicité s’adressant directement aux consommateurs.

Quelles en sont les conséquences sur la santé publique? Publicité directe aux consommateurs des médicaments sur ordonnance au Canada
Par Barbara Mintzes, Centre de recherche sur les politiques et les services de santé, Université de Colombie-Britannique, 2006
Mme Mintzes présente clairement les arguments qui s’opposent à la publicité de médicaments sur ordonnance s’adressant directement aux consommateurs canadiens. Elle conclut en formulant plusieurs recommandations à l’intention de Santé Canada, notamment sur la nécessité d’avoir une information et une éducation indépendantes en financement public sur les pharmacothérapies ainsi qu’une meilleure application de la réglementation de la publicité directe aux consommateurs.

De l’information, et non de la publicité: Les femmes veulent de l’information fiable en matière de médicaments, et non de la publicité
Par Ellen Reynolds, avec Barbara Mintzes (Données Historiques), Le Réseau, Automne 2005, Volume 8, Numéro 1/2
Cet article décrit les risques pour la santé des femmes canadiennes que pose la publicité de médicaments sur ordonnance s’adressant directement à elles. Même si la publicité directe est interdite au Canada, comme dans la plupart des pays industrialisés, une nouvelle interprétation de la loi a permis qu’on profite des failles juridiques pour diffuser des messages publicitaires dont la plupart sont destinés aux femmes.

Politique: direction générale des produits de santé et des aliments
Distinction entre les activités publicitaires et les autres activités, Santé Canada, 1996
Même si elle est rédigée dans un langage quelque peu technique, cette section du site Web de Santé Canada vaut le détour puisqu’elle précise la distinction entre la publicité visant à promouvoir la vente d’un médicament et les activités qui ne sont pas principalement destinées à promouvoir la vente d’un médicament (p.ex., les activités à visée éducative, les échanges entre scientifiques). Il s’agit là des règlements qui interdisent la publicité directe de médicaments sur ordonnance.

Une fois qu’un médicament a été approuvé, qui contrôle son innocuité?

Une fois qu’un médicament a été approuvé et mis en marché, il est essentiel d’en faire le suivi pour connaître son rendement, mais aussi ses effets indésirables et secondaires. Depuis longtemps, les femmes plaident pour de meilleurs systèmes de surveillance parce qu’elles consomment plus fréquemment des médicaments et qu’elles en administrent plus souvent à titre de soignantes. Cette section expose la nécessité que les femmes prennent part à la surveillance des médicaments et au système de surveillance instauré en 2009 par Santé Canada, sous le nom de MedEffet.

Le programme de pharmacovigilance au Canada  
Par Colleen Fuller et Diane Saibil, Action pour la protection de la santé des femmes, 2005
Dans ce document, les auteures soutiennent qu’une participation accrue des consommateurs et des consommatrices contribuerait de façon substantielle à améliorer le programme de pharmacovigilance en place.

MedEffet Canada
Santé Canada
MedEffet est une initiative de Santé Canada qui permet plus facilement aux consommateurs, aux patients et aux professionnels de la santé de déclarer les effets indésirables et secondaires, d’obtenir de nouveaux renseignements sur l’innocuité des médicaments et des autres produits de santé ainsi que de connaître et de mieux comprendre l’importance d’une déclaration des effets secondaires.

Est-ce que ce médicament est sans danger? Ou même nécessaire? Quelques études de cas…

L’histoire des médicaments sur ordonnance est parsemée de nombreux récits qui invitent les femmes à faire preuve de prudence et qui portent sur divers thèmes, dont l’hormonothérapie substitutive, le Depo-Provera et le vaccin contre le virus du papillome humain (Gardasil). Cette section renferme quelques-uns de ces cas. La prescription excessive de médicaments aux femmes, comme les tranquillisants et les somnifères, est un thème qui revient souvent dans ces récits. Enfin, l’histoire de la contraception d’urgence ou la pilule du lendemain diffère totalement des autres puisque dans ce cas-ci, les femmes ont dû militer énergiquement pour avoir un accès complet à un médicament dont elles avaient bien besoin.

Réflexions sur le Depo-Provera : contributions à l’amélioration de la réglementation des médicaments au Canada
Par Laura Shea, Action pour la protection de la santé des femmes, 2007
Ce mémoire relate l’histoire du contraceptif hormonal injectable Depo-Provera. Après avoir été rejeté à maintes reprises, le Depo-Provera a été approuvé comme contraceptif au Canada en avril 1997, malgré les inquiétudes exprimées par les groupes de santé des femmes et les organismes communautaires qui ont soulevé des questions sur son profil de sécurité. Cette histoire est à la fois importante et instructive dans la mesure où elle lève le voile sur bon nombre de problèmes touchant les processus de réglementation des médicaments au Canada.

