L’auto-examen des seins : ce que cela signifie et pourquoi les opinions ont changé

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Publication Date: 
mar, 2012-07-17

Le réseau Cochrane Collaboration est un groupe indépendant jouissant d’une bonne réputation qui examine les données existantes sur lesquelles s’appuient les décisions en matière de prestations de soins de santé. Dans son étude des essais sur l’AES, le groupe n’a pas non plus trouvé de preuves établissant les avantages de l’AES en termes de réduction de la mortalité.

Néanmoins, l’étude conclut que les femmes devraient connaître les résultats des essais contrôlés randomisés « pour être en mesure de prendre des décisions éclairées ».

L’analyse du groupe Cochrane indique également ce qui suit : « Les femmes devraient, toutefois, être attentives à tout changement touchant leurs seins. Il est possible qu’une plus grande sensibilisation à ce chapitre ait contribué à la diminution de la mortalité par cancer du sein qui a été constatée dans certains pays. Par conséquent, les femmes devraient être encouragées à consulter un médecin si elles détectent un changement pouvant suggérer l’apparition d’un cancer du sein. »

Dans la salle d’examen

La Dre Ruth Wilson dit avoir été par le passé une véritable « fanatique » de l’AES. Elle organisait des rencontres dans des sous-sols d’églises et des centres communautaires afin d’enseigner aux femmes comment effectuer l’auto-examen des seins.

Et elle admet avoir été surprise par les données établissant le caractère préjudiciable de l’AES en provenance des essais contrôlés randomisés. En tant que directrice des politiques en matière de santé au Collège des médecins de famille du Canada, Mme Wilson appuie dorénavant les recommandations formulées en 2011 par le Groupe d’étude et a cessé d’enseigner l’AES.

« Alors, en pratique, qu’est-ce que je fais? Je demande “Examinez-vous vos seins régulièrement tous les mois?”, et si la femme répond oui, je dis “C’est excellent. Vous pourriez détecter une bosse avant moi”. Mais si elle répond non, je dis “C’est très bien. Rien ne prouve que cela ferait une différence”. Je reconnais que les femmes peuvent choisir de pratiquer ou non l’AES. »

Et si l’une de ses patientes trouve une bosse ou constate un changement inquiétant, « nous prenons la chose au sérieux », souligne-t-elle.

Entre-temps, Mme Wilson dit qu’au lieu d’enseigner l’AES, elle profite de tout le temps supplémentaire dont elle dispose avec ses patientes pour leur poser des questions à propos de leur santé et pour faire la promotion de mesures comme l’arrêt du tabagisme et l’exercice.

 


Avant le mouvement pour la santé des femmes

Étonnamment, les démarches visant à implanter la pratique de l’AES sont antérieures à l’apparition du mouvement pour la santé des femmes, dans les années 1960 et 1970. En 1950, l’American Cancer Society et le National Cancer Institute « ont produit un film intitulé Breast Self-Examination qui a été vu par plus de 13 millions de femmes ». Cette information est tirée d’un essai publié dans la revue de l’Association médicale canadienne par le Dr Baron Lerner, auteur de l’ouvrage d’histoire sociale et médicale The Breast Cancer Wars (l’essai à lire; pour une analyse critique de ce livre, lisez).
Lerner écrit que, dans une critique du film, « la revue Look rapportait avec assurance que les Américaines pratiquant l’AES “pourraient pratiquement conquérir les aspects fatals de cette maladie grâce à leur initiative personnelle” ».
Il indique aussi qu’en 1951, la Société canadienne du cancer « distribuait les brochures de l’American Cancer Society à propos de l’AES et produisait sa propre documentation sur le sujet ».

 

Ann Silversides est une journaliste indépendante et une auteure qui se spécialise dans le domaine des politiques en matière de santé.

 

Pour plus d’information à propos des recommandations, consultez le site Web du Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs

Ainsi que la FAQ destinée aux patientes élaborée par le Groupe d’étude