Virus du papillome humain, vaccins et santé des femmes : questions et avertissements
Par Abby Lippman, Ph.D., Ryan Melnychuk, Ph.D., Carolyn Shimmin, B.J. et Madeline Boscoe, IA, DU, Canadian Medical Association Journal (CMAJ), 28 août, 2007, 177(5)
Cet article rédigé par des auteures du Réseau canadien pour la santé des femmes expose en détails plusieurs préoccupations en matière d’innocuité concernant le vaccin Gardasil, lequel est actuellement offert gratuitement aux jeunes filles canadiennes, âgées pour la plupart de 9 à 12 ans. Ce vaccin est utilisé pour prévenir certaines formes du virus du papillome humain (VPH) qui peut causer le cancer du col. Les auteurs résument certaines des principales questions et préoccupations auxquelles il faut répondre avant d’appliquer un programme général de vaccination contre le VPH.

Prudence oblige : l’emploi des statines chez les femmes
Par Harriet Rosenberg et Danielle Allard, Action pour la protection de la santé des femmes, 2007
Ce mémoire étudie la question inquiétante de l’emploi des statines, l’un des médicaments les plus prescrits chez les femmes en vue de prévenir les maladies du cœur. Pourtant, la plupart des essais cliniques qui ont servi à évaluer leurs bienfaits et leur innocuité étaient principalement axés sur les hommes. Pour les femmes n’ayant pas d’antécédent de maladie du cœur, aucun essai clinique n’a permis d’établir de preuve substantielle prouvant que les statines réduisent vraiment le nombre d’incidents cardiaques et de décès chez les femmes, et ce, quel que soit leur âge.

La marchandisation de la dépression : la prescription des ISRS aux femmes
Par Janet Currie, Action pour la protection de la santé des femmes, 2005
On prescrit deux fois plus de médicaments psychotropes aux femmes qu’aux hommes; la même donnée s’applique pour les inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine (ISRS). L’auteure pose la question suivante : pourquoi le gouvernement n’appuie-t-il pas le recours à des moyens avérés et non médicamenteux de soulager les troubles émotifs dont souffrent les femmes, comme l’exercice, le soutien, la psychothérapie et une meilleure alimentation?

Améliorer la disponibilité de la contraception d’urgence
Le groupe de travail Action pour la protection de la santé des femmes et le Réseau canadien pour la santé des femmes, 2005

Ce document d’information qui se veut aussi un appel à l’action constitue un exemple intéressant montrant que les femmes ont réussi à obtenir qu’un médicament soit offert en vente libre. Depuis 2008, il est possible de se procurer Plan BMD, une contraception d’urgence ou pilule du lendemain, au Canada sans l’intervention d’un pharmacien, à l’exception de la Saskatchewan où ce produit n’est disponible que sur demande et au Québec où il est offert seulement sur ordonnance.

La création massive de l’accoutumance
Le Réseau, Hiver/Printemps 2004, Volume 6/7, Numéro 4/1
Cet article examine le grave problème que représente la prescription excessive des benzodiazépines (communément appelées tranquillisants) aux femmes. Les benzodiazépines entraînent une très forte dépendance et ont des effets profonds sur le cerveau et le corps si elles sont absorbées à dose thérapeutique pendant plus que quelques semaines, soit la prescription à plus long terme, ce qui est généralement le cas des femmes. On a constaté qu’il y a souvent une prescription excessive de ce médicament particulièrement chez les femmes âgées et autochtones.

Hormonothérapie : leçons de protection de la santé, tirées de la Women's Health Initiative
Par Sharon Batt, Centres d’excellence pour la santé des femmes, Bulletin de recherche, Printemps 2003, Volume 3, Numéro 2  
Les politiques actuelles du Canada en matière de santé alimentent le développement et la dissémination rapide des médicaments préventifs, mais prévoient peu de mécanismes de vérification de la promotion excessive. Les résultats de la Women’s Health Initiative (WHI) récusent ces politiques biaisées sur la santé. L’expérience de l’hormonothérapie est une mise en garde aux Canadiens et Canadiennes qui participent au renouvellement des politiques de la santé et de notre système de santé. REMARQUE : Même si l’essai clinique de la WHI sur l’hormonothérapie a été interrompu en 2002, les analyses de cet essai se poursuivent, ce qui a permis de faire de nouvelles découvertes. Pour obtenir plus d’information à ce sujet, consultez WHI. (en anglais seulement)

Où peut-on obtenir de l’information fiable sur certains médicaments ou traitements?

Cette section propose des ressources où il est possible de faire des recherches pour trouver de l’information sur tel ou tel médicament. 

MedEffet Canada
Santé Canada
Lancé en 2009, MedEffet est une initiative de Santé Canada qui permet plus facilement aux consommateurs, aux patients et aux professionnels de la santé de déclarer les effets indésirables et secondaires, d’obtenir de nouveaux renseignements sur l’innocuité des médicaments et des autres produits de santé ainsi que de connaître et de mieux comprendre l’importance d’une déclaration des effets secondaires.

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